Secret professionnel des psychologues: principe sacré, mais pas autant que la vie

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Rose-Marie Charest

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(Québec) Le secret professionnel est un principe «sacré» pour les psychologues, un fondement de la profession. Pour qu'il soit levé, la menace contre l'intégrité physique ou la vie d'une personne doit être «imminente», tranche l'Ordre des psychologues du Québec.

Le Soleil révélait mercredi qu'un ingénieur avait récemment intenté une poursuite civile de 30 000 $ contre sa psychologue, l'accusant d'avoir levé son secret professionnel «de façon fautive». 

L'homme en question, François Daigle, aurait affirmé lors d'une consultation tenue en mars 2012 avoir imaginé un plan pour faire exploser les bureaux où il travaillait et ainsi se débarrasser de certains employés. Un stratagème alimenté par des frustrations en milieu de travail, avait-il raconté.  

Quelques heures après, il était arrêté par les policiers puis accusé de menace et de possession de substances explosives dans l'intention de blesser autrui. 

Appelée à réagir, Rose-Marie Charest, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, a refusé de commenter le dossier, mais s'est prêtée au jeu de la théorie. 

Elle rappelle premièrement qu'il est «extrêmement rare» que le secret professionnel soit levé au cours d'une carrière de psychologue. «Souvent, on arrive à désamorcer une situation, à trouver tous les autres moyens qui pourraient protéger la personne contre elle [ou protéger d'autres personnes]. C'est notre premier rôle», explique-t-elle en entrevue téléphonique.

«Prévenir l'acte»

Elle ajoute que le danger doit être «imminent» pour la sécurité. Il peut s'agir de pensées «suicidaires ou homicidaires», précise-t-elle. «Le but de lever le secret professionnel est de prévenir l'acte.» 

Un psychologue doit avoir la certitude que la menace est réelle, convient Mme Charest. Sauf que l'exercice n'est pas si facile, et tout repose sur le jugement d'une personne dans un contexte précis. «Si c'était simple, on ne ferait pas 10 ans d'études, dit-elle. Il faut peser le pour et le contre. Déterminer qu'il y ait un risque pour la vie ou une atteinte grave à l'intégrité physique [...] Dans le cas où il y a un doute raisonnable, c'est ça qu'il faut évaluer.»

Outre le danger immédiat, seul un juge peut ordonner à un psychologue de dévoiler certaines informations contenues dans le dossier d'un patient dans le cadre d'un procès, s'il le croit nécessaire. «Un avocat ne peut pas forcer un psychologue à parler», personne d'autre non plus.

S'il doit dénoncer une situation, un professionnel ne dévoilera pas nécessairement toute l'information. Ne sera dit que le nécessaire pour prévenir une situation dangereuse. Les faits peuvent être transmis à un membre de la famille, à un médecin, aux policiers ou à toute personne qui permettra de mettre fin à la menace.

L'Ordre des psychologues possède son propre mécanisme de déontologie. Un psychologue qui lèverait le secret professionnel sans raison valable pourrait faire l'objet d'une enquête du syndic et ensuite être puni par ses pairs.

Chose certaine, conclut Mme Charest, les psychologues sont farouchement attachés au principe du secret professionnel, mais ils ne peuvent s'opposer «à un autre principe sacré, celui du droit à la vie».

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