Frais dans les cliniques médicales: le PQ dénonce Barrette

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La porte-parole du PQ en matière de santé, Diane Lamarre

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(Québec) Le Parti Québécois a vivement dénoncé, hier, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a fait part cette semaine de sa décision de baliser les frais chargés aux patients dans des cliniques médicales, soit pour des pansements, des examens, des anesthésiants et des gouttes pour les yeux. Ces frais représentent une somme de 50 millions $ par année.

La porte-parole de l'opposition officielle, Diane Lamarre, a accusé le ministre de faire un autre cadeau aux médecins spécialistes au détriment des patients en voulant normaliser les frais accessoires dans les cliniques.

«Si les médecins jugent que les sommes qu'ils reçoivent du gouvernement sont insuffisantes pour financer les appareils et les équipements dont ils ont besoin pour offrir des services de qualité et de pointe dans les cliniques privées, c'est à eux de les renégocier avec le gouvernement; les patients n'ont pas à payer pour ça», a-t-elle soutenu par voie de communiqué.

La députée de Taillon associe les frais accessoires à une hausse de taxes. De plus, elle estime que ces frais sont contraires à la loi et vont réduire l'accès aux soins. «Non seulement le ministre tente de banaliser le virage vers la privatisation dans lequel il entraîne notre système de santé public, mais, en plus, il minimise ouvertement le frein à l'accès aux soins qu'il s'apprête à imposer en normalisant la surfacturation, pourtant reconnue par tous comme étant contraire à nos lois», a affirmé Mme Lamarre. À son avis, le ministre officialise des «brèches improvisées et non réfléchies dans le régime public de santé».

En début de semaine, le ministre Barrette a affirmé qu'il n'avait pas les moyens de financer les cliniques médicales pour les frais accessoires chargés aux patients. «Est-ce que moi, j'ai les moyens de ramener dans le public toutes ces activités? La réponse à ça, budgétairement, c'est non. Maintenant, est-ce que je peux mettre en place une réglementation qui vient normaliser la situation, c'est-à-dire toute possibilité d'abus, et encadrer d'une façon très serrée le coût au patient et l'uniformiser? La réponse, c'est oui», a-t-il affirmé au quotidien Le Devoir. Le ministre a ajouté que ces frais ne seront permis que dans les cas où ils sont déjà existants.

Patients mécontents

Un nouveau groupe - l'Alliance des patients pour la santé - s'oppose à l'imposition de frais accessoires dans les cliniques médicales. «On n'est pas d'accord à des frais accessoires. Ce n'est pas vrai que les patients sont contents de ça. C'est parce que les patients sont découragés d'attendre qu'ils s'en vont dans une clinique privée. C'est parce qu'ils sont mal pris», a commenté le porte-parole de l'Alliance, Michel Roy.

Il croit que le ministre pourrait enlever ces frais en suivant de plus près les cliniques médicales. «Le Dr Barrette dit qu'il va régler les problèmes des abus. C'est certainement louable, mais ce que ne dit pas le ministre, c'est qu'actuellement le ministère de la Santé verse des centaines de millions de dollars aux cliniques privées et il y a zéro reddition de comptes.  Est-ce qu'il n'y aurait pas là des épargnes à faire pour enlever les frais accessoires?» a demandé M. Roy.

L'Alliance qui regroupe 25 organismes représentant 1,5 million de patients a demandé à faire partie du comité tripartite sur les frais accessoires.

Pour sa part, le Conseil pour la protection des malades estime que la décision du ministre Barrette est contraire à la loi canadienne sur la santé. «Quels que soient les stratagèmes gouvernementaux et réglementaires, la loi dit encore depuis 40 ans qu'on est supposés être soignés avec nos impôts. Des gouttes dans les yeux, un pansement qu'il faut changer, une injection, ça devrait toujours être couvert», a dit le président du Conseil, Paul Brunet.

La présence de frais va limiter l'accès aux soins, a-t-il ajouté. «Le patient qui n'a pas le moyen de payer le pansement, il n'ira pas dans une clinique. Le pansement va s'infecter, le patient va retourner à l'urgence», a-t-il dit.

À son avis, le ministre aurait dû utiliser une partie des économies de 220 millions $ de la réorganisation du réseau de la santé pour éponger les frais accessoires dans les cliniques médicales.

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