Plus de soins en période d'austérité: Barrette trompe les citoyens

La présidente de la Fédération des médecins spécialistes... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, la Dre Diane Francoeur, a pris part mardi à la commission parlementaire sur le projet de loi 20.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le ministre Gaétan Barrette trompe la population en faisant miroiter un plus grand accès à un médecin ou aux salles d'opération dans une période d'austérité.

«C'est illusoire de penser qu'on va donner plus de services en n'augmentant pas les budgets. C'est impossible. Ça va prendre un investissement. Si on voit plus de patients, ça va coûter plus cher. Ce serait une hérésie de penser que de travailler plus ne coûtera rien», a affirmé, mardi, la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), la Dre Diane Francoeur.

La médecin gynécologue a tenu ces propos au cours d'une entrevue éditoriale au Soleil après son passage en commission parlementaire sur le projet de loi 20 concernant les quotas de patients et les pénalités salariales.

Or, le ministre de la Santé a fermé la porte à double tour à la possibilité d'une augmentation des budgets dans la santé. «J'en ai pas de sous supplémentaires et j'en aurai pas. Si c'est là qu'on s'en va, on s'en va à la mauvaise place», a dit M. Barrette devant les journalistes après l'intervention de la FMSQ en commission parlementaire.

La Dre Francoeur a déploré que le ministre ait évité d'aborder les problèmes qui limitent l'accès aux salles d'opération dans les hôpitaux. «Le projet de loi est un show de boucane, comme on dit. On n'a pas besoin de ça pour arriver aux mêmes résultats», a-t-elle soutenu.

Selon la Fédération, les problèmes d'accès à un médecin spécialiste sont avant tout attribuables au manque de personnel spécialisé, de disponibilité de salles d'opération. En commission parlementaire, elle a souligné que le personnel n'était pas remplacé en mars pour mieux boucler l'année financière qui se termine au 31 mars, au risque d'allonger les listes d'attente.

Le mémoire de la FMSQ rappelle des propos de M. Barrette du temps où il était président de l'organisme pour expliquer l'accès parfois difficile aux soins. «L'État n'est pas un simple gestionnaire du système de la santé. Il détermine la qualité et la quantité de soins offerts à la population et, en ce sens, il les rationne toujours. Le jeu politique est de trouver le niveau de rationnement socialement acceptable pour la population sans qu'elle ne perçoive qu'elle est rationnée», a-t-il exprimé en 2009.

Noyer le poisson

Selon la présidente de la FMSQ, le ministre a dévié le débat sur la proposition des médecins de famille d'abolir l'obligation de travailler un certain nombre d'heures par semaine dans les hôpitaux et d'augmenter le nombre de médecins dans les cliniques. M. Barrette soutient que ce changement pourrait créer un manque de médecins dans les hôpitaux qui devra être compensé par du travail additionnel par les médecins spécialistes.

«Je ne vois pas de gros problème de ce côté. Ça va se faire avec concertation, de façon progressive avec les omnipraticiens. Dans les régions périphériques, le travail des omnipraticiens ne peut pas être fait par les spécialistes parce qu'il y a peu de médecins spécialistes. On oublie ça», a avancé la Dre Francoeur.

Elle voit plutôt dans les propos du ministre une tentative de diviser les deux groupes de médecins. «Sa volonté était de nous faire prendre position contre les omnipraticiens. Ça n'arrivera pas. Moi, je travaille avec eux. Je n'embarque pas dans le jeu du ministre», a-t-elle affirmé. «La position d'affrontement de M. Barrette est personnelle. C'est une position que je n'ai jamais partagée du temps où il était à la fédération. Je travaille beaucoup plus en collaboration. Il ne l'a jamais digéré», a-t-elle ajouté.

La loi 20 sera contestée

Les médecins spécialistes entendent contester la loi 20 après qu'elle aura été adoptée par le gouvernement Couillard.

«C'est clair. On ne peut laisser ça là. On ne se laissera pas manger la laine sur le dos. On ne mérite pas ça», a affirmé au Soleil la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur.

Le Dr Barrette est-il l'homme de la situation pour régler les problèmes d'accès en santé? «Ça dépend de ce qu'on lui confie. Si c'est pour faire le bully et tout détruire, oui, il est l'homme de la situation, si c'est ce que le premier ministre veut. Si c'est pour assurer la pérennité du réseau de la santé et qu'il ne massacrera pas tout sur son passage, j'ai des doutes avec la façon qu'il nous traite», a-t-elle répondu.

Dans le mémoire de la Fédération, on avance que les quotas de patients et les pénalités salariales n'ont pas été préparés à la dernière minute. «De toute évidence, ce projet de loi avait fait l'objet d'arrangements préalables avec le ministère des Finances et il était en préparation dans les officines gouvernementales depuis un bon moment», peut-on lire dans le document.

On y lit également que «les dés étaient joués à l'avance» et que la consultation en commission parlementaire «risque fort de s'avérer inutile».

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