Coupes à la santé publique: l'intervention de Couillard demandée

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Le premier ministre Philippe Couillard

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(Québec) L'ex-directeur national de santé publique, le Dr Alain Poirier, demande l'intervention du premier ministre Philippe Couillard pour stopper les coupes de 32 % dans les services régionaux de santé publique.

«C'est une vision à courte vue. C'est une bêtise de réduire le budget de la Santé publique. Cela aura des conséquences à moyen et à long terme. On pense que le premier ministre comprend ça. Il a travaillé assez longtemps comme ministre de la Santé. Il a maintenant une vision plus globale de tous les déterminants en santé», a affirmé, jeudi, au Soleil, le Dr Poirier. Il a côtoyé M. Couillard pendant cinq ans du temps où il a été ministre de la Santé, entre 2003 et 2008.

Selon l'ex-directeur national de santé publique, le gouvernement se tire dans le pied en coupant les budgets de la prévention, ce qui conduira à terme à une augmentation des dépenses en santé.

«Le meilleur outil pour contrer les maladies chroniques, c'est la prévention. Et ce qui brûle nos budgets en santé, ce sont les maladies chroniques. Une réduction de 1 % du tabagisme amène des économies de 40 millions $ dans le réseau de la santé. Le malheur de la prévention est que les résultats ne sont pas pour demain matin», a-t-il dit.

À son avis, il est faux de prétendre que les compressions au niveau régional seront compensées par des services offerts par le ministère de la Santé. «Le niveau national n'aura pas plus d'argent. Quand j'y étais, il y a déjà eu un budget de 24 millions $ en communications. Dans les dernières années, c'était rendu à 8 millions $ pour les campagnes de publicité qui sont un outil fondamental pour rejoindre la population», a-t-il expliqué.

Quant à couper les frais administratifs pour absorber la grande partie des compressions, le Dr Poirier n'y croit pas. «Il y a peu de personnel administratif à la Santé publique dans les régions. Ce sont des programmes qui seront coupés et plusieurs postes de professionnels qui seront abolis», a-t-il dit.

Dans la région de Québec, les compressions sont de l'ordre de près de 40 %, soit 2,5 millions $ sur un budget de 6,6 millions $. À l'Agence régionale, on ne peut chiffrer le nombre de postes qui seront abolis ni les programmes qui seront diminués ou retirés, pour le moment.

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