INSPQ: le ministre Barrette balaie le risque de conflit d'intérêts

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a balayé jeudi tout risque de conflit d'intérêts avec ceux qui sont désormais censés exercer le rôle de chien dans garde dans le réseau de la santé.
Il ne voit absolument aucun problème à ce qu'un des principaux organismes qui examinent son travail soit dirigé par la conjointe de son ami.

Maintenant qu'il a aboli le Commissaire à la santé et au bien-être, le ministre de la Santé voit son travail scruté notamment par l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ); or cette organisation est dirigée par Nicole Damestoy, la conjointe du Dr Patrick Harris, un chirurgien plasticien ami du Dr Barrette.

Néanmoins, le ministre n'y voit aucune promiscuité et a protesté devant les questions des journalistes, qui lui ont demandé si l'INSPQ serait donc bien placé pour critiquer son travail.

«Ça n'a absolument aucun rapport, elle est là, c'est une personne que je ne connais pas personnellement, elle est là par ses compétences, a-t-il répondu dans un point de presse au terme de la séance du caucus libéral. Alors, évidemment, au Québec une personne compétente ne peut pas occuper un poste si elle a eu un jour une conversation avec le ministre de la Santé, a-t-il ironisé. Vous me posez une question que je qualifierais de caquiste ou de péquiste.»

Il dit s'attendre à ce que les organisations fassent leur travail de la façon «la plus indépendante possible», c'est leur fonction», en ajoutant qu'il ne considérait pas avoir eu à faire face à des «critiques féroces» de qui que ce soit dans l'appareil gouvernemental.

Rappelons que le gouvernement Couillard a choisi d'éliminer, dans le plus récent budget Leitao, le poste de Commissaire à la santé et au bien-être. Cet organisme, qui regroupait une douzaine de chercheurs, avait pour mandat d'évaluer, en toute indépendance, l'efficacité et la pertinence des politiques et programmes adoptés par le ministre de la Santé.

Il disparaît, après une décennie d'études et de rapports étoffés, souvent critiques, publiés annuellement sur la gestion du réseau de la santé.

Curieusement, c'est le premier ministre Philippe Couillard lui-même, alors ministre de la Santé, qui avait créé cette institution en 2006, à la suite d'un engagement électoral des libéraux de Jean Charest au scrutin de 2003.

Gaétan Barrette soutient que l'organisme a été aboli par souci d'économie et parce que son mandat était dédoublé par l'INSPQ ainsi que l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESS), l'autre organisme qui prend la relève après l'abolition du Commissaire à la santé.

«Le commissaire a des fonctions importantes, mais comme elles se chevauchent, il y a une logique économique, tout simplement», a-t-il déclaré jeudi matin.

Le gouvernement n'épargnera pas un sou en abolissant cet organisme, qui fonctionne avec un petit budget de 2,5 millions $, sur un budget total de 33,74 milliards $ pour le réseau de la santé en 2016-2017. Le personnel fait partie de la fonction publique et devra être réaffecté, tandis que le commissaire, Robert Salois, âgé de 72 ans, qui était en fin de mandat, avait prévu prendre sa retraite incessamment.

Le ministre de la Santé a assuré du même souffle qu'il n'avait aucun conflit avec M. Salois, même si une lettre adressée au ministre rendue publique par le quotidien La Presse jeudi laissait transparaître son mécontentement devant les rumeurs d'abolition de son organisme.

«Depuis plusieurs mois, on me rapporte des rumeurs émanant de rencontres auxquelles participent des employés du Ministère selon lesquelles qu'on fusionnera ou abolira le Commissaire à la santé, peut-on lire. Ces rumeurs sont telles que des journalistes, notamment de la colline parlementaire, ont sollicité à plusieurs reprises au cours des derniers mois des commentaires de ma part.»

M. Barrette dit n'en avoir pas été mis au parfum de ces frictions et plaide que la correspondance était adressée aux autorités du ministère.

«S'il y a eu un conflit entre des gens dans l'appareil du ministère de la Santé avec le commissaire, je n'en ai jamais été informé. (...) Il n'y a jamais eu l'ombre d'un conflit entre lui et moi. Je suis convaincu à 100 pour cent que M. Salois va vous dire qu'il y a jamais eu de conflit entre lui et moi.»

En début de semaine, Robert Salois était encore sous le choc et avait déploré la façon cavalière dont il a appris la nouvelle, sans explication ou justification, par un fonctionnaire, la veille de la présentation du budget jeudi dernier.

Les partis d'opposition ont unanimement condamné la décision d'abolir le Commissaire à la santé, et l'Association médicale du Québec, qui regroupe environ 10 000 médecins, a fait de même.

Outre l'INSPQ, soulignons que l'INESS, l'autre organisme chargé de surveiller de le système de santé, a été longtemps dirigé par Roberto Iglesias, le secrétaire général du Conseil exécutif choisi par Philippe Couillard.

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