Quotas de patients: les femmes médecins «seront plus pénalisées»

La présidente du Conseil du statut de la... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les quotas de patients aux médecins que veut imposer le ministre Gaétan Barrette pénaliseront davantage les femmes médecins selon le Conseil du statut de la femme.

«En disant que le temps partiel ou de travailler moins d'heures, il y aura une pénalité, les femmes seront plus pénalisées que les hommes, puisque les chiffres montrent qu'elles travaillent moins d'heures», a affirmé la présidente du Conseil, Julie Miville-Dechêne, lors de son témoignage en commission parlementaire sur le projet de loi 20.

Elle a expliqué que le travail réduit des femmes médecins s'explique en bonne partie par le temps consacré aux enfants. «Les femmes s'occupent davantage des enfants bien que les choses progressent. Elles prennent en majorité le congé parental et ensuite elles s'en occupent plus en termes d'heures par jour», a-t-elle dit.

Malgré ce constat, le Conseil ne donne pas son appui aux femmes médecins qui s'opposent aux quotas de patients et aux pénalités salariales de 30 % si le quota n'est pas atteint. L'organisme opte plutôt pour les femmes malades qui n'ont pas de médecin de famille.

«On a ici les intérêts d'une portion de femmes dans la population qui sont médecins et qui veulent avoir le droit de décider de leurs heures en fonction de leurs enfants, mais ce droit n'existe pas pour plein d'autres travailleuses qui, après leur congé de maternité, doivent revenir au travail et ne peuvent pas dire qu'elles veulent travailler quatre ou trois jours par semaine», a expliqué Mme Miville-Dechêne.

À la suite de ces propos, le ministre de la Santé a donné l'assurance qu'«il n'est pas question dans les statistiques de ne pas prendre en considération les congés de maternité et les congés parentaux, pour les hommes et les femmes.» Environ 75 % des nouveaux médecins sont des femmes.

Pour résoudre, du moins en partie, le problème d'accès à un médecin, Mme Miville-Dechêne estime que de nombreux médecins de famille devront changer leur pratique de prise de rendez-vous. Elle propose que les patients puissent voir leur médecin dans un délai d'un à trois jours, comme cela se passe dans d'autres provinces et d'autres pays.

«Ça veut dire un changement de pratique énorme pour les médecins. Plutôt que de booker davantage leurs rendez-vous pendant des mois, ils sont obligés de laisser de grandes plages horaires ouvertes pour pouvoir voir les malades le matin même», a-t-elle expliqué.

«C'est une pratique plus complexe, moins confortable parce qu'on arrive le matin, et il y a juste la moitié de notre journée qui est remplie. Mais c'est ce genre de flexibilité dont on a besoin pour que les patients malades ne se retrouvent pas dans les cliniques sans rendez-vous où ils voient des médecins qui ne sont pas les leurs, qui ne connaissent pas leurs prescriptions, ou carrément à l'urgence», a ajouté la présidente du Conseil du statut de la femme.

Le ministre Barrette s'est dit d'accord avec ce changement de pratique des médecins dans la prise des rendez-vous. Il a aussi bien accueilli la proposition de favoriser les visites à domicile des médecins auprès de malades qui ne peuvent se déplacer. De plus, il a reconnu que les médecins sont très mal payés pour les visites à domicile de personnes aux soins palliatifs.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer