Quatre grands centres hospitaliers s'unissent contre le cancer du sein

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Grâce à de meilleures techniques diagnostiques et à l'apparition de traitements plus efficaces, le taux de mortalité associé au cancer du sein a diminué.

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(Québec) Quatre grands centres de recherche hospitaliers, dont le CHU de Québec, ont décidé de se regrouper afin de créer une force d'attraction unique dans la lutte contre le cancer du sein qui favorisera l'obtention de plus de protocoles cliniques au Québec, a appris Le Soleil. L'initiative vient de Susan McPeak, qui a été atteinte d'un cancer du sein il y a une quinzaine d'années, et de son conjoint, l'entrepreneur et cofondateur de la Coalition avenir Québec Charles Sirois.

Le regroupement de l'expertise du CHU de Québec, du CHUM, de l'Hôpital général juif de Montréal et du CUSM est du jamais-vu, les chercheurs des centres hospitaliers étant habituellement en compétition les uns contre les autres pour obtenir les protocoles et en retirer le crédit. 

«Chaque centre travaille de façon isolée. Quand un organisme décide de tester un nouveau médicament, un nouveau traitement ou une nouvelle technique médicale, il va cogner à la porte de tel ou tel chercheur dans tel centre hospitalier, et, à la fin, les chercheurs et les centres hospitaliers se retrouvent un peu en compétition», explique en entrevue au Soleil la Dre Louise Provencher, chirurgienne-oncologue au CHU de Québec-Université Laval et directrice médicale du centre des maladies du sein Deschênes-Fabia.

Cette façon de faire limite l'accès des femmes atteintes d'un cancer du sein aux protocoles de recherche, ajoute la spécialiste. Car quand un centre obtient un protocole, celui-ci est généralement réservé à ses patientes. «En se mettant ensemble, tout le monde pourra avoir accès à ces types de soins», se réjouit la Dre Provencher, qui siégera au comité scientifique du Groupe McPeak-Sirois.

Ultimement, le Groupe, dont le slogan est «la recherche qui soigne», vise à rendre les protocoles cliniques disponibles en région, où les activités de recherche sont souvent plus limitées. «On veut que les patientes aient accès à ces traitements-là dans leur région, qu'elles ne soient pas obligées de faire plusieurs heures de route» pour se rendre dans les grands centres, précise la Dre Provencher. 

Grâce au regroupement, le Québec jouera dans la cour des grands. «On veut se positionner comme un réseau d'excellence et être compétitif dans le monde, où la compétition est très forte. On sera plus performant parce que plus de femmes auront accès à plus de protocoles», résume la chirurgienne-oncologue, rappelant que la recherche a des impératifs de résultats rapides.

Une femme engagée

C'est Susan McPeak qui a eu l'initiative, avec son conjoint, de cette union des forces, elle qui a eu accès à un traitement [de chimiothérapie] de pointe dans le cadre de sa participation à un protocole de recherche en 2001, alors que ses chances de survie étaient évaluées à moins de 40 %, son cancer étant métastasé dans le système lymphatique. 

«Je me suis rendu compte à quel point on était chanceuses au Québec d'avoir accès à des protocoles, et j'ai décidé de m'impliquer», explique Mme McPeak, qui a auparavant consacré beaucoup de son temps pour la cause du cancer du sein en donnant des conférences et en participant à des documentaires, par exemple. Susan McPeak a également raconté son expérience dans un livre intitulé Tu n'es pas seule

«Je ne me suis jamais sentie comme un cobaye en acceptant de participer à un protocole de recherche, et c'est important que les femmes ne le voient pas comme ça», insiste Mme McPeak, qui a fait l'objet d'un suivi médical serré pendant plusieurs années. «Aujourd'hui, je suis libre comme l'air, ça fait quatre mois que je ne prends plus aucune médication», se réjouit-elle.

Évidemment, toutes les femmes n'ont pas accès aux protocoles de recherche, rappelle la Dre Louise Provencher. «Il faut être éligible, et toutes ne sont pas éligibles parce qu'il y a plusieurs sous-types de cancer du sein», précise celle qui voue une grande admiration à ces femmes qui acceptent «avec générosité» de participer à l'avancement de la recherche clinique.

Car sans leur précieux concours, les traitements contre le cancer du sein (et leur taux de réussite) ne seraient pas ce qu'ils sont aujourd'hui, souligne la Dre Provencher, qui se souvient de l'époque pas si lointaine où les femmes atteintes d'un cancer du sein devaient presque systématiquement subir une mastectomie totale et l'ablation des ganglions, par exemple.

Si tout va bien, le Groupe McPeak-Sirois pourrait obtenir ses premiers protocoles au printemps.

De l'importance de la recherche

Plus de 6000 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein cette année au Québec, et 1 femme sur 9 risque d'en avoir un au cours de sa vie. Le taux de mortalité associé à la maladie a diminué grâce à de meilleures techniques diagnostiques et à l'apparition de traitements plus efficaces, mais 1 femme sur 30 risque encore d'en mourir (1350 femmes cette année au Québec).  

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