Medicago investit 245 millions $ à Québec

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Medicago érigera un nouveau complexe qui regroupera son siège social, une usine de production, une serre de 9000 mètres carrés et un centre de recherche et de développement.

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(Québec) Dès qu'elle obtiendra le feu vert des autorités réglementaires mondiales pour commercialiser ses vaccins fabriqués à partir de plantes pour traiter la grippe et autres maladies infectieuses, Medicago pourra en produire de 40 à 50 millions de doses par année - et ce, en seulement 19 jours - dans son nouveau complexe de production qui lèvera de terre en 2019, dans l'Espace d'innovation D'Estimauville, à Québec.

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«Il s'agit de l'investissement industriel le plus important annoncé à Québec au cours des 10 dernières années», a déclaré le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui participait à l'annonce, mardi, à l'hôtel de ville de Québec.

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Pour le président et chef de la direction de Medicago, Andy Sheldon, la Ville de Québec comptait sur des atouts importants qui ont influencé la décision d'investir au Québec et non pas ailleurs.

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Avec l'aide des gouvernements du Québec et du Canada et de la Ville de Québec, la société biopharmaceutique spécialisée dans le développement de nouveaux vaccins et de protéines thérapeutiques érigera un nouveau complexe qui regroupera son siège social, une usine de production, une serre de 9000 mètres carrés et un centre de recherche et de développement.

Cet ambitieux projet de 245 millions $ favorisera la création de 200 nouveaux emplois hautement spécialisés. Fondée en 1999, Médicago fournit déjà un gagne-pain à plus de 180 personnes dans ses bureaux et ses laboratoires situés dans le Parc technologique du Québec métropolitain et 90 autres dans son usine commerciale en Caroline du Nord.

Le premier coup de pelle fracassera le sol dans les prochaines semaines. Les travaux seront terminés en 2019.

«Il s'agit de l'investissement industriel le plus important annoncé à Québec au cours des 10 dernières années», a déclaré le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui participait à l'annonce, mardi, à l'hôtel de ville de Québec, en compagnie de ses ministres Jacques Daoust et Sam Hamad, du ministre fédéral de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, Denis Lebel, du maire de Québec, Régis Labeaume, et des dirigeants de Medicago, une société qui appartient à la compagnie pharmaceutique japonaise Mitsubishi Tanabe Pharma et au cigarettier Philip Morris International.

Québec et Ottawa consentent des prêts - pas des subventions - de 60 et 8 millions $. 

Pour sa part, la Ville de Québec accorde un rabais à Medicago pour l'achat du terrain. Un coup de pouce d'une valeur de 6,5 millions $.

Le complexe de production sera érigé dans l'Espace d'innovation D'Estimauville, sur les terres de l'ancienne Ferme S.M.A, située près de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec. Un territoire qui a été dépossédé de sa vocation agricole il y a quelques années et dont la Ville de Québec est à établir les nouvelles normes de zonage.

D'une superficie de 44 000 mètres carrés, le nouveau domicile de Medicago sera construit sur un site de 90 000 mètres, soit l'équivalent de 10 terrains de football. Dans les faits, Medicago sera l'unique locataire de ce nouveau parc technologique parce qu'il détient une option pour poursuivre son expansion et occuper éventuellement l'ensemble de l'espace disponible.

Bon an mal an, les coûts d'exploitation de la nouvelle usine de production devraient s'élever à 100 millions $. L'entreprise prévoit investir 800 millions $ en 10 ans pour payer ses 375 employés à Québec et pour l'acquisition de biens et services.

L'arrivée de cette nouvelle usine générera des retombées économiques directes et indirectes de plus de 461 millions $ au cours des cinq prochaines années, estime l'Institut de la statistique du Québec.

Pour Yoshihisa Saso, président de Mitsubishi Tanabe Pharma Holdings Canada et président du conseil d'administration de Medicago, l'implantation d'un centre de production à Québec marque une étape pour la société. «Nous avons le potentiel de créer de nouveaux vaccins qui aideront les gens à vivre en santé.» Rappelons que Mitsubishi Tanabe Pharma avait mis le grappin sur la société des sciences de la vie de Québec à l'automne 2013 pour la somme de 357 millions $.

