Le cancer de l'ovaire, ce tueur silencieux

Francine Cryans de Québec a survécu au virulent... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Francine Cryans de Québec a survécu au virulent cancer de l'ovaire, qui fait 1700 victimes par année au pays.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Francine Cryans a survécu au cancer de l'ovaire, et elle se sait chanceuse. Parce que la tumeur est souvent découverte tardivement, les chances de survie au-delà de cinq ans sont minces. Pour Mme Cryans, l'espoir de meilleurs pronostics réside dans la sensibilisation, la prévention et, surtout, la recherche.

La résidente de Québec, qui se plaignait depuis 2004 de maux de ventre et de fatigue, a été diagnostiquée et opérée en février 2007 à l'âge de 65 ans. Après six traitements de chimiothérapie, Francine Cryans a eu raison de la maladie. «J'ai vraiment été chanceuse parce qu'on a m'a pris à temps et que mon cancer était seulement de stade 2», explique Mme Cryans, qui doit aussi sa chance au fait que son ovaire s'était «enkysté», empêchant la formation de métastases dans les ganglions et les tissus avoisinants, selon ce que lui aurait expliqué son médecin.

Mais toutes les femmes n'ont pas la chance de Mme Cryans. Cette année, 2800 Canadiennes recevront un diagnostic de cancer de l'ovaire, et 1700 en mourront. Si les chances de survie sont faibles, c'est parce que le diagnostic est souvent tardif, explique en entrevue le Dr Walter Henri Gotlieb, professeur d'obstétrique et de gynécologie à l'Université McGill.

«Les symptômes [saignement vaginal anormal, masse qu'on peut sentir au toucher, besoin d'uriner souvent et de façon urgente, constipation, problèmes digestifs, ballonnement, fatigue, douleur ou pression dans la région pelvienne ou abdominale, par exemple] n'apparaissent qu'une fois que la tumeur pousse sur les organes environnants. Même à un demi-centimètre ou à un centimètre, le plus tôt qu'elle peut être découverte, la tumeur est déjà fort avancée», précise le spécialiste.

Le problème, dit-il, c'est que le cancer de l'ovaire a de l'espace pour grandir avant d'entraîner des symptômes. «Et comme l'ovaire n'est pas innervé [parcouru de nerfs], il n'y a pas de douleur associée quand le cancer se développe dans l'ovaire», ajoute le Dr Gotlieb, selon qui il n'existe aucune façon de détecter précocement ce type de cancer.

Reste donc la prévention, c'est-à-dire l'ablation des ovaires et des trompes de Fallope chez les patientes à haut risque. Par patientes à haut risque, on entend celles qui ont un historique familial de cancer de l'ovaire ou qui sont porteuses du gène BRCA, un gène peu fréquent aussi impliqué dans le cancer du sein.

Nouveau traitement

Dernièrement, Santé Canada a approuvé un nouveau traitement biologique, Avastin, pour le cancer de l'ovaire. Donné en combinaison avec la chirurgie et la chimiothérapie, il augmenterait les chances de survie de trois ou quatre mois, en moyenne. «C'est un médicament à base moléculaire qui bloque les petits vaisseaux dont le cancer a besoin pour grandir, ce qui augmente la période sans maladie après la chimiothérapie», explique le Dr Gotlieb, conscient toutefois des limites du traitement, qui ne guérit pas.

D'où l'importance d'investir dans la recherche, ajoute le spécialiste. «Ce traitement [Avastin], c'est un pas dans la bonne direction. Il faut investir dans la recherche, dans la médecine moléculaire, de précision, pour comprendre comment combattre le cancer de l'ovaire et offrir aux femmes atteintes de vraies chances de survie. C'est la voie à suivre, c'est de là que va venir la solution», croit le DrGotlieb.

Sensibilisation

C'est aussi ce que pense Francine Cryans, qui s'implique aujourd'hui dans le groupe Ovaire espoir, qui offre de l'écoute et du support aux femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire. «C'est sûr qu'il faut investir dans la recherche, mais il faut aussi, comme femme, être vigilante. Il faut savoir écouter notre corps et consulter quand les symptômes s'aggravent», dit Mme Cryans, qui n'est pas porteuse du gène BRCA et dont l'historique familial ne faisait état d'aucun cancer du sein ou de l'ovaire lorsqu'elle a été diagnostiquée.

«Avant, ce cancer-là frappait surtout les femmes ménopausées, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui, alors qu'on voit de plus en plus de femmes jeunes qui ont la maladie», se désole Mme Cryans, qui invite les médecins à être plus réceptifs lorsque leurs patientes se plaignent de symptômes pouvant évoquer ceux du cancer de l'ovaire.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer