Chimio-embolisation en Allemagne: prudence, prévient le ministère de la Santé

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Manon Latouche, en compagnie du médecin allemand Thomas Vogl.

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(Québec) Après avoir pris contact avec l'équipe du Dr Thomas Vogl, en Allemagne, de même qu'avec les autorités scientifiques européennes afin d'en savoir plus sur les traitements de chimio-embolisation payés à grands frais par plusieurs patients québécois atteints de cancer, le ministère de la Santé appelle à «la plus grande prudence».

Le médecin allemand, qui a fait beaucoup parler de lui dans les médias québécois au cours des derniers mois, offre de la chimioperfusion pour les cancers pancréatiques ainsi que de la chimio-embolisation pour les métastases hépatiques (ou pulmonaires, selon certains patients qui se sont fait traiter par lui) provenant de différents cancers (colorectal, pancréatique, sein, etc.), résume la porte-parole du ministère de la Santé, Noémie Vanheuverzwijn.

«Il a publié plusieurs articles qui sont des histoires de cas sans comparaison de l'efficacité avec d'autres traitements. Ces articles, contrairement à des articles scientifiques, ne permettent pas de conclure à l'efficacité des traitements comparé aux autres existants», dit Mme Vanheuverzwijn, tout en rappelant qu'il s'agit de traitements palliatifs et non curatifs.

Évaluation par l'INESSS

L'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS), dont la mission est d'évaluer les avantages cliniques et les coûts des technologies, des médicaments et des interventions médicales et d'émettre des recommandations quant à leur adoption, leur utilisation ou leur couverture par le régime public, n'a pas encore publié sur l'efficacité de la chimio-embolisation pour les métastases hépatiques. «Le MSSS rencontrera l'INESSS sous peu afin de déterminer de quelle façon et sous quelle forme ces traitements pourraient être évalués», a fait savoir Noémie Vanheuverzwijn.

L'INESSS, a-t-elle précisé, a déjà évalué les thérapies par embolisation transartérielle pour le traitement du carcinome hépatocellulaire, et celles-ci sont aujourd'hui offertes dans plusieurs centres du Québec. Il est aussi possible de recevoir ici de la chimio-embolisation pour les métastases hépatiques d'origine pancréatique ou colorectale, précise Mme Vanheuverzwijn.

Le ministère de la Santé rappelle par ailleurs qu'il y a, au Québec, «des équipes médicales de très haut niveau et compétentes, ce que nous ne pouvons pas garantir quand les gens vont à l'étranger» pour obtenir un service non assuré par le réseau public ou un traitement non approuvé ici.

Un autre son de cloche

Le Dr Vogl aurait reçu des centaines de dossiers de patients canadiens cette année, mais il n'aurait accepté que d'en suivre une poignée, ceux pour qui il pense que les traitements de chimio-embolisation seront assez efficaces pour les aider à survivre ou à améliorer leur qualité de vie, expliquait-il à Radio-Canada cet été.

La résidente de Québec Manon Latouche est de celle-là. Quatre ans après qu'elle eut vaincu un cancer des ovaires, une masse a été découverte en 2013 sur son diaphragme, entre le foie, les poumons et près du coeur, en plus de métastases sur ses poumons. N'ayant plus de solution au Québec et après avoir entendu parler du Dr Vogl, cette mère d'une enfant lourdement handicapée a décidé de jouer le tout pour le tout. Depuis mercredi, elle est à Francfort pour subir son quatrième traitement de chimio-embolisation et sa septième intervention.

«Le Dr Vogl a dit qu'après ce traitement, elle devrait être en rémission. Est-ce qu'il en faudra un cinquième? On ne le sait pas», a dit au Soleil son frère, Karl Latouche, selon qui la santé et la qualité de vie de sa soeur se sont grandement améliorées depuis qu'elle est traitée par le Dr Vogl. «Ici, les médecins lui donnaient en juin entre un et six mois à vivre. Si elle n'avait pas fait ces traitements, elle serait probablement morte à l'heure actuelle.»

Chaque voyage s'élevant autour de 20 000 $, Karl Latouche fait appel à la générosité du public pour aider sa soeur à défrayer les coûts. Les dons peuvent être faits par l'entremise de la page Facebook Sauvons Manon (www.facebook.com/sauvonsmanon).

En un mot: chimio-embolisation transartérielle ›

La chimio-embolisation transartérielle consiste en l'administration par vaisseau sanguin de deux produits: une molécule de chimiothérapie pour attaquer les cellules cancéreuses et un produit destiné à boucher l'artère qui alimente la tumeur.

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