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Le nickel à Limoilou représente un faible risque estime la Santé publique

Le nickel qui flotte dans l'air de Limoilou... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le nickel qui flotte dans l'air de Limoilou représente un faible risque pour la santé des citoyens, selon le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, François Desbiens, et la Dre Caroline Huot.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le nickel qui flotte dans l'air de Limoilou représente un faible risque pour la santé des citoyens, confirme le directeur de santé publique (DSP) de la Capitale-Nationale, François Desbiens. Dans un nouvel avis complémentaire de santé publique, même les possibilités de souffrir d'asthme et d'allergies sont pratiquement réduites à néant.

Annoncé l'an dernier, ébruité en juillet, puis promis pour le mois d'août, l'avis aura finalement été rendu public à quelques jours d'octobre. 

C'est la Dre Caroline Huot qui avait le mandat d'évaluer les risques pour la santé associés à l'exposition au nickel dans l'air ambiant. Elle a utilisé les concentrations mesurées en 2014 à la station d'échantillonnage des Sables, exploitée par le ministère de l'Environnement. Neuf mesures de 24 heures sur un total de 173 dépassaient la norme du Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère (RAA). 

Comme en 2013, année de la première publication sur le sujet, les risques de cancer sont considérés comme faibles. On parle d'un cas sur 100 000 personnes, l'équivalent de la population de Limoilou. Et cela après une exposition de 70 ans. Les risques de maladies cardiaques ou de maladies pulmonaires graves, comme l'asthme et la bronchite chronique, sont aussi jugés faibles. 

«Les valeurs mesurées en 2014 à Limoilou sont de 160 à 1000 fois inférieures aux concentrations auxquelles les effets d'une exposition aigüe au nickel ont été observés dans les études», peut-on lire dans l'avis d'une quarantaine de pages. 

La Dre Huot calcule ainsi que la reproduction et la grossesse ne devraient pas être affectées même si la dose ingérée ne peut être mesurée précisément. Même la dermatite de contact, appelée communément «allergie de peau», serait peu probable considérant les quantités en jeu.

Pourtant, cet été encore, le Dr Desbiens évoquait lui-même des réactions allergiques ou de l'asthme chez des personnes prédisposées. En 2013, il parlait d'«effets réels» sur la santé. Que reste-t-il de ces inquiétudes? «Rien», a admis la Dre Huot à la lumière de ses recherches. 

Le DSP a toujours l'intention d'étudier l'effet des autres polluants présents dans l'atmosphère de Limoilou et affirme avoir commencé l'analyse des données fournies par le ministère de l'Environnement. 

Il demandera à ses partenaires du Comité intersectoriel sur la contamination environnementale dans l'arrondissement La Cité-Limoilou, notamment la Ville de Québec et le Port de Québec, de fournir des informations complémentaires et d'établir un échéancier. Si ce chantier a tardé, c'est une question de «mobilisation» et non d'argent, selon le Dr Desbiens.

Le DSP a aussi formulé dans son plus récent avis cinq recommandations pour améliorer la qualité de l'air dans Limoilou. Aux entreprises, dont le Port de Québec et son locataire principal Arrimage Québec, il demande d'«utiliser les bonnes pratiques de manutention, d'entreposage et d'autres utilisations du nickel» et de recourir aux technologies disponibles pour en minimiser le largage. Au ministère de l'Environnement, il demande de «surveiller l'émission de polluants à la source, mais également près des quartiers habités». À tous, il suggère de partager leurs données. Lui-même se chargera de suivre l'efficacité des mesures préventives. 

Véronique Lalande «dégoutée»

Véronique Lalande, porte-parole de l'Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec, s'est dite «dégoûtée», mardi, par le rapport présenté par le DSP. Son groupe demande depuis longtemps un portrait de «l'ensemble des impacts pour l'ensemble de la population» et non une étude ciblée sur le nickel, a-t-elle rappelé.

Mme Lalande s'indigne également du fait que les spécialistes de la Santé publique aient procédé à une analyse qui demeure très théorique. «Ils ne sont jamais venus sur le terrain pour rencontrer les citoyens», accueillir leurs doléances et vérifier leurs dires, bref «comprendre la problématique» des poussières, a-t-elle fait valoir.

Son groupe ainsi que trois conseils de quartier de la basse ville sont conviés à une présentation du rapport dans les prochains jours, mais il n'y a pas de rencontre grand public au calendrier.

Le maire de Québec, lui, a réagi avant même la conférence de presse officielle. «Je pense qu'on le savait déjà. La direction de la santé publique, juste avant les vacances d'été, avait dit que tout ça avait été nettement exagéré et que c'était aussi de la désinformation», a commenté Régis Labeaume. «Mais il faut qu'on soit nickel zéro et c'est un problème dont on va s'occuper», a-t-il ajouté. 

Manque de données

Le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale demande au ministère de l'Environnement d'augmenter le nombre de stations d'échantillonnage dans la ville de Québec afin de mesurer plus efficacement la pollution atmosphérique. Seulement deux stations sont toujours opérationnelles, incluant Des Sables à Limoilou. «Il faudrait qu'il y en ait davantage au pourtour des résidences, mieux disposées, pour pouvoir avoir une meilleure idée de l'ensemble de l'exposition» aux contaminants, a déclaré mardi le Dr François Desbiens. Son équipe aimerait aussi mettre la main sur les données compilées par le Port de Québec et Arrimage Québec, qui ont développé leur propre réseau de stations d'échantillonnage à l'intérieur comme à l'extérieur des limites portuaires. Une demande en ce sens leur a été faite. «Ça va bien dans les discussions, mais on n'a pas encore reçu les informations», a indiqué Dr Desbiens. Marie-Andrée Blanchet, porte-parole de l'Administration portuaire de Québec (APQ), a laissé entendre mardi que l'organisation avait elle-même proposé de partager ses données. «Les discussions vont bon train», a-t-elle confirmé. 

Avec Simon Boivin

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