Lutter contre le cancer, une canette à la fois

Pierre Audet consacre de 15 à 20 heures... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Pierre Audet consacre de 15 à 20 heures par semaine au classement des bouteilles et canettes déposées chez lui par des gens ayant adopté sa cause, la recherche contre le cancer financée par la Société canadienne du cancer. Son objectif : amasser 10 000 $.

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Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Caplan) Si tout se déroule comme prévu, Pierre Audet, un ambulancier de Caplan, en Gaspésie, déposera un chèque de 10 000 $ à la Société canadienne du cancer en juin, le résultat de la collecte de dizaines de milliers de canettes d'aluminium et de bouteilles diverses en un an.

Ce don nécessite la complicité de centaines de personnes qui, au lieu de toucher le fruit du retour de leurs canettes et bouteilles vides dans les commerces, choisissent de les déposer chez M. Audet, le long de la route 132. Il a d'ailleurs aménagé une affiche et un contenant de dépôt le long de cette route, en plus de doter sa cour de deux abris pour loger lesdites canettes et bouteilles.

S'il atteint son objectif de 10 000 $ en juin, il aura totalisé 24 000 $ en six ans au profit de la Société canadienne du cancer. Il remet ses dons à l'occasion du Relais pour la vie, cette marche de 12 heures menée de nuit pour amasser des fonds et sensibiliser la population au fait que le cancer progresse toujours, notamment dans l'obscurité.

«J'ai donné la première fois en 2010. Ma femme voulait marcher dans le Relais, mais [elle ne voulait] pas ramasser d'argent [...] Mon coeur me disait d'embarquer, mais je ne voulais pas tanner le monde. J'ai mis une pancarte au chemin pour inviter le monde à laisser ici les bouteilles de bière et de liqueur, et les canettes, au profit du Relais pour la vie. La première année, on a donné 289 $. Ça m'a encouragé», raconte M. Audet.

Sa conjointe Linda Poirier a joint l'organisation du Relais pour la vie de la Baie-des-Chaleurs, et Pierre Audet a remis son affiche le long de la route.

«En 2011, j'ai remis 1133 $. C'était encore encourageant et j'ai décidé de continuer. En 2012, j'ai remis 1448 $, puis 2400 $ en 2013, 3273 $ en 2014 et 5376 $ en 2015. Maintenant, depuis 2011 en fait, ma pancarte est là à l'année. Les gens me connaissent», signale M. Audet.

Éviter le bac

Il veut sensibiliser en particulier les gens qui mettent leurs bouteilles et leurs canettes dans le bac de récupération, de l'argent qu'il considère comme «perdu». Sa cause touche tant de gens qu'il a presque des succursales.

«C'est pour une bonne cause. Je pense que ça fonctionne [convaincre les gens de ne pas mettre dans la récupération les bouteilles et les canettes]. J'aimerais pogner10 000 $ pour juin 2016; c'est presque 5000 $ de plus [que le dernier don]. Je prends une chance. J'ai de l'aide. Une femme de New Richmond, Ginette Ferlatte, ramasse pour moi, comme Martin Arsenault, aussi de Caplan, mais qui couvre Saint-Siméon», dit-il.

L'homme tient un registre statistique de son utile passe-temps. Il dit ne pas trop savoir pourquoi, mais il est clair que c'est un élément motivateur et, pour les journalistes, un élément vraiment pratique. «En 2015, j'ai ramassé 52 300 canettes, à cinq cents», souligne-t-il en spécifiant qu'un don de 10 000 $ nécessitera100 000 canettes, si le ratio canettes/bouteilles est similaire.

«Depuis juin, j'ai 46 700 canettes. C'est 240 canettes par sac. Ils [les repreneurs] me font confiance, comme le dépanneur. Un voyage de 280 $, c'est gros, mais mon plus gros voyage a rapporté 320 $. Je mets de 15 à 20 heures par semaine pour démêler ça», dit-il.

Il remplit sa remorque aux deux semaines pour aller porter les sacs et les caisses au dépanneur local, en synchronisation avec la firme Recycan. «Je ne prends aucun sou pour mes dépenses. L'argent est déposé à mesure dans un compte et je fais un chèque en juin. Je tiens à cette cause», dit-il.

La cause le touche directement, maintenant. «J'ai un cancer de la prostate depuis un an et demi. Je prends des pilules. Je n'ai pas été opéré et je n'ai pas eu de traitement [de chimiothérapie]. C'est une tumeur minime, contrôlée régulièrement. Je vois un urologue aux six mois, et j'ai une prise de sang aux trois mois. L'un de mes frères a un cancer généralisé», note-t-il.

Sur une note plus légère, Pierre Audet dit savoir quel type de semaine il aura dès le dimanche. «Quand j'ai beaucoup de bouteilles le dimanche, je sais que j'en recevrai beaucoup la semaine. Quand j'ai rien le dimanche, ce sera une petite semaine». Avec la collaboration spéciale d'André Bécu

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