Une valve porcine dans le coeur à 15 ans

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Charles-Antoine Baillargeon (deuxième à droite) en compagnie de son frère Pierre-Olivier et de ses parents Nathalie Thibault et Claude Baillargeon

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Né avec une malformation cardiaque, Charles-Antoine Baillargeon, 15 ans, peut maintenant entamer une vie d'adulte normale grâce à la greffe d'une valve de porc à son coeur.

Trois semaines après sa sortie de l'hôpital, à la suite d'une opération à coeur ouvert de plus de 10 heures, le 9 juillet, Charles-Antoine est en parfaite forme. Celui qui courait moins vite que les autres en éducation physique, par exemple, pourra bientôt avoir autant de souffle que ses camarades de classe. 

L'ayant déjà conduit à la table d'opération à deux reprises, à trois mois et demi et à onze mois, ses parents appréhendaient encore une fois cette épreuve. «Je me disais : "On ne va pas vers une opération, on va lui sauver la vie, c'est juste ça."», raconte sa mère, Nathalie Thibault. Et lorsque les émotions l'ont rattrapée, c'est Charles-Antoine qui lui a tenu la main, avec un grand sourire. «Lui, il n'avait pas peur du tout», lance sa mère.

Peu bavard, l'adolescent raconte que tout s'est bien passé, que c'était seulement «long», lui qui a «dormi» pendant deux jours aux soins intensifs. 

Remplacer dans 10 à 15 ans

Et qu'il ait une valve de porc dans le coeur importe peu à toute la famille, pourvu que la solution trouvée lui garantisse la santé. Enfin, il est conscient que cette valve a une durée de vie limitée et qu'elle devra être remplacée dans 10 ou 15 ans. 

Charles-Antoine avait cinq malformations cardiaques quand il est né, dont la tétralogie de Fallot, une anomalie congénitale. On avait dit aux parents qu'ils avaient seulement une chance sur 50 d'avoir un deuxième enfant avec le même problème. «C'était sûr pour nous autres qu'on allait enfin avoir un enfant correct», dit M. Baillargeon. 

Les probabilités en ont décidé autrement, et Pierre-Olivier, 13 ans, est né avec la même anomalie, détectée cette fois à l'échographie. L'enfant a vécu quatre mois avant de pouvoir être opéré. «C'était un bébé qu'il ne fallait pas laisser pleurer, parce qu'il devenait bleu», raconte M. Baillargeon. Pierre-Olivier devra lui aussi être opéré à la fin de l'adolescence, afin que lui soit greffée une nouvelle valve cardiaque.

Lors de ces deux accouchements, les premiers moments à l'hôpital ont été source d'angoisse. «La Fondation En Coeur nous avait donné une petite couverture pour Charles-Antoine, c'est le premier cadeau qu'on avait eu. Les amis qui amènent un petit pyjama, ils n'osaient pas...» raconte Mme Thibault. 

Un petit réconfort, mais qui a fait beaucoup de bien à l'époque aux jeunes parents. Aujourd'hui, Claude Baillargeon et Nathalie Thibault redonnent au suivant en participant aux collectes de fonds pour la Fondation et en prêtant une oreille attentive aux parents qui vivent les mêmes problèmes qu'eux. «C'est naturel, pour nous», explique M. Baillargeon. «On a été chanceux, quand même, dans notre aventure», ajoute Mme Thibault, qui raconte qu'en dehors des suivis à l'hôpital, la petite famille vit tout à fait normalement.

Pallier le manque de tissus humains

Charles-Antoine se retrouve aujourd'hui avec une valve porcine au coeur parce que les dons de tissus humains sont difficiles à faire et ne sont pas suffisants pour opérer tous ceux qui ont de tels besoins. La docteure Christine Houde, cardiologue pédiatre au CHUL, raconte que la valve de son patient Charles-Antoine a été recréée à partir de l'enveloppe du coeur d'un cochon par une compagnie pharmaceutique. «Ça fait partie de notre arsenal de méthodes pour répondre aux problèmes cardiaques», explique la médecin. La xénogreffe (à partir du cochon, surtout, dont la génétique ressemble beaucoup à celle de l'humain) existe depuis une vingtaine d'années. Mais, comme ces tissus ne sont pas «vivants», comme l'est un organe entier qui est greffé à un patient, ils s'usent avec le temps et ont besoin d'être remplacés. La recherche offre toutefois un espoir intéressant : que des valves cardiaques puissent être recréées à partir des cellules mêmes du patient. «Quand on opère un bébé pour la première fois, on pourrait prendre une partie de son péricarde (enveloppe du coeur). On pourrait espérer que la valve recréée avec ça ne se détériorerait pas», explique la Dre Houde, tout en affirmant que cette nouvelle méthode n'a pas encore fait ses preuves.  

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