Traitement de la dépendance: cri du coeur contre les coupes à l'aide sociale

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Dans une vidéo publiée sur YouTube, Caroline Roy annonce avec une voix chevrotante que son centre devra peut-être fermer ses portes.

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(Québec) La directrice d'un centre de traitement en dépendances a utilisé une vidéo sur YouTube pour dénoncer la politique d'austérité du gouvernement Couillard.

Dans un cri du coeur, Caroline Roy dont le centre porte son nom à Saint-Ludger, non loin de Thetford Mines, explique en détail, et avec émotion, les conséquences dramatiques de coupes à l'aide sociale sur les plus démunis aux prises avec une dépendance à l'alcool et aux drogues. 

Les coupes qui s'appliquent sur le chèque du 1er janvier font en sorte que plusieurs personnes n'auront pas les moyens d'entreprendre une thérapie dans un centre de traitement, à son avis.

Elle annonce avec une voix chevrotante que son centre devra peut-être fermer ses portes et que plusieurs personnes n'auront d'autre choix que d'aller en psychiatrie dans un hôpital. Le Centre est ouvert depuis six ans. Mme Roy prévoit des pertes de 10 000 $ par mois qu'elle ne pourra pas assumer longtemps. Elle implore les internautes de l'appuyer dans sa lutte pour faire infirmer la décision de couper le chèque d'aide sociale aux personnes qui sont dans un centre de traitement en dépendances.

On peut visionner la vidéo ici.

À l'Association québécoise des centres d'intervention en dépendance, on demeure convaincu que les coupes à l'aide sociale entraîneront à terme la fermeture de centres. «Il y a déjà deux ressources, dont le Centre Caroline Roy, qui m'ont dit être en danger de fermeture dès le 1er mai. C'est quand même assez rapide alors que le ministère de la Solidarité sociale ne s'attendait pas à des dangers de fermeture à cette date», a dit le directeur général de l'Association, Vincent Marcoux.

L'Association a entrepris de dresser le portrait complet des coupes de services en lien avec la réduction du chèque d'aide sociale aux gens qui seront dans les centres de traitement en dépendance à partir du mois prochain. 

«Des ressources m'ont avisé qu'il y a des mises à pied dans leur organisation, des diminutions de lits. Pourquoi? Parce qu'on est obligé d'avoir un intervenant par 15 résidents, selon les règles du ministère de la Santé. Il y a plusieurs résidants qui décident de quitter la ressource à cause que leur chèque est diminué à 200 $», a dit M. Marcoux. 

Prendre la relève

À Québec, le Centre de réadaptation en dépendance se dit prêt à prendre la relève si des centres de traitement et des organismes communautaires ferment leurs portes en raison des coupes budgétaires imposées par le gouvernement du Québec. 

«Nous sommes prêts à prendre le relais des organismes communautaires au besoin», a affirmé au Soleil la responsable du Centre de réadaptation, Andrée Deschênes. Elle n'était pas en mesure toutefois de dire si d'autres régions avaient les moyens suffisants pour en faire autant.

Elle a expliqué que l'approche du Centre auprès des personnes en demande de services a été modifiée au cours des dernières années afin de donner une réponse plus rapide et éviter que certaines d'entre elles renoncent à des traitements. 

«Dans un court délai, on peut avoir donné un rendez-vous à la personne, l'avoir évaluée et avoir débuté un service et tout ça à l'intérieur de deux à trois semaines. Et c'est gratuit, contrairement aux organismes où les usagers doivent payer et ce n'est pas reconnu par la sécurité du revenu», a-t-elle expliqué.

Environ 5000 personnes par année suivent des traitements au Centre de réadaptation en dépendance de Québec. À la grande différence des organismes communautaires, ces services n'impliquent pas un hébergement de plus ou moins longue durée pour la majorité des usagers du Centre. 

Plus de 300 personnes sont hébergées par année dans les 12 lits en réadaptation intensive du Centre pour un séjour moyen de deux semaines. Le délai d'attente pour ces lits est de quatre à cinq semaines.

«Nous avons aussi des ententes avec cinq organismes communautaires de la région, dont la maison de Lauberivière, le centre CASA et le centre Le Rucher pour de l'hébergement. C'est aussi gratuit pour les usagers que nous y référons», a indiqué Mme Deschênes.

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