Médicaments anticancéreux: le Québec en «retard» sur les autres provinces

Le Xofigo est un médicament contre le cancer... (Photo Bayer)

Agrandir

Le Xofigo est un médicament contre le cancer de la prostate fabriqué par Bayer.

Photo Bayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Même si elle se réjouit de l'ajout du Perjeta (sein) et du Xofigo (prostate) à la liste des médicaments anticancéreux au Québec, la Coalition Priorité Cancer pointe du doigt le «retard» que le Québec est en train d'accumuler dans l'acceptation de nouveaux médicaments.

«On dénonce souvent l'iniquité entre les provinces pour ce qui est des médicaments contre le cancer, parce que les Québécois ont souvent accès à moins de médicaments de pointe que les autres Canadiens», soutient Nathalie Rodrigue, présidente de la Coalition Priorité Cancer. «Il me semble que lorsque quelqu'un est malade et qu'il a payé des impôts toute sa vie, il est en droit de s'attendre au meilleur traitement», argumente-t-elle. 

De nombreux médicaments anticancer attendent sur les listes d'étude de l''Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS). Depuis 2011, Mme Rodrigue remarque que plusieurs médicaments sont acceptés pour leur valeur pharmacologique, mais refusés sur une base pharmacoéconomique. Ce qui revient à dire que l'INESSS soutient qu'ils coûteraient trop cher à la société québécoise pour les bénéfices apportés à un petit nombre de patients. 

«Souvent, le ministre [Réjean] Hébert ou le ministre [Yves] Bolduc ne tenait pas compte des recommandations de l'INESSS et acceptaient le médicament quand même. Le ministre [Gaétan] Barette, lui, a tendance à suivre les directives de l'INESSS», rapporte Mme Rodrigue. 

Pour des raisons budgétaires, donc, certains médicaments restent inaccessibles. «Dans le monde du cancer, on écope souvent de refus, parce que les molécules sont plus chères et ça touche moins de personnes», avance Mme Rodrigue. 

24 000
Canadiens (environ) recevront un diagnostic de cancer de la prostate en 2015
24 400
Canadiennes (environ) ont reçu un diagnostic de cancer du sein en 2014

Lorsqu'un médicament n'est pas pris en charge par l'État, les médecins peuvent faire des demandes d'exception pour certains patients. Mais comme il y a beaucoup de paperasse à remplir, ce ne sont pas tous les hôpitaux qui le font. «En plus des iniquités interprovinciales, on voit encore de nos jours des iniquités interrégionales. C'est ce qu'on déplore. On ne demande pas la lune, juste le même accès pour tout le monde!» lance Mme Rodrigue.

Consciente des coûts déjà galopants des médicaments au Québec - ceux contre le cancer ne faisant pas exception -, Mme Rodrigue propose de faire des achats en groupe avec les autres provinces canadiennes, question de faire baisser les coûts. Elle souhaite aussi que la loi 28, adoptée sous le bâillon au printemps, permette au ministre de la Santé Gaétan Barette de s'asseoir avec les entreprises pharmaceutiques pour négocier un partage des risques dans la conception de nouveaux médicaments.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer