Santé mentale: des listes d'attente réduites artificiellement, accuse l'APTS

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Le problème est plus criant à Montréal, où 36 000 personnes se trouvent sur une liste d'attente. Québec (8300 personnes) et la Montérégie (7800 personnes) font aussi mauvaise figure.

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La Presse Canadienne
Montréal

Des gestionnaires utilisent des subterfuges pour diminuer artificiellement la longueur des listes d'attente dans certains secteurs du réseau de la santé et ainsi faire bonne figure devant leurs supérieurs au ministère de la Santé.

C'est du moins ce que prétend l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui représente quelque 32 000 employés, notamment les travailleurs sociaux, psychologues, ergothérapeutes et orthophonistes du réseau public.

Selon l'APTS, ce sont surtout les secteurs des services à domicile et de la santé mentale qui sont touchés par ce phénomène, qui se serait amplifié depuis la création des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

Certains CISSS auraient complètement aboli les listes d'attente en santé mentale, selon le syndicat, en obligeant les psychologues à traiter leurs patients en thérapie de groupe, plutôt qu'en sessions privées, sans égard à leur diagnostic.

«De cette façon-là, on est plus productif, relève Stéphane Léger, vice-président de l'APTS. Mais j'appelle ça de la pseudo-performance. On a l'air plus productif sur papier, mais est-ce qu'on donne une bonne qualité de soins aux clients?

«Dans certains cas, c'est non. Mais on a de belles statistiques et on peut ainsi respecter les normes d'attente quant au temps d'accès», ajoute-t-il.

Ces balises sont fixées par le ministère. Elles établissent un délai maximal de 30 jours d'attente pour des soins de première ligne en santé mentale et de 60 jours pour les soins de deuxième ligne. Des attentes irréalistes avec les ressources en place, croit le syndicat.

Pour respecter les attentes gouvernementales, certains gestionnaires joueraient donc avec les règles. «Un patient ne devrait pas attendre plus de 30 jours, alors on le fait disparaître», illustre M. Léger.

Une autre astuce qui aurait été mise au jour par l'APTS consisterait à imposer aux travailleurs sociaux de prendre en charge tous les nouveaux patients qui se présentent, même s'ils n'ont aucun temps à leur consacrer.

«Le patient croit qu'il est pris en charge, mais il n'y pas d'intervention qui va se faire avant peut-être quelques semaines», explique M. Léger. Des situations qui mettent beaucoup de pression sur les professionnels du réseau de la santé et qui les placeraient même, dans certains cas, dans des situations de fautes déontologiques, estime l'APTS.

Selon le syndicat, ces pratiques existaient déjà avant l'implantation des CISSS, mais elles se seraient intensifiées au printemps dernier.

«Depuis l'implantation de projet de loi 10, il y a une espèce de compétition entre les cadres pour démontrer qu'ils sont vraiment performants, donc qu'ils respectent les balises», observe M. Léger.

Pour contrer ce phénomène, l'APTS lance une campagne intitulée «Listes d'attente cachées - Le presto va sauter». Le syndicat mènera une enquête nationale sur la «gestion trompeuse» des listes d'attente et demande à tous ses membres de dénoncer le maquillage des listes d'attente dans leur milieu de travail sur le site leprestovasauter.org.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, dit attendre des preuves tangibles de l'existence de ce phénomène avant de prononcer. Dans une déclaration écrite soumise par son attachée de presse, M. Barrette a déclaré qu'«il importe que la gestion des listes d'attente ne se fasse pas avec des ajustements cosmétiques mais par un réel contact avec les patients».

Il ajoute que la loi 10 a accru l'imputabilité des gestionnaires et que le projet de loi 20 sur l'accès aux soins de santé - qui est présentement débattu en commission parlementaire - va améliorer «la fluidité dans l'accès aux spécialistes».

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