La vasectomie pourrait être exclue du régime public

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Invité à plusieurs reprises en commission parlementaire à donner des cas précis d'abus dans la facturation de frais accessoires, abus que son gouvernement promet de faire disparaître, le ministre Barrette a fini par citer celui de «la vasectomie à 300 $». «On sait que ça ne coûte pas ça», a dit le ministre, sans pour autant préciser ce qui serait selon lui le juste prix à payer.

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(Québec) La vasectomie doit-elle être payée par le régime public? Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a soulevé la question en commission parlementaire, mardi, laissant présumer qu'il réfléchissait à la possibilité d'exclure cette intervention du panier de services.

Le ministre de la Santé était en train de répondre à une question de la députée de Duplessis, la péquiste Lorraine Richard, sur les frais accessoires lorsqu'il lui en a retourné une : «La vasectomie, est-ce que ça doit être payé par le public? [...] Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle spermatozoïdes?» a demandé le ministre Barrette, tout en précisant qu'il ne faisait que poser une question, «pas donner une opinion».

«C'est une question que je pose ici, juste comme ça. C'est ça, des vrais choix», a dit M. Barrette. Juste avant, le ministre avait déclaré qu'il fallait «faire des choix dans notre contexte budgétaire» pour maintenir les services publics «les plus médicalement requis».

Le Soleil a tenté d'en savoir plus mardi sur les intentions du ministre, sans succès. Celui-ci n'était pas disponible pour une entrevue, a fait savoir son attachée de presse, Joanne Beauvais, selon qui M. Barrette n'a fait que citer «un exemple».

Invité à plusieurs reprises en commission parlementaire à donner des cas précis d'abus dans la facturation de frais accessoires, abus que son gouvernement promet de faire disparaître, le ministre Barrette a fini par citer celui de «la vasectomie à 300 $». «On sait que ça ne coûte pas ça», a dit le ministre, sans pour autant préciser ce qui serait selon lui le juste prix à payer.

En avril, le Journal de Montréal rapportait que la vasectomie, qui a toujours été couverte par la Régie de l'assurance maladie du Québec, n'était plus une opération suffisamment payante pour les médecins (omnipraticiens et spécialistes) dans le régime public (la vasectomie se fait souvent en cabinet), et que plusieurs pourraient cesser d'en faire, ou s'en aller dans le privé.

Le président de l'Association des urologues du Québec, le Dr Serge Carrier, ajoutait que des urologues pourraient aussi être tentés de faire plus de vasectomies à l'hôpital pour ne pas avoir à débourser pour des frais accessoires (bureau, infirmière, produits et médicaments), mais que cela coûterait «beaucoup plus cher au système». «Je ne pense pas que ce soit gagnant», disait-il au Journal.

Ni le Dr Carrier, ni le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin, n'avaient répondu à nos demandes d'entrevue au moment d'écrire ces lignes.

Sous-amendement rejeté

Plus tôt en matinée, mardi, le sous-amendement déposé par la députée péquiste Diane Lamarre visant à inclure les frais accessoires dans la rémunération des médecins a été rejeté. «Il serait possible d'aller chercher les 50 millions $ [la somme que les patients devront payer chaque année en frais accessoires] dans les 7 milliards $ qui sont actuellement accordés aux médecins. Ces frais-là, ce n'est pas aux patients de les payer, c'est déjà inclus et ça doit être inclus dans l'enveloppe des médecins», a réitéré Mme Lamarre, en vain.

La députée de Taillon a aussi proposé qu'on optimise l'usage des équipements médicaux des hôpitaux avant de payer pour du matériel à la fine pointe de la technologie dans les cabinets et les cliniques privées. «On peut utiliser ces équipements le soir et la fin de semaine, pas juste entre 8h et 16h, plutôt que de charger aux patients des frais accessoires pour payer des équipements modernes dans les cliniques privées. Ce serait une utilisation maximale des ressources», a plaidé Mme Lamarre.

Une proposition aussitôt rejetée par le ministre Gaétan Barrette, qui a rappelé qu'une augmentation de services dans les hôpitaux les soirs et les fins de semaine se traduirait nécessairement par une augmentation de coûts.

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