Tourisme médical: un remède de plus en plus populaire

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(Québec) Le tourisme médical est le remède de plus en plus de Canadiens. L'an dernier, plus de 52 000 patients au pays ont opté pour des soins santé à l'étranger, une hausse de 26 % par rapport à 2013.

Pour l'heure, le marché mondial du tourisme médical s'accroît à un rythme de 15 % à 25 % par an, et sa valeur est estimée entre 38,5 et 55 milliards $, selon Patients Without Borders, une organisation américaine qui a pour but d'informer les patients sur les soins offerts et leurs prix à travers le monde. Actuellement, par année, environ 11 millions de personnes voyagent à l'étranger pour se faire soigner.

«Au Québec, avec nous, ce sont plus 200 personnes par an qui sont soignées à Cuba», affirme au Soleil Alain Leclerc, président de Services Santé International (Servimed). «Et la demande ne cesse de croître. Souvent, les gens se tournent vers Cuba pour recevoir des traitements qui ne sont pas offerts au Canada ou simplement en raison des délais d'attente dans nos hôpitaux.»

Par exemple, les Québécois qui s'envolent vers le Sud peuvent notamment recevoir des chirurgies esthétiques, des soins en ophtalmologie et des soins dentaires. «Certaines interventions [à environ 10 000 $] sont de 50 % à 60 % moins chères qu'au Canada», ajoute M. Leclerc. «Et ce, même avec les dépenses pour l'avion, l'hébergement et la nourriture.» Il faut compter un délai d'environ un mois avant de pouvoir recevoir un traitement à Cuba.

Hausse de 26 %

Au pays, 52 513 Canadiens ont reçu des soins non urgents à l'étranger en 2014, comparativement à 41 838 en 2013, selon des données de l'Institut Fraser.

En 2013, les Canadiens ont dépensé 447 millions $ à l'étranger pour recevoir un traitement médical. Quant aux «étrangers» qui sont venus rencontrer des spécialistes de la santé au Canada, ils ont dépensé 150 millions $ pour la même année, selon des données du Conférence Board du Canada.

Le Canada aurait-il intérêt à mousser cette pratique afin d'y faire entrer des capitaux? C'est la question que s'est posée le Conférence Board du Canada dans un rapport publié cette semaine.

«Le Canada, qui investit plus de 200 milliards $ par an dans les soins de santé, s'est forgé une expertise et une expérience considérable dans un vaste éventail de domaines. Cet investissement massif pourrait servir à développer notre économie et à générer des recettes qui seraient réinjectées dans notre système de soins de santé», soutient Louis Thériault, vice-président des politiques publiques au Conference Board du Canada. «Cependant, pour que le Canada continue de développer son secteur du tourisme médical, il faut s'assurer d'y parvenir sans compromettre l'accès des Canadiens aux soins de santé.»

Idée absurde

Du côté du Collège des médecins du Québec, songer à augmenter le tourisme médical pour stimuler l'économie canadienne et générer des recettes qui contribueraient à subventionner les soins de santé publics au Canada est une idée absurde.

«Notre main-d'oeuvre est trop dispendieuse pour avoir des cliniques de tourisme médical intéressantes et rentables», tranche le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert, ajoutant que des instituts ont déjà tenté l'expérience. «À Cuba, ils ont une marge de manoeuvre; ils ont beaucoup plus de médecins par habitant que nous en avons en Amérique du Nord, et la main-d'oeuvre médicale est peu coûteuse.»

«Pour se faire soigner [au Canada], la clientèle que nous irions notamment chercher, ce sont les personnes riches des pays pauvres. Nous exploiterions alors encore plus les pays pauvres. De plus, si on n'est déjà pas capable de servir la population parce que nous avons des listes d'attente, comment va-t-on développer la marge de manoeuvre pour offrir avec le même personnel des services à des personnes de l'extérieur?» demande-t-il.

Quant à la question d'aller se faire soigner à l'étranger, M. Robert invite les gens à faire leurs devoirs et à poser des questions à leur agence avant de prendre une décision. «C'est un marché, il y a des cliniques internationales qui sont là pour faire de l'argent. Le principe est que vous entrez dans leur système et vous sortez après l'intervention. S'il y a des complications, que se passe-t-il? Le système de santé du Québec peut prendre en main un certain nombre de complications, mais aucun chirurgien ne va vouloir remettre les mains dans une chirurgie qu'il ne sait pas qui l'a faite», dit-il, précisant que les interventions ne sont pas nécessairement de mauvaise qualité.

Dans le rapport intitulé Les hôpitaux canadiens devraient-ils s'ouvrir au tourisme médical?, le Conference Board du Canada conclut «qu'en théorie, le tourisme médical pourrait stimuler l'économie canadienne et générer des recettes qui contribueraient à subventionner les soins de santé publique. Toutefois, le Canada doit agir lentement et prudemment afin d'examiner les avantages et les risques qu'il y aurait à encourager le commerce de ce type de services.»

****

Tourisme médical en 2014

Province - Patients

Québec: 6284

Nouveau-Brunswick: 742

Nouvelle-Écosse: 975

Ontario: 26 252

Colombie-Britannique: 9799

Alberta: 5988

Île-du-Prince-Édouard: 48

Saskatchewan: 1050

Terre-Neuve-et-Labrador: 327

Manitoba: 1048

Total: 52 513

Source: Conférence Board du Canada

Pour consulter l'étude: goo.gl/v2qM53

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