Une clinique sans médecin performante... et menacée

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, était... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, était de passage à la clinique gérée par la Coopérative de solidarité SABSA pour son premier, et peut-être seul, anniversaire.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) S'il est d'avis que les infirmières auront un plus grand rôle à jouer dans le système de santé, le ministre Gaétan Barrette n'est pas prêt à leur confier une clinique comme celle gérée par la Coopérative de solidarité SABSA, en basse ville de Québec, qui montre pourtant des résultats prometteurs.

La Coopérative SABSA, une clinique de santé sans médecin fonctionnant avec une seule infirmière praticienne à temps plein, pourrait cesser ses activités le 1er mai prochain, faute de financement.

Craignant de devoir fermer le service, qui profite à une clientèle plus vulnérable et dont la majorité n'a pas accès à un médecin de famille, l'organisation a vanté son impact immédiat dans la communauté, mardi, le jour de son premier et peut-être unique anniversaire.

De son entrée en vigueur le 6 octobre 2014 au mois de septembre dernier, 2800 consultations ont été réalisées à la clinique située sur le boulevard Charest, dans le quartier Saint-Roch. Sur le lot, 95 % des cas ont été réglés directement à la clinique par l'infirmière praticienne en soins de première ligne, sans l'intervention d'un médecin.

Une infirmière praticienne gagne de 51 000 $ à 93 000 $, alors que le salaire d'un omnipraticien est d'en moyenne 300 000 $.

Le projet-pilote, financé par la Fédération interprofessionnelle en santé du Québec (FIQ), est suivi par des chercheurs de l'Université Laval et de l'Université de Montréal. Selon un rapport préliminaire publié en septembre, la clinique peut générer des économies de 119 000 $ par année au système de santé québécois seulement en soins médicaux non facturés.

Malgré ces constats optimistes, le ministre Gaétan Barrette n'a pas l'intention de soutenir le projet puisqu'il ne cadre pas dans le programme de financement des cliniques, qui oblige la présence d'un médecin pour orienter les soins. L'enveloppe est réservée aux Groupes de médecine familiale (GMF) et aux supercliniques.

Pas de 3e type de cliniques

«Il y a déjà les groupes de médecine familiale et [les supercliniques]. On ne créera pas un troisième type de cliniques», a tranché hier l'attachée de presse du ministre, Joanne Beauvais.

Ce refus de M. Barrette d'offrir son soutien traduit un manque de volonté politique, croit le député solidaire Amir Khadir.

Invité à visiter la clinique, mardi, il a accusé le gouvernement d'être influencé par une minorité de médecins plus «mercantiles, bien représentés dans le pouvoir» et qui «ont besoin ce que ça aille mal» dans le système public.

«Si ça se répand [les cliniques d'infirmières], le danger pour certains est qu'une partie de l'enveloppe qui va actuellement aux médecins va forcément aller ailleurs», a-t-il affirmé. Invitée à réagir, Joanne Beauvais a rétorqué que le ministre de la Santé n'était pas insensible aux effets positifs démontrés par la Coopérative SABSA. Elle a du même souffle laissé sous-entendre que d'importants changements étaient sur le point de survenir dans la séparation des tâches entre les infirmières et les médecins.

«[Les infirmières] vont avoir une place [dans le réseau]. Il y a des annonces qui vont se faire en ce sens», a affirmé Mme Beauvais, sans en dévoiler la nature. Hasard ou non, les libéraux ont convoqué la presse à l'Assemblée nationale mercredi, à 14h. Le ministre de la Santé et la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, feront une annonce «concernant les services professionnels dans le domaine de la santé».

Indépendance souhaitée

Indépendamment de ce qu'annoncera le gouvernement, l'équipe de la Coopérative SABSA vise, dans le meilleur des mondes, à conserver son indépendance, même si elle est prête à relever du CIUSSS de la Capitale-Nationale pour obtenir du financement.

La petite équipe de direction a réussi à passer au travers de la première année du projet-pilote à l'aide de 250 000 $, dont 150 000 $ provenait de la FIQ. Les 100 000 $ restants sont venus des poches de Desjardins et d'une campagne de financement autonome.

Si elle n'obtient pas de subventions, la coop reprendra ses activités de base, soit d'offrir des suivis pour les personnes vivant avec le VIH-sida et l'hépatite C. Les dossiers de consultation seraient conservés.

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