L'air de Limoilou sous la loupe de la Santé publique

L'église Saint-Charles de Limoilou... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'église Saint-Charles de Limoilou

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La direction de la santé publique (DSP) de la Capitale-Nationale s'attaque à une étude, réclamée depuis longtemps, qui permettra de cerner l'ensemble des polluants atmosphériques présents dans l'air de Limoilou.

«On va l'avoir, cette étude-là», a annoncé lundi Suzanne Verreault, présidente du conseil d'arrondissement La Cité-Limoilou et de deux comités de vigilance, celui de l'incinérateur et celui des activités portuaires.

Mme Verreault et le maire Régis Labeaume ont rencontré le Dr François Desbiens, directeur de la santé publique, au cours du dernier mois pour discuter d'un rapport à venir sur l'incinérateur. Le sujet a dévié sur la qualité de l'air dans Limoilou et dans les quartiers environnants du centre-ville.

«Je ne vous dis pas que les analyses sont commencées, mais ils sont en train de voir. C'est quand même important comme étude, ça prend une bonne organisation et une bonne équipe de travail», a indiqué la conseillère municipale, satisfaite de savoir qu'un «modèle» est en élaboration. 

En février 2014, elle était aux côtés de la ministre responsable de la Capitale-Nationale de l'époque, Agnès Maltais, et de la citoyenne Véronique Lalande pour réclamer un portrait «global» et «véritable» de la qualité de l'air dans les quartiers centraux. La DSP et le ministère de l'Environnement avaient alors été interpellés.

Encore cet été, en entrevue au Soleil, le Dr Desbiens se disait préoccupé par la pollution atmosphérique à Québec, qui augmente les risques de maladies chroniques. Il admettait toutefois qu'aucune mesure spécifique n'avait encore été prise pour identifier les contaminants et les concentrations en jeu. Le projet était «en discussion, mais pas encore en opération».

Lundi, Annie Ouellet, porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale, a précisé que le DSP était «en train d'analyser les données brutes du ministère de l'Environnement» provenant de la station d'échantillonnage Des Sables. L'exercice a déjà été réalisé pour le nickel, qui a fait l'objet de deux rapports jugeant que le risque pour la santé des citoyens est faible. Les autres contaminants font maintenant l'objet d'une attention particulière.

Mme Ouellet affirme qu'il est trop tôt pour parler d'une procédure. Le sujet sera abordé au Comité intersectoriel sur la contamination environnementale dans l'arrondissement La Cité-Limoilou (CICEL), dont le mandat est de «réduire à la source les émissions de contaminants dans l'air ambiant» et de «mettre en place des mesures de mitigation appropriées et réalistes». Le Port de Québec y siège ainsi que plusieurs entreprises du quartier Limoilou, la Ville de Québec et le ministère de l'Environnement.

Suzanne Verreault a pris ce dossier en exemple pour démontrer que la Ville «fait tout ce qu'elle peut» afin que la lumière soit faite sur le cocktail respiré par les citoyens de Limoilou.

Cela après la publication d'un article sur le rapport d'un inspecteur municipal concluant qu'«il y a présence de pollution atmosphérique dans le secteur de Limoilou», ce qui contrevient à son avis au règlement sur les nuisances. La Ville a prévenu les plaignants, Louis Duchesne et Véronique Lalande, qui sont aussi à l'origine d'un recours collectif contre le Port de Québec, qu'elle n'entend pas sévir car la réglementation provinciale a préséance sur la municipale et qu'un litige juridictionnel opposant l'Administration portuaire de Québec (APQ) au gouvernement du Québec n'est toujours pas tranché. 

Pas de saga judiciaire à craindre

Mme Verreault a tenu à dire que la Ville «ne craint pas une saga judiciaire» qui l'opposerait au Port. Selon elle, l'administration municipale n'hésiterait pas à faire appliquer son règlement si elle s'estimait en droit de le faire.

L'élue considère que dans ce rapport, «on n'apprend rien de nouveau». «Tout ce qui est énuméré, on sait très bien que cette situation-là est existante», dit-elle, soucieuse de ne pas inquiéter la population.

Le Soleil tient à mentionner que les bassins de décantation pointés comme principale source des odeurs nauséabondes dans le quartier Limoilou n'appartiennent pas à l'usine de traitement des eaux usées de la Ville de Québec, mais à la papetière White Birch, dont les installations sont situées à l'embouchure de la rivière Saint-Charles, à côté des terrains du Port. C'est également là qu'ont été photographiés d'immenses monticules de copeaux de bois non recouverts. Le technicien de la Ville de Québec a fait un lien avec les éclats de bois retrouvés dans les échantillons de poussière pris sur le perron du couple Duchesne-Lalande. Lundi, la direction de la White Birch n'a pas rappelé Le Soleil.

Le Port de Québec n'a pas voulu réagir à notre article, préférant envoyer une lettre au courrier des lecteurs.

Le ministère de l'Environnement, à qui la Ville de Québec a renvoyé la balle, n'a pas dit s'il comptait intervenir.

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