Barrette confirme son refus d'appuyer SABSA

En mêlée de presse mardi, le ministre Barrette... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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En mêlée de presse mardi, le ministre Barrette a convenu que la coopérative était «une excellente initiative» et qu'elle avait fait la démonstration que «l'infirmière peut donner des services de santé de façon autonome et indépendante», mais que ses services devaient être donnés à l'intérieur d'un GMF «pour ne pas multiplier les points de service».

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a confirmé mardi son refus d'assurer la survie de la coopérative sans médecin SABSA. À moins d'un miracle, donc, la clinique de proximité du boulevard Charest fermera ses portes le 1er mai.

En mêlée de presse, le ministre Barrette a convenu que la coopérative était «une excellente initiative» et qu'elle avait fait la démonstration que «l'infirmière peut donner des services de santé de façon autonome et indépendante».

Sauf que ces services doivent être donnés à l'intérieur d'un GMF «pour ne pas multiplier les points de service», a-t-il réitéré. «Nous avons offert à plusieurs reprises aux infirmières de SABSA de s'installer dans un GMF de leur quartier, et elles refusent. Alors là, on se retrouve dans une position idéologique. L'Ordre des infirmières a tranché, il ne subventionne plus le projet, et nous, on a tranché pour les raisons que je viens de vous dire», a dit le ministre aux journalistes.

La seule infirmière praticienne spécialisée de la clinique, Isabelle Têtu, nous a expliqué à plusieurs reprises que la clientèle qu'elle suit, composée surtout de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, de toxicomanes, de sans-abri et d'ex-détenus qui n'ont souvent même pas de carte d'assurance-maladie, ne va pas dans les établissements traditionnels de type GMF, où ils ne se sentent pas les bienvenus.  

«C'est pour ça que SABSA a été créée, parce que les patients qu'on prend en charge ne seraient pas pris en charge autrement», avait résumé Mme Têtu au cours d'un entretien avec Le Soleil, début mars. 

Pour rappel, la coopérative sans médecin a vu le jour en juin 2014 grâce à un projet-pilote financé par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, qui lui avait versé une aide de 150 000 $ en 2014, puis l'avait renouvelée en 2015. Desjardins Sécurité Financière avait ajouté 80 000 $ sur deux ans. 

L'équipe de SABSA a cogné à différentes portes, notamment celle de l'Ordre des infirmières, afin d'obtenir du financement pour poursuivre les activités de la coopérative, sans succès. Faute d'appui, le volet «clinique de proximité» fermera ses portes à compter du 1er mai. Seul le volet pour le traitement de l'hépatite C survivra. 

Le sujet a rebondi à la période de questions de l'Assemblée nationale, mardi après-midi, alors que la députée Diane Lamarre a déploré que le ministre organise les soins «en fonction des médecins», au détriment des besoins des patients. «Est-ce que le ministre de la Santé compte obliger les 1000 patients suivis par SABSA à perdre l'accès à des soins et services qui répondent si bien à leurs besoins?» a demandé la députée de Taillon au ministre Barrette, qui a réitéré sa position

Avec la collaboration de Simon Boivin

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