«Changer la culture» des médecins de famille

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À cause de son rôle essentiel dans le service de première ligne, il faut «rehausser l'image des médecins de famille», pense le Dr Charles Bernard, président du Collège des médecins du Québec.

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(Québec) Rappelant que la mission première du médecin de famille est d'accepter la responsabilité du suivi à long terme des patients en première ligne, le président du Collège des médecins du Québec (CMQ), le Dr Charles Bernard, se désole de voir que les médecins de famille ont partiellement délaissé cet aspect de leur travail.

«Il faut changer la culture afin que les soins offerts par les médecins de famille en deuxième ligne [à l'hôpital] n'aient pas préséance sur ceux qu'ils donnent en première ligne», croit le Dr Charles Bernard, selon qui «les jeunes médecins sont peut-être plus attirés par des pratiques dynamiques, des horaires adaptés à leur vie, des résultats rapides».

Le Dr Bernard ne croit pas que les mesures annoncées par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour pousser les médecins de famille hors des hôpitaux soient suffisantes. «S'il y a des contraintes monétaires, les gens vont peut-être s'arranger pour les contourner», prédit le Dr Bernard, qui privilégie la méthode douce, c'est-à-dire «rehausser l'image des médecins de famille». 

Il faudrait notamment, selon lui, assurer une présence forte des médecins de famille dans les universités, où les résidents en médecine familiale sont souvent formés par des spécialistes. 

«Il faut pouvoir leur donner des modèles forts tout au long de leurs études. Chaque année, il y a toujours plus d'étudiants qui choisissent la médecine spécialisée», constate le président du CMQ, qui s'est entretenu mardi avec Le Soleil en marge de la publication par l'ordre professionnel d'un nouvel énoncé de position intitulé Une première ligne forte de l'expertise du médecin de famille

Le document, qui contient neuf recommandations, est en fait une mise à jour de l'énoncé publié en 2005, mise à jour rendue nécessaire en raison de l'évolution des pratiques, explique le Dr Bernard. 

«L'énoncé de 2005 était resté un peu lettre morte», admet le président du CMQ, conscient que son organisation n'a pas grand pouvoir de décision. «Mais ça ne nous empêche pas de faire des recommandations.»

Collaboration interprofessionnelle

Rappelant que la collaboration interprofessionnelle est incontournable pour assurer aux Québécois des soins et des services de santé de qualité, le CMQ recommande une meilleure connaissance des champs de compétence des divers intervenants qui travaillent en première ligne. «Souvent, c'est l'ignorance des rôles de chacun qui fait que des médecins se sentent obligés de faire certaines choses», note le Dr Charles Bernard.

Le Collège propose également que le mode des inspections professionnelles soit revu afin d'y inclure des inspections multidisciplinaires. «Actuellement, les infirmières inspectent les infirmières, les médecins inspectent les médecins, mais il n'y a personne qui inspecte le travail qu'ils font ensemble», constate le Dr Bernard.

Toujours dans l'optique d'améliorer leur performance, les différents milieux de travail de première ligne devraient, selon le Collège, faire évaluer de façon volontaire la qualité de leurs pratiques, de leurs équipes et de leur fonctionnement par un organisme indépendant. 

Autre suggestion du CMQ : afin de mieux combler les besoins des citoyens, les organismes de première ligne, en partenariat avec les directions de santé publique, devraient élaborer une stratégie qui permettrait aux équipes médicales de connaître les données de santé populationnelle de leur environnement.

«Quand des nouveaux médecins s'installent dans un secteur, il n'a pas nécessairement le portrait de la population qui y réside. Est-ce qu'il y a surtout des jeunes familles? Des personnes âgées? Si le médecin était mieux informé du type de patients à suivre, il pourrait mieux adapter sa pratique», expose le Dr Bernard.

Le mode de rémunération idéal est mixte, selon le Dr Bernard

Même si la négociation des conditions de travail et de la rémunération des médecins n'est pas de son ressort, le Collège des médecins du Québec (CMQ) est d'avis que des modalités mixtes de financement et de rémunération adaptées aux résultats de soins et de services visés, alliant tarif horaire, forfait et paiement à l'activité, semblent favoriser une meilleure efficience individuelle et d'équipe. «Si on avait 100 % de salariés, on risquerait de faire des médecins des fonctionnaires. [...] Avec juste un paiement à l'acte, c'est déviant aussi dans la mesure ou ça peut favoriser la répétition de gestes seulement parce qu'ils sont payants, pas nécessairement parce qu'ils répondent aux besoins de la population», analyse le président du CMQ, le Dr Charles Bernard.

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