Pour le président et chef de la direction de Medicago, Andy Sheldon, la Ville de Québec comptait sur des atouts importants qui ont influencé la décision d'investir au Québec et non pas ailleurs : une main-d'oeuvre disponible, qualifiée et expérimentée, une infrastructure de recherche de calibre international, le dynamisme commercial de la région de Québec et le soutien apporté par les trois paliers de gouvernement. «L'apport de la Ville a fait la différence», a soutenu M. Sheldon.

Pas seule dans la course

Le projet de Medicago faisait écarquiller les yeux un peu partout dans le monde.

«Nous étions en compétition avec des villes de sept pays. De la France, de la Belgique, de l'Italie, de l'Allemagne, de l'Angleterre, des États-Unis et de Singapour», a énuméré le maire de Québec, Régis Labeaume, en soulignant que le service de développement économique de la ville et Québec International planchaient sur le projet de faire grandir Medicago dans la capitale depuis l'automne 2013.

«Une centaine de rencontres ont eu lieu. Nous voulions démontrer à la direction de Mitsubishi que notre proposition était, hors de tout doute, la meilleure.»

Le premier ministre Couillard a souligné que c'était lors de son séjour à Davos en janvier, à l'occasion du Forum économique mondial, que les termes de la contribution du gouvernement québécois à ce projet de 245 millions $ avaient été attachés. «Ce projet est l'oeuvre d'une collaboration exceptionnelle entre quatre partenaires», a indiqué M. Couillard.

De l'avis de Régis Labeaume, la Ville de Québec fait une très bonne affaire.

«En deux ans, l'investissement de la Ville [6,5 millions $] sera entièrement récupéré par le biais de la taxe foncière. Et à compter de la troisième année, on fait de l'argent. Sur une période de 15 ans, les recettes fiscales escomptées par la Ville seront de 41 millions $.»

Le secteur D'Estimauville, aussi, profitera de la venue de nouveaux travailleurs.

Régis Labeaume parle d'un «impact économique et structurel majeur» pour la recherche et l'innovation dans la capitale.

«L'arrivée de Medicago à titre de premier occupant de l'Espace d'innovation D'Estimauville constitue la pierre d'assise de notre vision du développement économique et de la revitalisation du quartier D'Estimauville.»

Québec se retrouve donc avec un heureux problème sur les bras. Ses deux parcs technologiques - D'Estimauville et Michelet - affichent pratiquement complet. «Il va falloir en ouvrir un ou deux autres», a exprimé le maire.

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Yoshihisa Saso, président de Mitsubishi Tanabe Pharma Holdings Canada et président du conseil d'administration de Medicago, a qualifié l'implantation d'un centre de production à Québec d'étape pour la société. 

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Science-fiction, luzerne et innovation!

«Quand j'étudiais en médecine, la production de vaccins à partir des plantes était un domaine qui relevait de la science-fiction», a évoqué, mardi, le premier ministre Philippe Couillard lors de l'annonce du projet d'expansion de 245 millions $ de Medicago pour lui permettre de commercialiser des vaccins au Canada, aux États-Unis, en Europe et au Japon à partir de 2019.

Non seulement le développement de nouveaux vaccins et de protéines thérapeutiques n'est pas de la science-fiction, mais il reléguera peut-être aux oubliettes la façon traditionnelle de mettre au point des vaccins, c'est-à-dire à partir d'oeufs.

Et ce, dans des temps de production frôlant tous les records.

«Par ses technologies novatrices, Medicago révolutionne le domaine de la santé», a reconnu le premier ministre en ajoutant qu'avec Medicago et le Centre de recherche en infectiologie de l'Université Laval, dirigé par le docteur Michel C. Bergeron, la ville de Québec est devenue une plaque tournante dans le domaine de l'infectiologie et de la production de vaccins.

