Pharmacies de Québec: des heures réduites imputées aux coupes

Les récentes compressions budgétaires du gouvernement ont forcé... (Le Soleil, Baptiste Ricard-Châtelain)

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Les récentes compressions budgétaires du gouvernement ont forcé les pharmaciens propriétaires à réduire leurs heures d'ouverture. C'est le cas de la pharmacie Hébert Ferlatte de la rue Montmagny, dans Saint-Sauveur.

Le Soleil, Baptiste Ricard-Châtelain

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(Québec) Les prospères pharmaciens propriétaires Yves Ferlatte et Pierre-Yves Hébert ont tronqué les heures de service dans 5 des 18 établissements de leur groupe. Une conséquence directe de la diminution d'honoraires imposée par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, attaquent-ils.

«Les coupures majeures du gouvernement nous forcent à réduire nos heures.» L'avertissement est encadré de rouge et affiché dans la porte d'une pharmacie de la rue Montmagny, dans le quartier Saint-Sauveur. Dessous, les nouvelles heures d'ouverture comprimées depuis déjà quelques semaines.

Au bout du fil, le pharmacien homme d'affaires Yves Ferlatte en ajoute une couche : «Avec toutes les coupes qu'il y a eu en pharmacie, on a dû revoir toutes les dépenses pour faire face aux compressions dans les honoraires des pharmaciens.» Pour équilibrer le budget, les soirées moins lucratives ont été retranchées. La clientèle perd autour de 10 % d'accès, évalue-t-il sommairement. «On va livrer nos services de façon différente.»

Et M. Ferlatte assure que plusieurs autres propriétaires ont fait de même : «Beaucoup de pharmacies au Québec ont passé à l'action. Beaucoup.»

Coupe de 130 millions $

Au nom de l'austérité budgétaire, Québec a annoncé que les pharmaciens propriétaires devraient se priver d'environ 130 millions $ par année. Plus ou moins 100 000 $ de réduction par commerce, avait évalué leur association nationale.

Un chiffre répercuté par M. Ferlatte pour justifier la baisse du service : «Chez l'ensemble des pharmaciens au Québec, ça a provoqué l'analyse des dépenses. Écoutez, du jour au lendemain, on coupe en moyenne 100 000 $ d'honoraires dans les pharmacies au Québec.»

C'est vraiment une conséquence de la contraction budgétaire du ministre de la Santé? «C'est ce qui a provoqué l'analyse finale, oui.»

Yves Ferlatte explique qu'il est préférable que les pharmacies soient ouvertes le plus longtemps possible chaque jour puisqu'on ne sait pas quand un patient se présentera pour exécuter une ordonnance ou demander un conseil. «On est en première ligne. [...] Donc, c'est pour ça qu'on a des heures d'ouverture relativement étendues.»

Il convient cependant que le gouvernement a également annoncé que les pharmaciens pourront désormais accomplir de nouveaux actes, dont certains seront rémunérés : prescrire des médications simples, prolonger une ordonnance, modifier la dose au besoin... «Mais ça ne compense pas [les compressions]», calcule Yves Ferlatte.

«C'est une très bonne nouvelle, mais c'est paradoxal; on nous demande d'en faire plus avec moins de ressources financières.»

Les pharmaciens pourraient donc se tourner vers l'industrie du médicament pour leur verser de plus grosses ristournes sur les ventes de produits génériques, dit-il. Le gouvernement québécois a accepté de déplafonner les ristournes, qui étaient limitées à 15 % des montants versés à la caisse par les patients et leurs assurances. Ces quotes-parts peuvent servir à payer le personnel, de la formation, des équipements...

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