Interdiction de fumer dans les autos et sur les terrasses en vue

L'interdiction de fumer dans les automobiles avec des... (Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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L'interdiction de fumer dans les automobiles avec des jeunes d'âge mineur devrait faire partie de la législation révisée sur le tabac.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La révision de la législation sur le tabac visera à relancer la baisse du tabagisme dans la population et à mieux protéger les enfants des effets de la fumée secondaire, a affirmé Philippe Couillard, jeudi. L'interdiction de fumer sur les terrasses de même que dans les automobiles avec des jeunes d'âge mineur devrait en faire partie.

À son arrivée à l'Assemblée nationale, M. Couillard a commenté l'annonce du dépôt imminent d'une législation par sa ministre déléguée à la Santé Lucie Charlebois.

Il s'agit d'une révision qui aurait dû être enclenchée en 2010. Le gouvernement libéral de Jean Charest et celui péquiste de Pauline Marois n'ont pu amener cet examen devant les parlementaires.

Le premier ministre a rappelé qu'il avait réalisé le dernier exercice. À l'époque, il était titulaire du portefeuille de la Santé durant le premier mandat de Jean Charest. «C'est très long», a-t-il dit de la période de consultation pour produire une nouvelle mouture législative. «De nombreux groupes veulent participer. C'est un exercice pour en arriver à un équilibre. Nous sommes [parvenus] à baisser le taux de tabagisme en 2005, 2006 et 2007. Depuis ce temps-là, nous avons atteint un plateau.»

La ministre Charlebois s'avancera probablement sur le bannissement de fumer dans les véhicules automobiles en présence de jeunes enfants. Cela existe dans d'autres provinces canadiennes.

«Une des façons de faire des progrès», a commenté Philippe Couillard, «c'est d'agir sur la fumée secondaire, l'exposition des enfants, en particulier, à la fumée» de cigarette.

En 2006, le gouvernement a décrété un interdit de consommer des cigarettes dans les bars et les restaurants. Cette fois, il devrait l'étendre aux terrasses de ces commerces. L'Ontario l'a fait récemment et il serait surprenant que le Québec n'emboîte pas le pas.

Autre sujet incontournable pour revoir la législation, c'est la cigarette électronique. Le phénomène et l'engouement sont apparus après 2005. La «e-cigarette» est un sujet qui divise la communauté de la santé.

«Plusieurs personnes disent que c'est important» de légiférer sur la cigarette électronique, a commenté Philippe Couillard. «Je note que plusieurs médecins et scientifiques disent que cela peut aider à se débarrasser» de l'habitude de fumer. «La préoccupation n'est pas toujours la nicotine» qui engendre la dépendance au tabac, «mais la fumée elle-même» que dégage ce produit.

La veille, en commission parlementaire, la ministre Charlebois, sans divulguer le contenu de son projet de loi, a laissé entendre «que la cigarette électronique fait partie de [ses] réflexions». Mme Charlebois  a dit se préoccuper à la fois de ceux qui s'en servent pour briser leur dépendance à la cigarette et des jeunes pour qui cela pourrait être une habitude les amenant vers la consommation de tabac.

Au début de l'année, le ministre en titre de la Santé Gaétan Barrette a vanté l'efficacité de «vapoter» pour arrêter la consommation du tabac qui provoque notamment cancers et problèmes cardiaques. «Pour cesser de fumer, a-t-il déclaré, la cigarette électronique est un moyen qui clairement est d'une efficacité extraordinaire.»

L'interdiction des produits aromatisés à l'ordre du jour

Autre sujet qui sera fort probablement abordé dans la révision de la législation sur le tabac, l'interdiction des produits aromatisés. Les groupes de pression en campagne contre les fabricants de cigarettes exercent des pressions à ce sujet depuis quelques années.

Le lobby antitabac presse aussi le gouvernement depuis des années pour que les cigarettiers ne puissent vendre ses produits que dans des emballages neutres. L'interdiction existe dans d'autres pays, notamment l'Australie.

À son impromptu de presse de jeudi, le premier ministre a suggéré que son gouvernement ne se contentera pas de changements pour la forme à la loi. «Il ira dans la direction de ne pas se satisfaire du taux actuel de tabagisme.»

Selon diverses études, l'usage du tabac coûte au Québec de 4 milliards $ annuellement. Les experts en santé soutiennent que 10 000 Québécois meurent des conséquences du tabagisme chaque année. 

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