Du pot dans un hôpital près de chez vous

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En vertu du règlement fédéral adopté en 2013, les médecins peuvent signer un document médical permettant aux patients d'acheter de la marijuana auprès d'un producteur autorisé.

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(Québec) Les patients pourront bientôt avoir accès à de la marijuana dans les hôpitaux. Pour se conformer au Règlement sur la marijuana à des fins médicales adopté par Santé Canada, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a récemment publié une circulaire précisant ses «attentes» envers les établissements, notamment en regard de la nouvelle loi sur le tabac.

En vertu du règlement fédéral adopté en 2013, les médecins peuvent signer un document médical permettant aux patients d'acheter de la marijuana auprès d'un producteur autorisé, rappelle le MSSS dans sa circulaire adressée aux directions des établissements de santé et de services sociaux. 

En juillet 2015, Santé Canada a ajouté une exemption à la Loi réglementant certaines drogues afin de donner non seulement accès à la forme séchée de marijuana, «mais aussi à des formes administrées par voie orale comme l'huile de cannabis ainsi que les bourgeons et les feuilles de marijuana fraîche», précise-t-on dans le document signé par le sous-ministre adjoint de la Direction générale de la planification, de l'évaluation et de la qualité, Luc Castonguay. 

«Devant les changements apportés par Santé Canada et la probabilité que des personnes hospitalisées demandent l'accès à la marijuana pour des raisons médicales, le MSSS et les ordres professionnels québécois sont dans l'obligation de planifier les modalités d'accès à ce traitement», lit-on dans la circulaire, qui a pour but d'«encadrer l'organisation des services d'accès à la marijuana séchée ou par voie orale à des fins médicales pour les clientèles hospitalisées ou hébergées». 

Plus particulièrement, cette organisation des services vise à assurer la continuité des soins pour les patients hospitalisés et hébergés déjà inscrits au Programme d'accès canadien, mais pas seulement ça. «Il peut aussi arriver que la décision médicale d'initier un traitement à la marijuana à des fins médicales survienne lors d'une hospitalisation», écrit le MSSS, ajoutant que le traitement à la marijuana devrait «en tout temps» constituer un choix thérapeutique «de dernier recours».

Aussi le médecin qui prend la décision de continuer ou d'amorcer un traitement de marijuana doit-il en faire la demande auprès du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l'établissement, précise le Ministère. C'est le chef du Département de pharmacie qui est responsable de la gestion de la substance (approvisionnement, entreposage, préparation et utilisation), ajoute-t-il.

«Il appartient à l'établissement de fournir la marijuana aux patients admis ou hébergés en établissement de santé et de services sociaux dans le but de s'assurer de la qualité et de la salubrité du produit ainsi que de sa provenance», écrit le MSSS, tout en rappelant que les traitements administrés aux patients dans les établissements doivent être fournis gratuitement. 

«Exceptionnellement, en cas de délais d'approvisionnement, le patient peut être autorisé à utiliser ses doses personnelles dans la mesure ou celles-ci ont été fournies par un producteur autorisé et que le patient peut en fournir la preuve», mentionne encore le Ministère.

Loi sur le tabac

Il rappelle ensuite que la marijuana destinée à être fumée, même à des fins médicales, est assujettie à la Loi sur le tabac et donc sous le coup de l'interdiction de fumer dans les installations maintenues par un établissement de santé et de services sociaux.

«Afin d'éviter au personnel soignant l'exposition à la fumée, notamment dans les cas où les patients sont grabataires ou ont une mobilité réduite, l'une des modalités évoquées par des médecins experts consultés serait l'administration de la marijuana en inhalation par vaporisation», explique le Ministère, précisant que la marijuana séchée est alors chauffée à haute température dans un appareil de vaporisation.

«L'utilisation d'un vaporisateur homologué est privilégiée pour l'administration en établissement de la marijuana séchée. De plus, l'utilisation d'une chambre à pression négative devrait être envisagée afin de minimiser l'exposition des travailleurs de la santé et des autres patients à la fumée secondaire», conclut le MSSS, qui n'était pas en mesure mardi de nous fournir plus de détails sur le sujet. 

Le conseil d'administration du CHU de Québec-Université Laval se prononcera le 21 mars sur une «autorisation au Département de pharmacie à se procurer de la marijuana auprès d'un producteur autorisé pour les clientèles de l'établissement».

Les producteurs surtout en Ontario

Les 30 producteurs autorisés qui ont obtenu une licence de Santé Canada pour vendre de la marijuana à des fins médicales sont principalement situés en Ontario, qui en compte pas moins de 17. La Colombie-Britannique occupe le deuxième rang, avec sept producteurs autorisés. Seulement deux producteurs ont été approuvés pour tout l'est du Canada, soit un au Québec (Hydropotthecary à Gatineau) et un au Nouveau-Brunswick.

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