Placée loin de sa famille

En raison de la distance, la fille et... (Le Soleil, Erick Labbé)

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En raison de la distance, la fille et le mari de Denise Rochon, résidents de Limoilou, ont plus de difficulté à visiter la dame, qui est hébergée à Saint-Augustin.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'été dernier, après une hospitalisation à l'Enfant-Jésus, la mère de 89 ans de Nicole Dolbec, une résidente de Limoilou, s'est retrouvée dans une place de transition, au CHSLD Jardins du Haut Saint-Laurent, à Saint-Augustin. La distance et le temps pour lui rendre visite pèsent lourd sur son mari et ses cinq enfants.

«On aimerait qu'elle soit plus proche, qu'elle soit transférée dans le secteur de Beauport ou Limoilou, où il existe des lits permanents», explique Mme Dolbec, confuse devant la réglementation en la matière.

Le mari de Denise Rochon, âgé de 88 ans, ne peut pas voir sa femme aussi souvent qu'il le voudrait, en raison de son âge avancé et des tracas liés au déplacement. «On essaie d'y aller le plus souvent possible, mais ce n'est pas évident. C'est un gros problème pour nous. Il faut organiser les transports, certains n'ont pas d'auto. Ça devient épuisant», explique sa fille.

Depuis six mois, Mme Dolbec multiple les démarches afin que sa mère, atteinte d'alzheimer avancé, soit transférée du lit transitoire qu'elle occupe à Saint-Augustin à un autre lit transitoire dans les environs de Limoilou. En vain. Elle est allée jusqu'à s'adresser au commissaire aux plaintes et au Protecteur du citoyen.

Au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSS) de la Capitale-Nationale, Carl Dumais, directeur adjoint du soutien à l'autonomie aux personnes âgées, explique au Soleil que le placement des bénéficiaires repose sur des critères précis, selon leur état de santé et leurs besoins.

Sans commenter expressément le cas de Mme Rochon, il mentionne qu'une personne âgée qui a séjourné dans un centre hospitalier, mais qu'on juge incapable ensuite de retourner à son domicile doit être prise en charge rapidement, à l'intérieur d'une semaine. D'où le transfert dans un lit transitoire, en attendant de trouver une place permanente.

C'est ce qui est arrivé à Mme Rochon. «Nous avons reçu un appel à 10h le matin, et le transfert s'est effectué à 14h. Tout s'est fait vite. Nous n'avions pas le choix», confirme sa fille.

«Lorsqu'il s'agit de trouver un lit transitoire, il faut aller vite, car la sécurité de la personne est en jeu. La famille n'a pas le choix. La régulation se fait en fonction de la disponibilité des lits. Il faut surtout être capable de répondre à ses besoins», mentionne M. Dumais, dont l'organisation supervise 3283 places réparties dans 26 CHSLD sur le territoire de la capitale nationale.

«Pour un hébergement permanent, précise-t-il, c'est par l'ancienneté, selon la date de la demande. Certains milieux sont plus convoités que d'autres», d'où des listes d'attente plus longues pour quelques institutions.

Accès plus rapide

Parmi les considérations prises en compte dans le dossier figure également la proximité du CHSLD avec la famille immédiate. «Jamais», dit-on, un bénéficiaire de Québec ne sera, par exemple, transféré dans un établissement de Charlevoix ou de Portneuf. «Le territoire du Québec métro n'est pas très étendu, mais on essaie le plus possible de répondre à la proximité. On essaie de garder les gens dans leur environnement immédiat.»

Il arrive aussi, ajoute-t-il, dans 70 % des cas, que la place transitoire soit adoptée de façon permanente, de son plein gré, par le bénéficiaire. «Si la personne dit s'y sentir bien, c'est ce qui est important. Elle a développé des liens dans cette communauté. Le but est de limiter au minimum les enjeux d'adaptation.»

Depuis l'entrée en vigueur, le 1er juin 2015, de la nouvelle politique d'hébergement en CHSLD, trouver une place pour les aînés, surtout ceux ayant des besoins importants, est «plus rapide», soutient Julien Bédard, responsable des mécanismes d'accès à l'hébergement au CIUSSS de la Capitale-Nationale. Avant, ces bénéficiaires contribuaient à l'engorgement des urgences. «Nous avons augmenté de 25 % l'accès à une place permanente et aussi à l'hébergement transitoire.»

Moins de 10 % des gens âgés de 65 ans et plus ont besoin d'une place dans un CHSLD, «une informe portion» de la population, explique-t-on. «Notre objectif est de les maintenir à domicile» le plus longtemps possible, termine M. Dumais.

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