Santé mentale: 1,25 million $ pour les jeunes à haut risque

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(Québec) La Fondation de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) vient de recevoir pas moins de 1,25 million $ de la part de Bell Cause pour la cause et de la Fondation de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) pour soutenir des projets qui permettront de détecter la maladie mentale chez les jeunes dont un parent est atteint d'un problème psychiatrique grave, mais aussi d'assurer une bonne prise en charge de ces enfants et de ces adolescents à risque.

Dans la région de la Capitale-Nationale, il y aurait environ 12 000 jeunes nés d'un parent souffrant d'un trouble mental majeur (la schizophrénie, la bipolarité et la dépression récidivante, par exemple). Des enfants et des adolescents qui présentent un risque de 15 à 20 fois supérieur aux autres de développer à l'âge adulte une maladie du même spectre que celle de leur parent. 

Depuis une vingtaine d'années, une équipe de recherche de l'IUSMQ s'intéresse aux nouvelles technologies, dont l'électrorétinographie et la photonique, pour détecter et traiter précocement la maladie mentale afin d'en réduire l'impact. 

Comparant l'électrorétinographie à un électrocardiogramme, le chercheur Marc Hébert explique que «la rétine de l'oeil est un prolongement du cerveau», et que «parce que l'oeil est isolé, il est facile d'accès pour détecter des anomalies subtiles». 

Leader dans l'utilisation de cette technologie, l'équipe du Dr Hébert l'avait d'abord testée pour détecter la dépression saisonnière. «On a pu démontrer qu'on pouvait corriger les anomalies détectées avec la luminothérapie. On a ensuite commencé à utiliser l'électrorétinographie pour des maladies psychiatriques plus sévères comme la schizophrénie et la bipolarité», explique le chercheur du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, selon qui la schizophrénie est détectable à 99 % par l'électrorétinographie, et la bipolarité, à 98 %. 

«Ça, c'est chez des personnes malades. Là, ce qu'on veut, c'est détecter ces maladies chez les jeunes qui sont très à risque avant qu'ils aient des problèmes», résume M. Hébert, précisant que le projet de recherche prévoit pour l'instant la participation d'environ 300 adolescents.

Programme HoPE

L'argent servira également à financer un projet clinique visant à améliorer l'accessibilité et la continuité des services en santé mentale de première et deuxième ligne (regroupés sous la direction des CIUSSS depuis la loi 10) auprès des enfants et des adolescents à risque de développer une maladie mentale majeure. Plus particulièrement, le programme HoPE (pour Horizon Parent-Enfant) ciblera les familles avec des jeunes nés d'un parent schizophrène, bipolaire ou dépressif, l'objectif ultime étant d'être en contact avec ces quelque 12 000 jeunes d'ici quelques années. 

«L'enfant, on ne va pas le chercher, il vient. La moitié des enfants dont un parent est atteint de maladie mentale a des problèmes de développement, de comportement ou d'apprentissage qui méritent une consultation. Or ici comme dans tous les pays du monde, il y a actuellement seulement un enfant sur quatre qui a accès aux services après avoir été référé [par un médecin]. Là, avec HoPE, on réforme les services de façon à ne pas cibler juste l'enfant qui a été référé parce qu'il a un problème, mais toute la famille, les frères, les soeurs, la mère qui est malade... Et on va avoir le même intervenant qui va s'occuper de toute la famille», explique le responsable du programme, le Dr Michel Maziade.

Le but, dit-il, c'est d'abattre le «mur antifeu» entre les services adultes et infantiles, «de travailler systématiquement, de s'occuper de l'enfant et de le suivre longtemps».

La présidente de l'OIIQ, Lucie Tremblay, a tenu... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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La présidente de l'OIIQ, Lucie Tremblay, a tenu à souligner la générosité des infirmières qui, grâce à leurs dons à la fondation de leur ordre professionnel, ont permis à celle-ci de décerner une subvention de 250 000 $ au CIUSSS de la Capitale-Nationale afin d'améliorer l'accès aux soins de santé mentale pour les jeunes.

Le Soleil, Patrice Laroche

En droite ligne avec le plan de Québec, dit Barrette

Québec ne met pas d'argent dans les projets annoncés lundi, mais selon le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ceux-ci s'inscrivent en droite ligne avec le plan d'action en santé mentale 2015-2020 du gouvernement.  

«Le gouvernement n'a pas d'implication financière directe, mais il a beaucoup d'intérêt dans le projet», a dit le Dr Barrette en conférence de presse, ajoutant qu'un gouvernement ne pouvait «pas tout faire» et que les innovations devaient parfois venir de la générosité des donateurs.

«L'important, c'est de s'assurer que la recherche qui se fait se traduise dans les meilleures pratiques exportables au Québec. Et je serai là pour reproduire votre expérience lorsque vous aurez prouvé votre succès, ce dont je ne doute pas», a lancé le ministre de la Santé à l'adresse des chercheurs, des cliniciens et de la direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

La générosité des infirmières

À l'instar du Dr Barrette, la présidente de l'OIIQ, Lucie Tremblay, a tenu à souligner la générosité des infirmières qui, grâce à leurs dons à la fondation de leur ordre professionnel, ont permis à celle-ci de décerner une subvention de 250 000 $ au CIUSSS de la Capitale-Nationale afin d'améliorer l'accès aux soins de santé mentale pour les jeunes.

Les infirmières bachelières, a ajouté Mme Tremblay, sont appelées à jouer un rôle de premier plan au sein du projet HoPE, alors qu'elles seront impliquées dans le dépistage, le suivi et les interventions préventives auprès des jeunes à risque de développer une maladie mentale. 

Parce qu'elle considère la santé mentale et physique dans sa globalité, l'infirmière est «particulièrement bien placée» pour aplanir les nombreux obstacles qui font en sorte que moins d'un enfant sur quatre reçoit actuellement les soins requis, a fait valoir la présidente de l'OIIQ, qui souhaite voir le nombre d'infirmières en santé mentale augmenter, elles qui ne sont actuellement que 4000 au Québec. «La santé mentale est un secteur en émergence dans lequel l'infirmière doit affirmer son expertise», a-t-elle dit.

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