Des baisses de salaire de 15 à 20 % pour les pharmaciens dans les hôpitaux

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(Québec) Les pharmaciens de l'Institut universitaire de santé mentale de Québec subiront une baisse de 15 à 20 % de leur rémunération le 1er avril. Ce changement s'appliquera aux 1500 pharmaciens d'établissements de santé, à la suite d'une décision du ministre Gaétan Barrette de ne pas reconduire des lettres d'entente sur la rémunération des pharmaciens salariés dans les établissements de santé.

«On nous a informés la semaine passée que notre salaire sera diminué dans un mois. C'est comme si on vous disait qu'on coupe votre salaire de 20 % mais que vous continuez à faire le même travail. C'est à peu près ça le message qu'on a reçu sans aucun autre avis», a déploré, mardi, au Soleil, Éric Lepage, le chef du département de pharmacie de l'ex-centre Robert-Giffard. 

«C'est assez particulier. On est les seuls employés dans le réseau de la santé dont le salaire est coupé», a-t-il ajouté. Pour les pharmaciens en régions éloignées, la baisse de salaire sera encore plus forte avec l'abolition de la prime d'éloignement. On parle d'une perte de revenus de 45 %.

La principale coupe est la réduction de la semaine de travail de 40 à 36,25 heures. L'allongement de la semaine de travail avait été mis en place pour compenser la pénurie de pharmaciens dans les hôpitaux au lieu de payer des heures supplémentaires et d'avoir recours à ce qu'on appelle des pharmaciens dépanneurs.

M. Lepage attend de rencontrer ses collègues pharmaciens pour identifier les services qui seront affectés par la réduction des heures de travail. «Dans notre cas, c'est comme si je perdais un pharmacien et demi dans mon équipe. J'ai 16 pharmaciens. Ça équivaut à 1,5 pharmacien en heures travaillées. Je ne pourrais pas maintenir le même niveau d'activités que je fais aujourd'hui. C'est 60 heures de moins par semaine. Ça va avoir un impact», a-t-il affirmé.

Impact sur l'enseignement

La première activité à subir les contrecoups de la réduction de salaire risque d'être l'enseignement aux étudiants pharmaciens. «On reçoit chaque année une quarantaine d'étudiants en pharmacie. Dans nos lettres d'entente, il était prévu qu'on avait une prime pour ça. C'est sûr qu'au niveau des résidents en pharmacie, si les pharmaciens ne sont pas rémunérés pour ça, on va peut-être diminuer l'enseignement. On est d'abord là pour soigner des patients», a souligné M. Lepage.

Il envisage la possibilité de réduire d'autres services pour faire face à la baisse du nombre d'heures de travail. «On pourrait laisser tomber le bilan comparatif des médicaments d'un patient à son admission avec la décision du Ministère», a-t-il avancé.

D'autre part, il craint que les coupes dans la rémunération incitent des jeunes pharmaciens à quitter le réseau public pour aller travailler dans le privé. «J'ai été capable de recruter des nouveaux pharmaciens et de les garder parce que notre salaire est maintenant compétitif avec le privé. Si on leur dit qu'ils vont perdre 20 % de leur salaire, ça me génère des inquiétudes», a-t-il confié.

M. Lepage appréhende également que la décision du Ministère pousse des pharmaciens à la retraite. «J'espère qu'ils vont attendre après les vacances cet été», a-t-il suggéré.

Pour sa part, le président de l'Association des pharmaciens de établissements de santé, François Paradis, est d'avis que la réduction des heures de travail des pharmaciens forcera les établissements à recourir aux heures supplémentaires et aux pharmaciens dépanneurs. «On est très surpris. On ne comprend pas pourquoi le Ministère a pris cette avenue. Au plan financier, ce n'est pas avantageux. On fait une économie qui risque de se transformer en grosse dépense. Les coupures de salaires, ça équivaut à 100 postes de pharmaciens alors qu'il y a

250 postes non comblés actuellement», a-t-il affirmé.

D'ici le 1er avril, il espère convaincre le ministère de la Santé de revenir sur sa décision de réduire la rémunération des pharmaciens d'hôpitaux.

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