Nouveaux actes des pharmaciens: «gardez vos reçus», dit l'Ordre des pharmaciens

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À compter de samedi, les pharmaciens pourront entre autres prescrire un médicament lorsqu'un diagnostic n'est pas requis ou pour certaines conditions mineures.

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(Québec) L'Ordre des pharmaciens invite les personnes qui bénéficieront des nouveaux actes délégués aux pharmaciens à compter de samedi prochain de conserver leurs reçus en vue d'un possible remboursement, si les négociations avec le ministre Gaétan Barrette ne sont pas terminées.

«Le remboursement arrivera quand il arrivera. On dira aux gens : gardez vos reçus et on verra», a affirmé, mardi au Soleil, le président de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Bertrand Bolduc.

La loi 28 adoptée sous le bâillon en avril dernier prévoit que les pharmaciens pourront exercer de nouvelles activités à compter du 20 juin. Or, il n'y avait toujours pas d'entente, mardi, entre le ministre de la Santé et l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) sur les honoraires des nouveaux actes. Le ministre Barrette pourrait décider de façon unilatérale des honoraires en présentant un règlement.

M. Bolduc ne se formalise pas de la possibilité que les pharmacies imposent des frais pour les nouveaux actes s'il n'y a pas d'accord avec le ministre. «Si le gouvernement oblige les pharmaciens à faire des actes gratuitement, ça n'arrivera pas. Il n'y a personne qui est obligé de travailler pour rien dans la vie. On espère que les pharmaciens vont pouvoir être rémunérés à la hauteur du service qu'ils offrent. Si le gouvernement ne veut pas couvrir, qu'il laisse les pharmaciens facturer», a-t-il affirmé.

«Ce que font les pharmaciens, ça coûte de quoi. Souvent, c'est l'assureur privé ou public qui couvre mais ils ne couvrent pas tout. Ce serait surprenant qu'ils couvrent tout de A à Z la première journée. Mais on souhaite que les gens utilisent les nouveaux services et qu'ils en réalisent la valeur. Ce sera pratique pour eux pour un service de qualité. Ils vont sauver du temps, des sous», a-t-il ajouté.

En cas de refus du gouvernement de permettre aux pharmaciens de charger des frais pour les nouveaux actes, le président de l'Ordre estime qu'une telle position poussera les pharmaciens à imposer des frais accessoires pour compenser.

M. Bolduc ne s'oppose pas à ce que les pharmaciens imposent des frais administratifs à l'avenir. «Les médecins omnipraticiens le font déjà. Ils ont une grille. Tant que ce n'est pas déraisonnable, il n'y a pas de problème», a-t-il dit.

Par ailleurs, le président de l'Ordre des pharmaciens se réjouit de l'entrée en vigueur samedi des nouveaux actes aux pharmaciens. «Enfin ça commence. La loi 41 sur les nouveaux actes a été adoptée en 2011. Ça fait quatre ans qu'on attend. Ça n'a pas de bon sens», a-t-il commenté.

Formation

Environ 7000 pharmaciens ont suivi une formation pour donner les nouveaux services. «Nous, on part la machine. On dit aux gens que ça va être disponible en pharmacie. On ne s'attend pas au début à ce qu'il y ait des files d'attente dans toutes les pharmacies. Ça va commencer tranquillement», a prédit M. Bolduc.

À compter de samedi, les pharmaciens pourront prescrire un médicament lorsqu'un diagnostic n'est pas requis ou pour certaines conditions mineures. Ils pourront prolonger ou ajuster une ordonnance. Ils auront aussi la possibilité de prescrire des analyses de laboratoire, de substituer un médicament en cas de rupture d'approvisionnement et d'administrer un médicament afin d'en démontrer l'usage approprié.

Des «frais Barrette» en vue dans les pharmacies

Des pharmacies envisagent d'imposer de nouveaux frais à leurs clients pour compenser les pertes de revenus occasionnées par les coupes de 177 millions $ que veut leur imposer le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Une liste de frais administratifs et de frais accessoires a été suggérée dernièrement aux pharmaciens en cas d'échec des pourparlers avec le ministre. Cette liste peut aussi s'apparenter à une mesure de pression dans les échanges entre l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires et le ministre.

«En raison des récentes coupures dans les honoraires professionnels imposées par le ministre Barrette, certains services que nous pouvions vous offrir gratuitement sont maintenant payants», peut-on lire sur l'affiche avec la photo du ministre de la Santé qui circule actuellement. Le document pourrait se retrouver bien en vue dans plusieurs pharmacies au cours des prochaines semaines.

On suggère des frais de 10 $ pour une liste complète de médicaments, l'envoi de la liste de médicaments à un médecin et l'envoi du profil de médicaments à un centre hospitalier. Les photocopies coûteront 1 $ par page. Pour l'envoi d'une télécopie pour un client, les frais seront de 2 $ par page. On recommande également des frais de 5 $ pour un appel interurbain et de 2 $ pour un reçu d'impôt détaillé.

Pour les personnes couvertes par des régimes privés, on propose de demander des frais de 15 $ par semaine pour la mise en pilulier. Une modification à un pilulier coûtera 20 $.

Les clients pourraient devoir débourser 5 $ à l'avenir pour une prise de tension artérielle et 10 $ pour une mesure de glycémie. Des frais de 45 $ sont suggérés pour l'enseignement de la cessation tabagique.

Actuellement, les propriétaires de pharmacies évaluent les possibilités d'imposer ces frais dans l'attente du résultat des pourparlers avec le ministre de la Santé.

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