Barrette veut que les médecins lâchent le boulevard Laurier

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À «partir du moment où tout un chacun, comme promoteur, ouvre un bâtiment et une clinique sur le boulevard Laurier, les médecins s'en vont tous là en se disant que les patients vont venir à eux, alors que moi, ce que je veux, c'est que les médecins aillent vers la population», dit le ministre Barrette.

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(Québec) Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, croit pouvoir regarnir la couronne nord de Québec de médecins grâce à une distribution géographique des effectifs «qui va se faire dès maintenant en fonction des besoins de la population».

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La Clinique médicale Neufchâtel est menacée de fermeture en raison de départs à la retraite et du manque de relève.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

C'est ce qu'il a affirmé jeudi après-midi au terme de sa rencontre avec les médecins de la Clinique médicale Neufchâtel, menacée de fermeture en raison de départs à la retraite et du manque de relève.

Plus tôt cette semaine, une pétition de plus de 4000 signatures réclamant la survie du GMF, qui ne compte plus que trois médecins à temps plein pour quelque 4500 patients, a été déposée à l'Assemblée nationale.

«Ici [à la Clinique médicale Neufchâtel], c'est une démonstration on ne peut plus claire de la problématique de la région de Québec, qui est une problématique de beigne inversé. [...] Normalement [en termes de population], on voit le centre se vider et la couronne se remplir, mais en termes d'effectifs médicaux, c'est le contraire : le centre se remplit et la couronne s'appauvrit.»

Pourquoi? Parce que la pratique médicale est plus facile autour de Laurier Québec, par exemple, dans les quartiers plus à l'aise, plus riches, où la clientèle est plus jeune, plus en forme, «à l'inverse d'une clientèle plus âgée, qui est un peu plus lourde ou perçue comme un peu plus lourde», a exposé le ministre Barrette.

«Ce qui fait qu'à partir du moment où tout un chacun, comme promoteur, ouvre un bâtiment et une clinique sur le boulevard Laurier, les médecins s'en vont tous là en se disant que les patients vont venir à eux, alors que moi, ce que je veux, c'est que les médecins aillent vers la population.»

Une première

D'où une distribution des effectifs médicaux qui se fera pour la toute première fois en fonction des besoins, a insisté le ministre Barrette. «Ça, ça veut dire qu'on va permettre à des médecins de s'établir et de facturer à la condition qu'ils soient dans des régions ou des sous-régions où il y a des besoins, et ici, de Loretteville à Saint-Émile, les besoins sont limpides.»

La mesure concerne les «nouveaux facturants», c'est-à-dire les médecins qui sortent des facultés de médecine (on en attend 1000 d'ici la fin 2017), et des médecins «en mobilité», c'est-à-dire ceux qui déménagent de ville, de région ou de sous-région, a précisé le ministre de la Santé. «Les retours de région [les médecins qui reviennent en milieu urbain après avoir pratiqué quelques années en région], c'est autre chose, on leur laisse le maximum de liberté.»

Le ministre a toutefois rappelé qu'il n'avait pas le pouvoir de forcer les médecins à travailler à un endroit précis. «La Cour suprême a déjà statué là-dessus. Tout ce que je peux dire aux médecins, c'est : voici les cliniques où vous pouvez aller travailler, choisissez. Je leur donne un menu composé uniquement d'adresses situées dans des zones où il y a des besoins.»

Les cliniques en péril, c'est-à-dire celles où il y a des retraites annoncées ou effectives, comme celle de Neufchâtel, seront priorisées, a indiqué le Dr Barrette, réitérant par ailleurs qu'en milieu urbain, seuls les modèles de GMF d'une dizaine de médecins et plus sont viables. «Il faut que les médecins se regroupent parce que c'est la seule façon d'y introduire d'autres professionnels [des pharmaciens, des diététistes ou des infirmières praticiennes spécialisées, par exemple]», a-t-il dit.

Le ministre a également rappelé l'effet de la loi 20, en vertu de laquelle les médecins doivent augmenter leur productivité d'ici décembre 2017, à défaut de quoi ils verront leur rémunération coupée. «La loi 20 et l'entente avec les omnipraticiens, conjuguées au plan d'effectifs et à l'arrivée des nouveaux facturants, font en sorte qu'ici [à la Clinique médicale Neufchâtel], les jours vont être meilleurs», a-t-il résumé.

Les médecins rassurés

Les médecins François Auger et Alain Tardif, qui tiennent depuis quelques mois la Clinique médicale Neufchâtel à bout de bras avec un troisième confrère, sont sortis rassurés de leur rencontre avec le ministre Gaétan Barrette.

Ils ont salué au passage la mobilisation citoyenne et le travail du député de Vanier-Les Rivières, Patrick Huot, qui a favorisé cette rencontre. «Pour nous, c'est très positif, ça nous permet d'avoir encore de l'oxygène, de rester un GMF et de conserver les avantages qui viennent avec [un GMF doit en principe avoir au moins 6000 inscriptions pour être considéré comme tel]», a commenté le Dr Tardif, qui a bon espoir qu'avec les mesures annoncées par le ministre Barrette, «la clinique va être sauvée».

Le Dr François Auger dit lui aussi avoir bon espoir de voir arriver «trois ou quatre médecins de plus» dans la prochaine année. Son confrère et lui insistent : malgré l'ampleur de la tâche actuelle, il fait bon travailler à la Clinique médicale Neufchâtel, où la clientèle est «variée et agréable». À bon entendeur... 

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