Un pneumologue retraité vante les bienfaits de vapoter

La cigarette électronique resterait pour bien des fumeurs... (AFP, Kenzo Tribouillard)

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La cigarette électronique resterait pour bien des fumeurs invétérés la meilleure façon d'abandonner le tabac.

AFP, Kenzo Tribouillard

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(Québec) Pneumologue réputé à Montréal, le Dr Gaston Ostiguy craint que les restrictions à l'usage de la cigarette électronique imposées par Québec freinent l'élan des fumeurs qui songent à abandonner le tabac, autrement plus nocif que le vapotage.

En entrevue au Soleil, mercredi, le médecin aujourd'hui retraité a dit ne pas comprendre qu'on interdise le vapotage dans les boutiques de cigarettes électroniques. «Les fumeurs, particulièrement ceux d'un certain âge, doivent apprendre à bien se servir de la vapoteuse [connaître le bon voltage, apprendre le remplissage et le changement de filtre, par exemple]. On dit que les commerçants pourraient faire des vidéos, mais ce n'est pas du tout pareil», croit le Dr Ostiguy.

Le spécialiste estime aussi que le gouvernement Couillard ferait fausse route s'il interdisait par voie de règlement les saveurs de cigarette électronique. «Le succès de la e-vap, c'est les saveurs qui sont agréables. On n'est plus au début du XXe siècle, quand on pensait qu'il fallait qu'un médicament goûte mauvais pour qu'il soit efficace», laisse tomber le pneumologue, qui se désole que la loi 44 mette sur le même pied les cigarettes traditionnelle et électronique.

«Ça envoie un très mauvais message. Les fumeurs pourraient en venir à se demander pourquoi ils adopteraient le vapotage si on leur dit que c'est aussi mauvais pour la santé que le tabac», craint le Dr Ostiguy, selon qui de nombreuses interventions en marge du projet de loi 44 ont dénoté un manque flagrant de connaissances.

Le pneumologue de carrière, qui a dirigé pendant 15 ans la clinique d'abandon du tabagisme à l'Institut thoracique de Montréal, est formel : la vapeur de cigarette électronique est jusqu'à 500 fois moins nocive que la fumée de cigarette traditionnelle. «Il n'y a pas d'étude sérieuse qui prouve que la cigarette électronique est dangereuse», insiste le Dr Ostiguy, rappelant que la e-vap existe depuis plus de 10 ans en Europe.

Pas d'engouement chez les jeunes

Et non, la vapoteuse n'a pas créé d'engouement chez les jeunes, comme d'aucuns ici le craignent. «En Grande-Bretagne, ça fait quatre ou cinq ans qu'on recueille des données sur une base mensuelle, et ce que disent les statistiques, c'est que plus de 99 % des personnes qui vapotent sont des gens qui avaient déjà fumé [la cigarette traditionnelle]», souligne le Dr Ostiguy.

Bien sûr, la cigarette électronique ne doit pas être accessible aux jeunes et la publicité à outrance doit être interdite, ajoute le médecin, qui a aussi hâte que le fédéral réglemente le produit pour s'assurer qu'il est de bonne qualité. Mais, expérience à l'appui, le Dr Ostiguy demeure convaincu que la cigarette électronique reste pour bien des fumeurs invétérés la meilleure façon d'abandonner le tabac.

«Je me souviens d'un patient emphysémateux de 74 ans qui fumait trois paquets de cigarettes par jour, qui devait être hospitalisé deux ou trois fois par hiver et qui peinait à monter un escalier [...]. Il avait essayé les patchs, l'inhalateur, le brupopion [Zyban]... Aujourd'hui, il vapote depuis plus d'un an, il n'a pas été réhospitalisé et il s'est aménagé un gymnase chez lui», raconte le Dr Ostiguy, selon qui le taux d'abstinence chez les anciens fumeurs qui se sont mis au vapotage est d'environ 45 % après six mois.

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