Projet de loi 20: zizanie au Conseil du statut de la femme

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La présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, a indiqué que les membres du Conseil du statut de la femme n'ont pas été consultés sur le mémoire concernant le projet de loi 20.

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(Québec) Membre du Conseil du statut de la femme, la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, s'est inscrite en faux contre la position de la présidente du Conseil, Julie Miville-Dechêne, en faveur de pénalités salariales aux médecins qui n'atteindraient pas les quotas de patients demandés. Ces mesures coercitives toucheront davantage les femmes médecins.

Selon Mme Martineau, l'appui aux quotas de patients et aux pénalités salariales par Mme Miville-Dechêne, lors de la commission parlementaire sur le projet de loi 20 la semaine dernière, va à l'encontre de la position du Conseil sur l'accès à des soins de santé présentée en 2013.

«Dans l'avis de 2013, c'est clair que le Conseil n'a jamais indiqué qu'il voulait avoir des quotas. Il recommandait une rémunération incitative pour que les médecins voient plus de patients et plus de cas plus lourds», a-t-elle affirmé, mercredi, au cours d'un entretien téléphonique avec Le Soleil.

«Personnellement, avoir des quotas et des pénalités, il n'y a rien d'incitatif. Si on me met des quotas de dossiers à gérer, c'est sûr que pour moi, ce n'est pas un incitatif, c'est une obligation. Des mesures incitatives, ce ne sont pas des mesures décourageantes. Ce sont des mesures qui vont m'apporter, et ce n'est pas toujours financier. Ça peut m'apporter sur d'autres plans de ma carrière», a-t-elle commenté.

Par ailleurs, Mme Martineau a indiqué que les membres du Conseil du statut de la femme n'ont pas été consultés sur le mémoire concernant le projet de loi 20. «Le matin de la commission parlementaire, les membres du Conseil ont reçu un courriel avec le mémoire qui était inspiré de deux documents déjà produits par le Conseil. Le courriel indiquait que la présidente se rendait en commission parlementaire et que le document avait été préparé dans un délai de six jours ouvrables pour permettre de l'envoyer aux députés 24 heures à l'avance», a-t-elle dit.

«Peut-être que le Conseil aurait dû dire qu'en si peu de temps, on n'est pas capable de se présenter. Il avait le choix de le faire aussi», a-t-elle ajouté.

La présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec croit que la position du Conseil aurait été différente s'il y avait eu des discussions entre les membres du Conseil sur la position à présenter sur les quotas de patients et les pénalités salariales pouvant atteindre 30 %.

«Si on avait eu le temps de discuter de cela, est-ce que cela aurait été un appui aux quotas? Je ne pense pas. On aurait essayé de trouver des solutions incitatives dans l'esprit des recommandations de 2013», a avancé Mme Martineau.

>> Vous pouvez lire ici la lettre ouverte de Julie Miville-Dechêne.   

 

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La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne.

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Miville-Dechêne a échoué, selon les médecins spécialistes

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, a échoué en prenant position pour les quotas de patients et les pénalités salariales aux médecins, selon la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), la Dre Diane Francoeur.

«Vous êtes en porte-à-faux par rapport à votre mandat; vous avez échoué à votre obligation de conseiller le gouvernement sur tout sujet lié à l'égalité et au respect des droits et du statut des femmes, de toutes les femmes», peut-on lire dans une lettre adressée à Mme Miville-Dechêne par la Dre Francoeur.

La présidente de la FMSQ n'accepte pas la position du Conseil du statut de la femme de discriminer les femmes médecins parce qu'elles gagnent des revenus plus élevés. Mme Miville-Dechêne a reconnu que les femmes médecins seront davantage pénalisées par les mesures coercitives que veut mettre en place le ministre Gaétan Barrette pour que plus de patients aient accès à un médecin de famille.

«Votre explication ne tient pas la route. Vous n'aviez pas à choisir à nous diviser. Vous n'aviez pas à intervenir de la sorte. Et tant qu'à venir cautionner publiquement les visées totalitaires de ce ministre, vous auriez franchement dû vous abstenir pour le bien et pour la santé de toutes les femmes du Québec», a soutenu la Dre Francoeur.

Dans sa lettre, la présidente de la FMSQ écrit que Mme Miville-Dechêne s'était «béatement rangée du côté du ministre» en lui donnant sa bénédiction pour aller de l'avant avec sa réforme. «Il fallait voir la surprise du ministre lorsque vous y êtes allée de vos déclarations. Sa réaction était éloquente à plus d'un égard. Visiblement, il n'en espérait pas tant.»

«Les prochaines victimes seront les infirmières, qui sont déjà à bout de souffle, les inhalothérapeutes, les perfusionnistes et toutes les autres professionnelles de la santé. Et, régime militaire oblige, il n'y aura plus de place, ni pour le temps partiel, ni pour le facteur humain», a ajouté la Dre Francoeur.

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