Faute de bacs, des pharmacies reçoivent des seringues souillées dans des sacs

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Contenant pour récupérer des seringues souillées

Le Droit, Patrick Woodbury

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(Québec) Des pharmaciens se plaignent de ne pas recevoir suffisamment de bacs à seringues souillées depuis que le ministère de la Santé et des Services sociaux a coupé les contenants grand format. Résultat : des clients rapportent leurs seringues et aiguilles usagées dans des boîtes en carton ou, pire, dans des sacs, ce qui pose évidemment un risque pour la sécurité du personnel des pharmacies.

La situation, qui avait déjà été dénoncée par la Coalition avenir Québec en septembre, a été réexposée par le député de Rosemont, Jean-François Lisée, à l'Assemblée nationale, mercredi matin.

Dans une lettre transmise le 13 novembre au Directeur national de santé publique, une pharmacienne de Cowansville rappelle que dorénavant, seuls les contenants de récupération de 1,4 litre sont fournis gratuitement, précisant que les quantités allouées aux pharmacies sont déterminées selon les commandes de l'année antérieure.

«Toutefois, on m'a informée que la personne responsable n'a pas transposé la quantité de contenants de 5 litres en format de 1,4 litre», raconte la pharmacienne Judith Marziali dans sa missive au DHoracio Arruda, dont nous avons obtenu copie. «Cette semaine, je n'ai plus de bacs jaunes à fournir à mes patients utilisant des seringues ou aiguilles pour leurs traitements. Et j'ai appris que ma prochaine livraison ne sera qu'en mars 2016!»

La pharmacienne ajoute que ses patients rapportent leurs seringues dans des boîtes en carton et qu'il est «hors de question» pour son personnel de manipuler ces contenants non conformes.

«Ça crée des frustrations. Je reçois des menaces des patients de disposer de leurs seringues et aiguilles dans les poubelles. Bien sûr que je les mets en garde. Toutefois, je ne peux que leur offrir de payer pour disposer de leurs seringues. Ce qu'ils refusent, faute de moyens», écrit Mme Marziali, ajoutant qu'il est «très frustrant» de gérer à ses frais un programme gouvernemental «qui ne répond pas aux attentes des patients et qui s'avère un recul en termes de santé publique».

«À mon avis, il sera plus dispendieux pour le gouvernement d'assumer les frais des médicaments antirétroviraux requis en cas de piqûre accidentelle», poursuit la pharmacienne, qui se désole de voir «des années d'efforts de sensibilisation anéantis par une mesure gouvernementale dont l'impact n'a pas été mesuré».

L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires avait elle aussi fait part de ses préoccupations au Dr Arruda dans une lettre datée du 22 septembre, dans laquelle elle réclamait des correctifs au programme de récupération des seringues et des aiguilles usagées «afin de maximiser la disponibilité des contenants telle qu'elle était avant la restructuration».

L'Association rappelait également qu'au-delà des préoccupations de santé publique et de sécurité, «il existe une obligation déontologique pour le pharmacien qui lui impose de procéder à la récupération sécuritaire des [...] instruments médicaux qui ont été utilisés dans le cadre de l'administration [...] des médicaments et qui sont susceptibles d'avoir été contaminés par du liquide biologique».

Début septembre, TVA rapportait qu'un éboueur s'était piqué un doigt en manipulant accidentellement des seringues souillées qui se trouvaient dans un conteneur à déchets de l'Hôpital Saint-Luc. 

La semaine dernière, le livreur d'une pharmacie de Laval s'est piqué en manipulant un sac dans lequel une cliente avait jeté ses aiguilles usagées, a relaté mercredi le député Jean-François Lisée avant de demander à la ministre responsable de la Santé publique, Lucie Charlebois, de s'engager à «mettre fin immédiatement à l'absurde rationnement des bacs à seringues».

«Aucun rationnement», répond la ministre

Ce à quoi la ministre a répondu qu'il n'y avait «aucun rationnement» et que «tous ceux qui ont besoin d'un bac le demandent et l'auront». «Dites aux pharmaciens qu'ils nous contactent, au Ministère [ce qu'aurait déjà fait la pharmacienne Judith Marziali, sans succès]. Toutes les directions régionales sont en mesure de fournir des bacs», a assuré Mme Charlebois.

La ministre a rappelé que les gros bacs avaient été «enrayés» parce qu'ils étaient utilisés à des fins inadéquates. «Pour dire franchement, il n'y avait pas que des seringues qui allaient dedans.»

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