Maintien intégral du droit des femmes à l'avortement, clame Barrette

«L'avortement, tel que cela se vit aujourd'hui, à... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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«L'avortement, tel que cela se vit aujourd'hui, à la demande des patientes, dans les circonstances telles qu'on les connaît, particulièrement dans les cliniques de planning familial, c'est là pour rester tel quel. Et on ne fera rien pour modifier cela», a déclaré le ministre Gaétan Barrette mercredi matin.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) «Il n'est pas question qu'on fasse même semblant de faire un pas en arrière. Ça n'arrivera pas» avec quelque restriction que ce soit sur le droit des femmes à l'avortement et l'accès à ce service médical, a déclaré Gaétan Barrette, mercredi matin.

Le ministre de la Santé a tenu à faire une mise au point catégorique pour démentir une manchette du Devoir. Le quotidien a titré que «l'avortement est dans la mire de Barrette» avec le projet de loi 20 qui préconise une réforme en profondeur des soins de santé.

Le premier ministre Philippe Couillard a senti le besoin de monter lui-même au front pour défendre Gaétan Barrette. «Le gouvernement n'a aucune intention, directement ou indirectement, de restreindre l'accès libre et gratuit des femmes à l'interruption de grossesse», a-t-il déclaré en Chambre en soutenant que la volonté de son ministre est «d'augmenter l'accès aux services».

Des quotas dénoncés

C'est l'ébauche d'un projet de règlement de la future législation qui a alarmé le Centre de santé des femmes de Montréal. L'interprétation de la note aurait laissé croire à une limitation des avortements pratiqués par les médecins et à un changement de classification qui ferait en sorte que ces actes médicaux ne seraient plus considérés comme des activités médicales prioritaires.

La directrice du Centre de santé, Anne-Marie Messier, a notamment dénoncé le quota qui serait imposé aux professionnels de la santé. «Tout l'aspect de la santé reproductive des femmes et la garantie d'accès rapide à un avortement, c'est fondamental», a-t-elle commenté en qualifiant le projet de loi «d'extrêmement dangereux».

«Aujourd'hui, ce n'est pas compliqué», a lancé le ministre à son arrivée au caucus de l'aile parlementaire libérale. «Un chemin a été fait [sur le droit à l'interruption de grossesse] et je suis de la génération qui a vu ce chemin se faire. Nous en sommes rendus à une situation où les femmes ont le contrôle total de leur destinée, particulièrement sur ce plan.

«L'avortement, tel que cela se vit aujourd'hui, à la demande des patientes, dans les circonstances telles qu'on les connaît, particulièrement dans les cliniques de planning familial, c'est là pour rester tel quel. Et on ne fera rien pour modifier cela.»

Le controversé ministre est revenu avec une anecdote pour raconter comment il a pris connaissance de la manchette. «Il est 5h30 du matin, dans la douche, la radio marche et j'entends mon nom et cette nouvelle. C'est quoi, cette affaire-là?»

Il a réitéré que l'interprétation effectuée est le contraire de la réalité. Selon lui, avec le projet de loi 20, pour les services d'avortement ou les autres, «au bout de la ligne, j'ai plus d'examens, j'ai plus de temps de disponibilité des médecins et des équipes multidisciplinaires, plus de tout. C'est ça que le monde veut.»

L'opposition persiste

Gaétan Barrette n'a pas convaincu les partis formant l'opposition. Ils ont persisté dans leurs critiques sur les changements appréhendés à cet aspect de la planification familiale.

En Chambre, le chef parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a accusé le ministre de mettre sur la table une «proposition qui attaque le droit des femmes à disposer d'elles-mêmes, un droit acquis de longue lutte.

«Ce que je demande au premier ministre, c'est [...] de retirer toute mention de quota ou de maximum pour les médecins, de revoir le travail du ministre de la Santé pour s'assurer que le droit des femmes n'est pas attaqué.»

François Paradis, critique pour la Coalition avenir Québec, a interprété l'ébauche de règlement comme une illustration que le projet de loi 20 «va engendrer une bureaucratie monstre et des coûts majeurs par l'État. C'est écrit juste ici : le ministre impose un quota qui aura des effets directs» sur les femmes, a lancé le député de Lévis.

M. Paradis s'est montré très sceptique face aux propos de M. Barrette. «Le ministre s'engage-t-il à retirer ce quota d'avortement»? qui était, selon la note, de 504 par médecin par année, mais de 1008, d'après le ministre.

Aux journalistes, la députée de Québec solidaire Françoise David a déploré le caractère flou du projet de loi «sur la place des services d'avortement. Je ne pense pas que M. Barrette veuille y mettre fin, mais lorsqu'il établit des quotas, c'est quand même étonnant de juste penser qu'il y a un quota. Au-delà, il [le médecin] ne peut plus pratiquer d'avortement?»

Le ministre Barrette a multiplié les rencontres avec les médias pour réaffirmer qu'aucune limite ne réduira les actes médicaux. «C'est un faux débat, basé sur une information mal recueillie et mal interprétée», a-t-il lâché en accusant le PQ de ne «rien comprendre» au projet de loi.

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