Les patients atteints du cancer du poumon victimes de préjugés

Certains patients atteints du cancer du poumon ont... (123RF, Katarzyna Biav)

Agrandir

Certains patients atteints du cancer du poumon ont une tumeur qui présente des anomalies génétiques. La plupart d'entre eux n'ont jamais fumé. Pour ces patients, la thérapie orale sera plus efficace que la chimiothérapie.

123RF, Katarzyna Biav

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les patients atteints du cancer du poumon subissent des préjugés défavorables qui limitent leur accès à des traitements ciblés susceptibles d'améliorer leur qualité de vie et de ralentir la progression de la maladie, déplore le Dr Benoit Samson, hématologue et oncologue à l'hôpital Charles-LeMoyne, en Montérégie.

En entrevue au Soleil, le spécialiste explique qu'un certain nombre de personnes atteintes du cancer du poumon ont au sein de leur tumeur des anomalies génétiques particulières (ou biomarqueurs, comme ALK, pour Anaplastic Factor Receptor, ou EGFR, pour Epidermal Growth Factor Receptor).

En général, ces personnes n'ont jamais fumé, ou alors très peu, souligne le Dr Samson. Environ 15 % des patients atteints du cancer du poumon sont porteurs de la mutation EGFR, contre 2 % à 4 % qui ont une anomalie ALK. 

Dans les deux cas, le traitement idéal consiste en une thérapie orale qui est plus efficace (réduction tumorale et survie prolongée) que la chimiothérapie intraveineuse et qui entraîne moins d'effets secondaires, améliorant du coup la qualité de vie du patient, explique l'hémato-oncologue.

Le spécialiste précise que ces anomalies ne sont pas transmises génétiquement. Elles se produisent plutôt à l'intérieur des cellules pulmonaires, conduisant à un type particulier de cancer.

Les patients atteints du cancer du poumon subissent... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

Agrandir

Infographie Le Soleil

Analyses nécessaires

Or pour savoir si une personne atteinte du cancer du poumon est porteuse de ces biomarqueurs, des analyses moléculaires doivent nécessairement - et rapidement - être faites. 

«Chez de nombreux patients atteints d'un autre type de cancer, les tests réflexes commencent à être effectués dès le diagnostic. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas pour les patients atteints du cancer du poumon. Dans bien des cas, les tests ne sont simplement pas effectués ou ne sont pas effectués avant que le patient voie son oncologue, de sorte que nous devons attendre trois ou quatre semaines avant d'avoir les résultats et de pouvoir déterminer quel traitement sera le plus efficace», déplore le Dr Samson, réitérant qu'un résultat positif connu rapidement change drastiquement le traitement et son efficacité.

L'hémato-oncologue encourage les patients atteints du cancer du poumon à demander ces fameuses analyses moléculaires dès qu'ils reçoivent le diagnostic.

Le Dr Samson se désole par ailleurs que la recherche sur le cancer du poumon soit sous-financée par rapport au fardeau ou à l'importance que ce cancer représente en termes de santé publique.

Oui, convient-il, les gouvernements investissent dans la prévention primaire du tabagisme, mais c'est tout, observe le médecin. «Il y a trop peu de survivants qui désirent faire de la sensibilisation et des campagnes de levées de fonds ou s'impliquer pour promouvoir le dépistage, l'accès aux médicaments et l'optimisation du testing moléculaire», déplore-t-il.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer