Financement à l'activité: un pas de plus vers le privé, juge Khadir

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Le député de Québec solidaire Amir Khadir

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(Québec) Le député Amir Khadir dénonce la «contre-réforme» du mode de financement des établissements du réseau de la santé mise de l'avant par le gouvernement Couillard, un rouage de plus à la privatisation des soins, selon lui.

«On nous vend le financement à l'activité comme une manière de susciter la concurrence, mais au détriment de quoi? Les hôpitaux, dans un contexte d'asphyxie financière, vont chercher à favoriser les épisodes de soins qui sont les moins coûteux. Le cycliste qui tombe et qui se brise une hanche, par exemple, va guérir et sortir plus rapidement des lits que le patient de 80 ans qui s'est fracturé la hanche et qui risque de faire des complications», expose en entrevue au Soleil le député de Mercier.

En d'autres mots, avec le financement à l'activité, les établissements vont choisir les épisodes de soins qui rapportent le plus pour générer des revenus au lieu de prendre en charge les besoins réels.

«Et à partir du moment où on aura identifié ces épisodes de soins légers qui rapportent beaucoup et qui sont facilement opérables à l'extérieur d'un cadre hospitalier lourd, les privatiseurs vont proposer au gouvernement de les faire dans les cliniques privées, dans les Rockland MD de ce nom, comme on l'a vu pour les chirurgies d'un jour, les cataractes, les remplacements de hanche», analyse le Dr Khadir, selon qui «il y a au Québec une série d'acteurs vautours qui tournent autour du système de santé».

Il faut être conscient, insiste le député de Québec solidaire, que cette réforme basée sur le financement à l'activité fait partie d'une privatisation «en douce» et «en toute opacité» du système de santé. «Ça fait des années qu'on essaie de battre en brèche le caractère public de la santé, mais avant de pouvoir privatiser, on fait des contre-réformes pour asphyxier un peu plus le système, l'enrayer dans toutes sortes de problèmes de structurites pour que les gens s'en tannent et s'en aillent au privé», dénonce Amir Khadir, ajoutant que «les ministres à la tête de la Santé sont des privatiseurs à tous crins».

Confiance trahie

Le député de Mercier rappelle que Philippe Couillard avait, tout juste avant de quitter la politique le 25 juin 2008, signé deux décrets favorables aux cliniques privées sur les traitements médicaux pouvant y être donnés et la réduction du coût de leur permis d'exploitation.

«Il a trahi la confiance que le public avait mise en lui comme ministre de la Santé, il a porté le déshonneur à ses fonctions quand il a rejoint Persistence Capital Partners et Médicis, et aujourd'hui, on en voit les conséquences de manière sournoise avec un autre privatiseur, Gaétan Barrette, dont on se demande s'il a seulement un jour oeuvré pour l'intérêt public», laisse tomber le Dr Khadir.

Le député solidaire estime par ailleurs qu'en termes de gains d'efficience, «le financement à l'activité, c'est loin d'être démontré». «Le coût à payer, c'est beaucoup d'administration pour calculer tous ces épisodes de soins. C'est un peu comme le paiement à l'acte pour les médecins, c'est tellement rendu compliqué, un vrai charabia», compare Amir Khadir, rappelant que la facture liée à toute cette administration est assumée par les contribuables.

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