Fabrication de peau humaine: à la recherche d'un processus efficace

Le Dr François Auger et son équipe du... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le Dr François Auger et son équipe du Laboratoire d'organogénèse expérimentale sont en mesure de fabriquer de la peau humaine en bonne quantité puis de la greffer sur de grands brûlés.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le rêve du malade, du blessé : entrer en salle d'opération pour se faire greffer un organe ou des tissus humains tout neufs, cultivés en labo à partir de ses propres cellules, et rentrer rapidement à la maison. Un rêve, encore.

«Tout ici est long!» constate le Dr François Auger, rencontré dans le Laboratoire d'organogénèse expérimentale (LOEX) qu'il dirige, derrière l'hôpital de l'Enfant-Jésus. Le temps qui s'étire, il connaît : son centre de recherche a célébré en fin de semaine dernière son 30e anniversaire. 

Quoique certains puissent se vanter du contraire, les scientifiques ont encore des croûtes à manger pour réussir à reproduire des foies ou des coeurs complets et fonctionnels, dit-il. La compétition internationale est forte et l'enflure serait courante : «Il ne faut pas exagérer.» Il y a loin de la production en série de pièces de rechange.

À Québec, ils sont maintenant 125 au LOEX; c'est pas mal plus que l'équipe de 4 employés du début, se remémore le Dr Auger. Et que cherchent-ils au juste? Déjà, ils sont en mesure de fabriquer de la peau humaine en bonne quantité puis de la greffer sur de grands brûlés qui seraient autrement condamnés. «On sauve des gens qui seraient littéralement voués à mourir. C'est 30 ans d'énormes efforts.» Il faudra maintenant accélérer le processus de culture.

On travaille aussi fort sur les yeux, sur la cornée. Les chercheurs de Québec réussissent à redonner la vue à certains patients dont un oeil a flanché, assure François Auger. D'autres équipes tentent de «cultiver» des valves cardiaques, de la graisse humaine, des vessies, du cartilage, des neurones même. Des organes qui auraient l'avantage d'être acceptés par l'organisme, puisque fabriqués à partir des cellules souches du patient. 

Espionnage

Ces travaux, les découvertes réalisées dans Limoilou, attirent l'attention. Et la convoitise, semble-t-il. Quelques centaines d'équipes spécialisées rivalisent dans le monde pour décrocher les honneurs, souligne le Dr Auger.  

Alors, l'espionnage est-il courant dans le milieu ? Notre interlocuteur ne s'est pas épanché outre mesure... Il admet tout de même avoir serré la vis à certains jeunes chercheurs qui en ont dévoilé beaucoup trop le soir venu, un coup dans le nez. «On a eu des problèmes.» 

La tactique de la bouteille est connue et répandue dans les congrès internationaux... Le

Dr Auger admet lui-même avoir offert quelques verres à des confrères d'autres centres de recherche lorsqu'il avait moins d'années au compteur.

D'autres cas de même nature? Il y a aussi eu des frictions entre des ressortissants de la Chine. Un chercheur soupçonnait l'autre d'avoir été envoyé par le Parti communiste pour le surveiller.

Et il y a ce Japonais que François Auger n'a pas identifié. Le spécialiste de Québec s'étonne de la grande similarité entre les procédés du centre de recherche nippon et ceux développés dans la capitale.

Le LOEX de Québec a été agrandi en 2009, 2010, grâce à un investissement de 25,7 millions $. Selon son directeur, il serait un des plus grands dans le monde à se consacrer uniquement à l'organogénèse.

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