Les handicapés durement touchés par les frais accessoires

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La décision de Québec de légaliser les frais accessoires fait d'autant plus mal que les personnes handicapées font déjà les frais des compressions imposées au réseau de la santé et des services sociaux.

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(Québec) Particulièrement touchées par les frais accessoires facturés en clinique, les personnes handicapées, dont plus de la moitié vivent sous le seuil de la pauvreté, ont dénoncé jeudi la décision du gouvernement Couillard de légaliser cette pratique, elles qui ont déjà passablement goûté aux conséquences de l'austérité.

Une vidéo contre la normalisation des frais accessoires intitulée «Ça déborde, M. Couillard!» vient d'ailleurs d'être mise en ligne sur YouTube par l'organisme Ex aequo, qui défend les droits des personnes ayant une déficience motrice.

La condition des personnes en situation de handicap les amène souvent à consulter, a-t-on souligné lors d'une conférence de presse à laquelle prenaient part deux représentants d'Ex aequo ainsi que les députés péquistes Jean-François Lisée et Diane Lamarre.

Le président du conseil d'administration de l'organisme, Martin Juneau, a rappelé que plus de 50 % des personnes en situation de handicap, dont il est, vivent avec moins de 15 000 $ par année. «Les frais accessoires affectent tout le monde, mais surtout les personnes en situation de handicap, des personnes vulnérables à bas revenu», a déploré M. Juneau.

Attelles d'immobilisation, bandages en huit, médicaments injectables, crèmes pour les plaies, pansements surdimensionnés : à peu près toutes les personnes en situation de déficience motrice sont concernées par les frais accessoires, a précisé Alexandra D'Amours, agente de défense des droits chez Ex aequo. 

La décision de Québec de les légaliser fait d'autant plus mal que les personnes handicapées font déjà les frais des compressions imposées au réseau de la santé et des services sociaux, alors que les soins à domicile ont été rationnés, a-t-on également dénoncé jeudi. 

Qui plus est, de nouvelles directives sur la facturation des coussins et des équipements d'aide à la mobilité ont été adoptées par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) en septembre. «Concrètement, ça donne une augmentation de la bureaucratie qui fait que les spécialistes peuvent voir moins de personnes. La RAMQ ne paie que des coussins de bas ou de moyenne gamme, et si on veut plus, il faut le justifier par de nombreux formulaires», a déploré Mme D'Amours.

S'il n'avait pas un coussin de qualité dans son fauteuil, Martin Juneau risquerait de faire des plaies de pression et de l'infection, ce qui l'obligerait à consulter, a-t-il dit. «On se demande elle est où l'économie quand les gens vont devoir fréquenter davantage le réseau de la santé pour aller faire réparer leurs aides à la mobilité» ou faire soigner leurs plaies, a renchéri Alexandra D'Amours.

«On l'a vu ces derniers jours, juste en surcharge, en extra, on a été capable d'attribuer 400 millions $ aux médecins. Je pense qu'à travers ça, on devrait être capable de trouver les 50 millions $ de frais accessoires» que les patients devront payer chaque année, a pour sa part fait valoir Diane Lamarre.

Son collègue Jean-François Lisée en a rajouté en pourfendant le premier ministre, qui a refusé jeudi matin de répondre aux questions de l'opposition sur les 400 millions $ versés en trop aux médecins, en particulier spécialistes. «Il a dit qu'au Québec, on ne rationne pas les soins. C'est faux. Il [le gouvernement Couillard] ne rationne pas les médecins spécialistes, c'est bar ouvert pour les spécialistes! Mais il y a du rationnement dans les soins, et la vérificatrice générale l'a bien dit : si 400 millions $ ont été versés en trop aux médecins, il a fallu trouver cet argent-là ailleurs, dans les soins de santé et dans les services sociaux. [...] On comprend mieux maintenant pourquoi ces personnes [en situation de handicap] sont rationnées, elles le sont parce que le gouvernement n'a pas voulu fermer le bar pour les médecins spécialistes», a soutenu le député de Rosemont.

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