Les experts de la Santé publique divisés sur le risque de cancer lié au TCE

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Le Regroupement des citoyens de Shannon allègue que le TCE, rejeté par la Défense nationale, aurait causé des cancers dans la population.

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(Québec) Oui, les citoyens de Shannon ont souffert de plus de cancers du foie et des voies biliaires que la moyenne de la population québécoise... Mais, après plusieurs années à étudier les statistiques, la Santé publique n'a trouvé aucun excès assez important pour lui permettre d'établir un lien avec la contamination de la nappe phréatique par du trichloroéthylène (TCE), un dégraissant industriel cancérogène. Elle ferme le dossier.

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«On n'est pas capable de dire de façon convaincante que c'est plus bas, ou que c'est plus élevé», commente le directeur de la Santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens.

Le Soleil, Patrice Laroche

«On n'est pas capable de dire de façon convaincante que c'est plus bas, ou que c'est plus élevé [le nombre de cancers à Shannon]», commente le directeur de la Santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens. «On ne peut pas conclure à un excès. [...] La population doit comprendre qu'il n'y en a pas plus de cancers dans cette communauté.»

Le groupe d'experts mandaté par la Santé publique pour étudier la prévalence du cancer dans la municipalité du nord de Québec est toutefois divisé, très divisé. Plusieurs auraient voulu pousser plus loin l'investigation. Le médecin représentant le Regroupement des citoyens de Shannon a d'ailleurs déjà indiqué publiquement que les données laisseraient plutôt entrevoir un risque beaucoup plus élevé d'avoir le cancer lorsqu'on a résidé à Shannon...

Forte dissidence

Sur les huit membres du comité, trois experts seulement sont confortables avec les conclusions diffusées par la Santé publique. Deux se disent neutres. Trois restent avec des interrogations, auraient voulu poursuivre leur investigation.

Face à la dissidence, le Dr Desbiens se dit tout à fait confortable avec le rapport publié jeudi et affirme que le dossier est clos. Il a cependant décidé de demander aux réputés Centers for Desease Control and Prevention des États-Unis de valider l'étude et d'évaluer s'il aurait fallu aller plus loin.

«Étude inutile»

«Ça ne sert à rien cette étude-là ! J'en reviens pas», lance Marie-Paule Spieser, présidente du Regroupement des citoyens de Shannon «C'est inutile, complètement inutile.»

«On ne s'attendait pas à des miracles», laisse-t-elle tomber. Mais elle est fort déçue du cul-de-sac dans lequel s'est dirigée, selon elle, la Santé publique : le rapport n'est pas «défavorable» à la cause qu'elle défend depuis maintenant une quinzaine d'années, analyse-t-elle. Il est plutôt «inutile».

Pourquoi ? «On n'a pas répondu à la question initiale ! Jamais.» Quelle question ? «Y a-t-il plus de cancers à Shannon qu'ailleurs ? La méthode utilisée ne permet pas de prouver qu'il y a un excès de cancers à Shannon ! » En plus, insiste-t-elle, trois experts sur huit ont exprimé une dissidence.

Le comité-conseil de huit experts québécois, canadiens et internationaux avait été constitué à la suite de révélations du Regroupement des citoyens de Shannon; on avait retracé 19 cas de cancers du cerveau, ce qui est beaucoup, parmi la population actuelle ou passée de la municipalité. Il était composé de spécialistes en oncologie, en neurochirurgie, en épidémiologie, en toxicologie et en santé publique. Ils se sont réunis huit fois.

On leur a demandé d'évaluer la prévalence d'une série de cancers : cerveau, rein, foie... Ils ont retracé 446 personnes ayant souffert de cancer.

Leur rapport était fort attendu. Son dépôt a été repoussé à de nombreuses reprises, ce qui a eu pour effet de ralentir le recours collectif des citoyens qui est maintenant en Cour d'appel.

Le Dr François Desbiens espère néanmoins que les résidents de Shannon seront rassurés même si plusieurs ont ingéré de l'eau contaminée par du TCE, le produit chimique rejeté dans la nature par la Défense nationale et un sous-traitant durant des années.

Aussi, rappelle-t-il, la municipalité ne puise plus son eau dans la nappe phréatique contaminée.

«Oui, il y avait du dégraissant dans leur eau», ajoute-t-il. «Mais ce n'est pas parce qu'il y en a que demain matin tu deviens malade. Ça prend une exposition à long terme.» Et le risque demeurerait faible. «Oui, vous avez été exposés, mais il est peu probable que vous soyez malades.»

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