Cliniques privées de soins infirmiers: la présidente de la FIQ en colère

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Régine Laurent, présidente de la FIQ, compte se battre «bec et ongles» contre l'instauration d'un système de santé à deux vitesses.

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(Québec) La multiplication des cliniques privées de soins infirmiers découle d'une «stratégie» du ministre Gaétan Barrette pour affaiblir le réseau public de santé, estime la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, qui ne cache pas sa «colère» face au «laxisme» dont fait preuve le représentant du gouvernement Couillard.

Dans la foulée de la publication d'un reportage du Soleil, mardi, sur un jeune entrepreneur de Québec, Kéven Poulin, qui compte ouvrir un réseau de cliniques privées partout en province dans les prochaines années, Mme Laurent avoue son indignation par rapport à cette brèche dans le système universel de santé. 

«Le privé arrive là-dedans comme un vautour», explique-t-elle, dénonçant du même souffle le risque d'offrir des traitements uniquement aux patients qui ont les moyens de payer, laissant du coup les autres sur la touche. Même si les tarifs dans ces établissements sont relativement abordables, un prélèvement sanguin à 25 $, par exemple, la facture finale risque d'exploser, croit-elle.

«Les tarifs, c'est comme les parcomètres : une fois installés, tu n'as plus de contrôle. Ç'a l'air de rien, mais tu peux facilement en arriver à 150, 200, 300 $. C'est ça qui me met en colère. Je trouve ça malheureux.»

La présidente de la FIQ explique avoir souvent suggéré au ministre Barrette une réorganisation du travail au sein du réseau public qui aurait permis de réaliser des économies appréciables. En vain. «On lui a souvent dit qu'il y a des façons d'aller plus loin, de mieux faire, des solutions qui ne coûteraient pas forcément plus cher. Mais on sent qu'il n'a pas d'écoute pour le gros bon sens.»

Horaires

Les horaires de travail plus flexibles, argument avancé par les propriétaires de cliniques privées pour recruter du personnel, ne trouvent pas grâce à ses yeux. «Quand j'ai choisi la profession d'infirmière, je savais qu'un hôpital, c'est ouvert 24 heures par jour, sept jours sur sept, 365 jours par année. C'est un jeu dangereux de faire croire que tout le monde va travailler de jour, seulement la semaine. Tu ne peux pas faire ce travail et penser travailler de 8 à 4, ce n'est pas vrai, et ce n'est pas tout le monde qui veut le faire. Il faut répondre à la réalité des patients. Dans le réseau public, nos membres leur sont entièrement dévoués.»

Mme Laurent, à la tête d'une organisation comptant 66 000 membres, a l'intention de se battre «bec et ongles» contre l'instauration d'un système de santé à deux vitesses. «Je n'ai pas le choix. Il ne faut pas seulement penser à aujourd'hui, mais aussi à l'avenir. Avec le vieillissement de la population et l'augmentation des maladies chroniques, on va faire quoi pour prendre en charge les patients? On va faire quoi pour retenir les infirmières [dans le public], déjà qu'on en manque?»

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