Les médecins appuient la clinique sans médecin

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La coopérative de solidarité SABSA, située sur le boulevard Charest, opère avec une seule infirmière praticienne spécialisée à temps plein. Elle risque toutefois de devoir fermer ses portes le 1er mai.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Menacée de fermeture, la coopérative de solidarité SABSA, une clinique sans médecin, vient de recevoir un appui de taille. En entrevue au Soleil, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, a qualifié l'approche de SABSA d'«intéressante», estimant qu'elle devait être «explorée».

Isabelle Têtu, cofondatrice de la clinique sans médecin. ... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 1.0

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Isabelle Têtu, cofondatrice de la clinique sans médecin. 

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Le Dr Louis Godin a visité la coopérative du boulevard Charest, dans Saint-Roch, à l'invitation de la cofondatrice de la clinique, Isabelle Têtu, la semaine dernière. L'infirmière praticienne spécialisée voulait remettre certaines pendules à l'heure auprès du représentant des médecins omnipraticiens et le sensibiliser à l'importance du travail effectué à la clinique. 

«Je voulais lui montrer qu'on n'était pas une clinique d'infirmières comme celles auxquelles il s'oppose. Oui, on a monsieur et madame Tout-le-monde dans notre clientèle, mais c'est surtout des personnes vulnérables qu'on reçoit, des gens qui n'ont parfois même pas de carte d'assurance maladie, des sans-abri, des ex-détenus, des toxicomanes, des gens qui ont des problèmes de santé mentale... C'est une clientèle que les médecins ne veulent pas suivre dans les groupes de médecine familiale (GMF) parce qu'elle est trop lourde, une clientèle qui ne fitte pas avec les établissements de santé traditionnels où il faut respecter les heures de rendez-vous, attendre dans une salle d'attente...» explique Isabelle Têtu.

Le Dr Godin confirme que les cas traités chez SABSA sont «plus difficiles à prendre en charge» par les médecins. «Pour un médecin de famille seul, c'est complexe de suivre ces cas-là. C'est souvent des patients qu'il faut relancer pour leur rendez-vous, par exemple. Pour ce type de patients, il faut souvent une approche multidisciplinaire, et les services ne sont pas toujours disponibles dans les cliniques de médecins traditionnelles», souligne le président de la FMOQ, ajoutant que ces patients pouvaient parfois même être réticents à se rendre dans les CLSC. 

Ce qu'il faudrait, selon le Dr Godin, c'est un lien «plus formel» entre SABSA et les médecins. «J'ai compris que SABSA avait des liens avec des cliniques aux alentours, bien que Saint-Roch soit plutôt démuni de ce côté-là. Est-ce qu'il faudrait qu'il y ait un médecin sur place ou que les patients soient vus dans une clinique environnante, je ne sais pas, mais je crois que l'approche de SABSA est intéressante et qu'elle doit être explorée», dit le président de la FMOQ.

Isabelle Têtu verrait très bien un partenariat avec un GMF, par exemple. «On veut que nos patients, qui n'ont souvent pas de médecin de famille, puissent voir un médecin une fois ou deux par année. Le médecin du GMF les prendrait en charge, mais pas tout seul, il aurait notre équipe avec lui», résume Mme Têtu.

La coopérative SABSA fonctionne avec une seule infirmière praticienne spécialisée à temps plein. Elle a un volet pour le traitement de l'hépatite C et un autre «clinique de proximité» financé par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec dans le cadre d'un projet pilote. Faute de financement, la clinique de proximité risque de devoir fermer ses portes le 1er mai.

Suivi par l'Université Laval et l'Université de Montréal, le projet-pilote a pourtant donné de bons résultats. Selon un rapport préliminaire publié en septembre, la clinique peut générer des économies de 119 000 $ par année au système de santé québécois seulement en soins médicaux non facturés. 

Mais le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déjà fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de soutenir le projet puisqu'il ne cadre pas avec le programme de financement des cliniques, qui oblige la présence d'un médecin pour orienter les soins. L'enveloppe est réservée aux GMF et aux supercliniques.

Non aux cliniques d'infirmières

S'il s'est montré ouvert au modèle proposé par SABSA, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ne change pas d'idée quant aux cliniques d'infirmières, qui n'ont pas leur place dans le réseau de la santé, selon lui. «Ça ne change pas notre position. Nous, on pense que le support des infirmières, ça doit se faire à l'intérieur d'installations où il y a aussi des médecins. Elles ne peuvent pas travailler en silo, dans des cliniques à part. Ce n'est pas là qu'on a besoin des infirmières, on en a besoin dans nos GMF [groupes de médecine de famille] et dans nos cliniques», tranche le Dr Louis Godin, pour qui SABSA se situe dans une classe à part. Les infirmières, ajoute-t-il, sont là pour aider et soutenir les médecins. «Ce n'est pas en ouvrant des cliniques d'infirmières qu'on va améliorer l'accès aux soins. La place des infirmières, c'est avec les médecins dans nos établissements», insiste le président de la FMOQ. 

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