Un VR de soins dans «le petit Népal»

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La clinique médicale SPOTse déploie dans six points de service à Québec. Une équipe de 7 médecins se relaient, en compagnie de quelque 85 étudiants de différentes facultés de l'Université Laval.

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(Québec) Un vendredi midi, avenue Claude-Martin. Dans ce secteur de Vanier baptisé «le petit Népal», en raison du millier d'immigrants de ce coin du monde qui y ont élu domicile, ceux-ci arrivent un à un, s'assoient sur le gazon, dans l'attente d'un rendez-vous avec l'équipe médicale venue à leur rencontre à bord de «la roulotte de soins» de la clinique SPOT.

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Uttam Shrestha sert d'interprète entre la clientèle népalaise et l'équipe médicale dela roulotte de soins SPOT.

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L'infirmière clinicienne Annie Bérubé, en compagnie de Khardga Thapa, originaire du Bhoutan

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À l'intérieur du motorisé, la Dre Josette Castel et l'infirmière clinicienne Annie Bérubé accueillent ces patients qui ne parlent pas français ou si peu. Un interprète, Uttam Shrestha, arrivé à Québec il y a cinq mois, assure le lien indispensable entre le visiteur et l'équipe soignante.

Alors que les gamins courent dans la rue et s'amusent à grimper dans les arbres, Khardga Thapa, 46 ans, un père de trois enfants, est le premier à se présenter à la clinique mobile. La rencontre nécessitera près d'une heure, traduction oblige. À l'issue de cet après-midi, neuf personnes au total auront été vues en consultation.

«Il faut connaître l'historique médical du patient, si ses symptômes existent depuis longtemps, s'il a eu des suivis médicaux, les médicaments qu'il prend... Il faut prendre le temps de démêler tout ça», explique la Dre Castel.

«Les problèmes varient beaucoup d'une personne à l'autre, ajoute Annie Bérubé. Des problèmes de toux, de peau, des cas de tuberculose parfois. Ils n'ont jamais vraiment eu de suivis médicaux, d'autant plus qu'ils ne savent pas où aller pour recevoir des soins.»

Lever les barrières

«Le petit Népal, c'est comme un village dans la ville, ajoute Nathalie Bouchard, coordinatrice de SPOT. C'est un autre visage de Québec. Or, contrairement aux autres clientèles qui fréquentent la roulotte, ailleurs en ville, comme les itinérants ou les toxicomanes, les gens ne sont pas seuls. Ils ont une famille, des enfants, un réseau social.»

À la roulotte de soins, l'accueil est inconditionnel, toujours chaleureux, ajoute-t-elle. «Il est important de sentir l'humanisme derrière les soins.»

Tous les vendredis, depuis le 29mai, le véhicule motorisé La Bohème, de la Société Saint-Vincent-de-Paul, s'installe dans Vanier, en alternance, selon la semaine, entre l'avenue Claude-Martin et l'organisme La Ruche Vanier, avenue Chanoine-Côté. Une façon de joindre une population immigrante souvent démunie face au système de santé, en raison de la barrière de la langue. La majorité de ces immigrants n'ont aucun médecin de famille; beaucoup, aucune carte d'assurance maladie.

«C'est l'une des particularités du projet SPOT, justement, de lever les barrières», explique Nathalie Bouchard. «S'ils vont à l'urgence, ils peuvent avoir accès à un interprète, mais ça peut être très long. Mais on s'entend que l'urgence, ce n'est pas la place où aller pour un suivi médical pour un problème d'asthme ou d'eczéma.»

Si, au début, un membre de la famille parlant français pouvait servir d'interprète, les responsables de la clinique mobile se sont vite rendu compte qu'un minimum de confidentialité était nécessaire, surtout lorsque le problème médical est complexe. D'où l'embauche d'un jeune travailleur social originaire du Népal, Uttam Shrestha, débarqué au Canada en 2010, après son mariage avec une Québécoise, en Inde.

«Il arrive que l'historique du patient est complexe, explique-t-il. Il y a des termes médicaux difficiles à traduire. Parfois, j'utilise l'anglais pour mieux me faire comprendre du médecin et de l'infirmière.»

Fondée en février 2014, la clinique médicale SPOT se déploie dans cinq autres points de service à Québec. Une équipe de 7 médecins se relaient, en compagnie de quelque 85 étudiants de différentes facultés de l'Université Laval. Au 31 mars dernier, quelque 400personnes avaient pu bénéficier d'une consultation. «Ce n'est pas tant le nombre qui compte que de permettre à ceux qui ont besoin de soins d'y avoir accès», termine Nathalie Bouchard.

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