«Nous avons réalisé d'importants progrès avec nos produits et notre technologie par laquelle nous utilisons des plantes - principalement la Nicotiana benthamiana, une plante australienne appartenant à la même famille que le tabac - pour générer une immunité efficace à long terme contre les maladies infectieuses», a indiqué le président et chef de la direction de Medicago, Andy Sheldon.

Dans le cas de la grippe pandémique H5 et de certaines souches de la grippe saisonnière, la compagnie de Québec est à compléter actuellement les phases les plus avancées des nombreux et interminables essais cliniques. «Nous avons démontré que nos produits sont sécuritaires et efficaces.»

Pour répondre à des pandémies internationales, Medicago a été en mesure de produire des vaccins expérimentaux contre les souches H1N1 en 2009 et H7N9 en 2013 en seulement 19 jours alors qu'il faut plusieurs mois pour mettre au point des vaccins produits à partir d'oeufs.

En février dernier, le Department of Health and Human Services du gouvernement américain a fait appel à Medicago pour l'aider à fabriquer des anticorps pour traiter les personnes infectées par le virus Ebola.

Les vertus de la luzerne!

En annonçant l'aide de 6,5 millions $ de la Ville de Québec à Medicago, le maire Régis Labeaume estimait avoir «bouclé la boucle».

Il était administrateur à la défunte Société innovatech Québec Chaudière-Appalaches quand, il y a 15 ans, la jeune entreprise avait décroché une aide financière de 1 million $. «Un gros montant à l'époque», se souvient M. Labeaume qui a avoué, mardi, avoir affiché du «scepticisme» à l'égard des «vertus de luzerne» pour soigner les gens. À l'époque, Medicago développait une technologie pour la production de protéines recombinantes dans la luzerne transgénique.

«Il s'agissait, à l'époque, de faire la preuve que nous pouvions industrialiser la connaissance pour que la recherche devienne payante pour toute la communauté», a expliqué le premier magistrat. «Faire en sorte qu'à partir d'une idée d'un entrepreneur et d'un scientifique - François Arcand et Louis P. Vézina dans le cas de Medicago - que l'on mette en marché un produit commerciable.»

«Dans les sciences de la vie, le cycle de la valorisation de la recherche est long, mais les retombées économiques sont majeures lorsque le produit fini sort de la chaîne de production.»

M. Labeaume a notamment cité le cas de BD Diagostics. L'entreprise du Parc technologique du Québec métropolitain est une idée du docteur Michel G. Bergeron. Maintenant dans la grande famille de la multinationale Becton Dickinson, elle fournit aujourd'hui un gagne-pain à 300 personnes dans ses centres de recherche et de fabrication de tests de diagnostics moléculaires.

«À Québec, nous devons continuer à oser, à innover et à entreprendre», a plaidé Régis Labeaume.

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Paul Shoiry de Démocratie Québec

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

«Pas l'oeuvre d'un seul homme»

L'opposition à l'hôtel de ville a réagi positivement à l'annonce de l'investissement majeur de Medicago à Québec. S'il qualifie le futur complexe de «bonne nouvelle», le chef Paul Shoiry a toutefois laissé entendre que l'administration Labeaume n'a pas à prendre tout le crédit pour la vitalité actuelle de l'économie de la capitale. La large part doit plutôt être attribuable à des organisations comme Québec International, a-t-il dit en point de presse avant le conseil municipal. 

«Je pense que c'est le travail qui a été fait avant l'arrivée de M. Labeaume qui porte fruits aujourd'hui. La diversification de l'économie de la région s'est faite dans les années 90, a-t-il soutenu. Ça n'a pas commencé en 2008», a martelé M. Shoiry. «Mais tant mieux si le travail que la Ville et Québec International font aujourd'hui porte fruits, mais ce n'est pas l'oeuvre d'un seul homme.»

Lors de la séance du conseil, M. Shoiry a réitéré son point de vue, affirmant que M. Labeaume «s'attribue le travail de Québec International». Une déclaration qui a fait bondir le maire de Québec. «Il y a quelque chose de vicieux dans ce qu'il a dit», a-t-il lancé à propos de son adversaire politique.

Avec Valérie Gaudreau

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