Le problème n'est pas la loi P-38, dit Me Jean-Pierre Ménard

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Me Jean-Pierre Ménard

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(Québec) L'avocat Jean-Pierre Ménard déplore les interventions publiques de certains psychiatres qui voudraient faire changer la loi P-38. Selon lui, ce n'est pas la loi le problème, mais son application et l'insuffisance de ressources pour les personnes atteintes de troubles de santé mentale.

L'avocat spécialisé en santé fait particulièrement référence aux événements survenus à Granby, où un homme a, plus tôt en janvier, tué sa colocataire alors qu'il venait à peine de sortir du service de psychiatrie de l'hôpital.

«Il y a des énormités qui ont été dites et qui induisent la population en erreur, en plus de stigmatiser encore plus les patients aux prises avec des problèmes de santé mentale. On a affirmé que seule la dangerosité grave et immédiate permettait de garder un patient à l'hôpital contre son gré, que la loi interdisait de le garder plus de 24 heures... C'est complètement faux. La loi ne limite pas la garde d'un patient à 24 heures, pas plus qu'il n'y a d'exigence de danger grave et immédiat pour garder un patient à l'hôpital», insiste en entrevue au Soleil Me Ménard, rappelant qu'un patient pouvait être gardé trois jours sans ordonnance de cour. 

«Au-delà de cette période, la cour peut émettre une ordonnance de garde si l'hôpital l'estime nécessaire, et ce sont des procédures qui se font très rapidement», précise l'avocat, ajoutant que les hôpitaux peuvent aussi aller chercher des autorisations de soins au besoin.

«Le problème n'est pas la loi P-38, mais la compréhension que semblent en avoir certains médecins ou psychiatres. Peut-être que ça vaudrait la peine de faire un peu d'information et d'éducation là-dessus», suggère Me Ménard, selon qui il n'y a aucun intérêt à changer la loi. «Les patients et leurs proches n'y feraient aucun gain, et les médecins ont suffisamment de pouvoirs. La loi, elle sert à éviter de garder quelqu'un plus que nécessaire ou de le médicamenter plus que nécessaire. Il faut renforcer les droits des patients, pas les affaiblir», tranche-t-il.

La solution, selon lui, passe par les ressources communautaires qui viennent en aide aux personnes atteintes de troubles de santé mentale. «Les ressources sont insuffisantes, mal financées et mal organisées. Et parce qu'il n'y a pas assez de ressources, on finit par judiciariser. On a trop organisé les soins autour de l'hôpital et des psychiatres, alors qu'il faut une approche multidisciplinaire. Il faut revoir le mode d'organisation en santé mentale en développant davantage les soins de proximité», plaide l'avocat, qui tiendra une conférence de presse sur le sujet en compagnie de représentants d'organismes oeuvrant en santé mentale, jeudi, à Montréal.

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