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Fécondation in vitro illégale après 42 ans: «une atteinte à la liberté» des femmes

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En plus de ne plus être couverte par la Régie de l'assurance maladie, la fécondation in vitro ne pourra être exercée chez une femme âgée de moins de 18 ans ou de plus de 42 ans selon le projet de loi.

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(Québec) La volonté du ministre Gaétan Barrette de rendre illégale la fécondation in vitro (FIV) chez les femmes de plus de 42 ans est une atteinte à la liberté des femmes, une injustice, selon la présidente de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, la Dre Isabelle Girard.

«Il y a atteinte à la liberté. Il y a atteinte à l'intégrité de l'individu quand on va jusqu'à dire combien de relations sexuelles on devrait avoir avant de pouvoir avoir le droit d'avoir des soins de procréation médicalement assistée, quand on décide de l'âge auquel on a droit d'avoir des enfants. Ce sont des principes qu'il faut défendre», a-t-elle affirmé en commission parlementaire sur l'étude du projet de loi 20.

En plus de ne plus être couverte par la Régie de l'assurance maladie, la fécondation in vitro ne pourra être exercée chez une femme âgée de moins de 18 ans ou de plus de 42 ans selon le projet de loi. De plus, un règlement gouvernemental déterminera la période de relations sexuelles avant de pouvoir bénéficier de la fécondation in vitro.

 «On s'est battu pour avoir le droit de vote des femmes. On vient de se battre pour avoir le droit de mourir, puis là on est en train d'enlever le droit d'avoir un enfant aux femmes», a-t-elle soutenu. Environ 5 % des femmes qui accouchent au Québec ont plus de 40 ans. 

«S'immiscer dans le lit»

Par le projet de loi, le gouvernement «vient s'immiscer dans le lit des gens pour surveiller les relations sexuelles», a-t-elle déploré devant les députés. «Une fois que le gouvernement a décidé de désassurer un service, les gens doivent avoir le libre choix de leur corps et des traitements qu'ils décident de recevoir», a-t-elle plaidé. 

Par ailleurs, la Dre Girard a qualifié d'«exagérée» la volonté du ministre de rendre des médecins passibles de sanctions pénales pour avoir envoyé une femme de plus de 42 ans dans un centre privé ailleurs dans le monde.

L'Association des obstétriciens et gynécologues recommande de retirer du projet de loi tous les articles concernant les critères d'âge, du nombre d'inséminations artificielles, de relations sexuelles requises avant d'avoir une fécondation in vitro. On propose plutôt de s'en remettre à des lignes directrices du Collège des médecins qui tiendraient compte de l'état de santé de la femme et du taux de succès d'une FIV. 

«Sécurité» de la mère

Le ministre Barrette a rétorqué que de rendre illégale la FIV après 42 ans était aussi une mesure pour assurer la sécurité de la mère et de l'enfant. Selon la Dre Girard, il s'agit d'un argument qui ne tient pas la route. 

«On peut prendre un exemple d'aberration. Le programme [gouvernemental] permettrait à une femme de 35 ans, obèse, sédentaire, prédiabétique, hypertendue, d'avoir accès à des traitements de FIV. Avec ce portrait médical, les chances de succès sont diminuées sans compter les risques de complications obstétricales et néonatales, et on accepte de payer pour ces femmes. D'un autre côté, une femme de 42 ans peut être en bien meilleure forme physique qu'une de 35 ans», a-t-elle expliqué.

Des économies imaginaires, selon les obstétriciens et gynécologues

Les restrictions imposées par le ministre Gaétan Barrette au programme de procréation médicalement assistée ne se traduiront pas par des économies en santé, selon la présidente de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec. 

«Nous craignons que la réduction des dépenses escomptée liée au changement à la loi soit diluée dans des coûts généraux de santé et qu'au bout du compte, les économies attendues ne soient pas au rendez-vous. On ne le dépensera pas en surface. On va le dépenser dans des pochettes, dans les salles d'opération. On va aller faire des laparoscopies diagnostiques, aller faire des chirurgies», a affirmé la Dre Isabelle Girard.

À son avis, les couples risquent de favoriser des traitements couverts par l'assurance maladie au détriment de la fécondation in vitro (FIV), alors que cette pratique serait la meilleure option. «Malgré que la FIV va être rendue accessible avec des crédits d'impôt, les couples vont quand même devoir avancer des sommes importantes pour obtenir ces traitements et, en plus, les critères pour avoir accès aux crédits d'impôt sont trop stricts», a-t-elle soutenu.

Selon la Dre Girard, la fin de la gratuité et l'accès à la fécondation in vitro par des crédits d'impôt auront des conséquences néfastes. Le recours à la FIV a permis de réduire le taux de grossesses multiples de 26 à 6 % avec le programme gouvernemental. En utilisant d'autres moyens de procréation assistée, le taux de grossesses multiples pourrait augmenter à 30 % et entraîner une hausse des coûts de santé.

«Cette politique prise par le gouvernement constitue un retour en arrière vers des alternatives non optimales avec plus de risques pour la santé et les conséquences ultimes d'une augmentation des grossesses multiples et de leur lot de fécondations foetales et néonatales», a précisé la Dre Girard. 

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