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Retraite des infirmières: la FIQ demande le retrait des coupes

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18 % de plus d'employés de l'État, dont des infirmières, ont demandé à prendre leur retraite.

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(Québec) La FIQ, qui représente la majorité des infirmières, demande au gouvernement Couillard de retirer ses demandes pour réduire les rentes de retraite. À défaut, on soutient que le départ massif à la retraite d'infirmières va créer une grande désorganisation dans les hôpitaux, les CHSLD et les CLSC.

«Si le gouvernement est responsable et qu'il ne veut pas créer un chaos dans le réseau de la santé pire qu'en 1997, il devrait retirer rapidement ses demandes, donner des indications claires sur des cibles pour qu'on puisse travailler à sécuriser l'ensemble de nos professionnelles en soins et éviter qu'elles prennent une décision précipitée», a affirmé, mercredi, au Soleil, le vice-président de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Daniel Gilbert.

De son point de vue, les informations publiées, mercredi dans Le Soleil, voulant que 18 % de plus d'employés de l'État, dont des infirmières, ont demandé à prendre leur retraite confirment les craintes d'une aggravation de la pénurie d'infirmières dans le réseau public de la santé au cours des prochains mois.

Selon M. Gilbert, la date de mise en vigueur du 1er janvier 2017 des modifications au régime de retraite proposées par le gouvernement est loin de rassurer les infirmières. «On leur dit d'attendre en 2016 avant de prendre une décision, de ne pas prendre une décision précipitée. Leur réponse est rapide. Elles ne veulent pas prendre ce risque», a-t-il affirmé.

À son avis, les infirmières craignent que le gouvernement impose les nouvelles conditions de retraite plus tôt. «Ce sont des risques que les membres connaissent et qu'elles ne veulent pas prendre. Elles ne veulent pas attendre que ce genre de scénario arrive et qu'elles voient amputer leurs rentes de retraite. On a déjà goûté dans le réseau de la santé à des décrets. On n'en est pas là en ce moment», a-t-il expliqué.

Négociation

Même si elle demande au gouvernement de retirer ses demandes pour réduire les rentes, la fédération syndicale ne ferme pas la porte à des changements.

«Les demandes du gouvernement sont trop drastiques. On récupère sur tout. Si le seul objectif est de faire passer l'âge de la retraite de 60 à 62 ans d'ici cinq ans, il y a des membres qui vont prendre une décision en conséquence et ça va calmer le jeu. Selon notre sondage [mars 2015], 51 % des 7500 membres interrogées nous disaient qu'elles pourraient reconsidérer leur décision de prendre leur retraite. Ce n'est pas banal. Ça permettrait au réseau de respirer, aux équipes de soins d'être beaucoup plus stables», a souligné le vice-président de la FIQ.

Selon M. Gilbert, le gouvernement doit indiquer clairement les cibles qu'il veut atteindre. Des mesures de transition pourraient être mises en place sur une période de cinq ans. «Si le gouvernement a l'intention de réduire le personnel, qu'il le dise ouvertement. S'il a l'intention, au niveau du régime de retraite, de mettre en place des mesures de transition pour atteindre un objectif dans cinq ans, six ans, qu'on nous l'indique. On va pouvoir travailler sur des propositions concrètes avec nos vis-à-vis», a-t-il affirmé.

Les modifications demandées par le gouvernement ont chamboulé la planification de la retraite de bien des professionnelles en soins. Celles qui ont travaillé à temps partiel risquent d'être grandement pénalisées.

«Comme nos professionnelles sont aussi des mères monoparentales bien souvent, elles ont aussi travaillé à temps partiel et bien souvent en fin de carrière, elles reviennent à temps complet dans le réseau pour pouvoir augmenter leurs rentes de retraite. On leur dit maintenant que ce ne sera plus sur une période de cinq ans, mais sur huit ans de salaire que le calcul de la rente se fera. Celles qui sont à la fin de leurs cinq ans ne voudront pas voir leur effort de revenir à temps complet disparaître parce qu'on ajoute trois années supplémentaires.»

Selon le sondage effectué en mars dernier pour le compte de la FIQ, environ 7500 infirmières partiront pour la retraite au cours de la prochaine année. On souligne que ces nombreux départs de professionnelles expérimentées entraîneront une augmentation des dépenses par une hausse des heures supplémentaires bien souvent obligatoire et le recours à des agences privées d'infirmières à un coût plus élevé.

Des dates de négociation entre la FIQ et le gouvernement sont prévues jusqu'à la fin du mois d'août.

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