Une campagne de pub anti-projet de loi 20 «dans les sept chiffres»

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«Je n'ai jamais senti les médecins de famille aussi déterminés contre quelque chose comme le projet de loi 20» a déclaré lundi le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Louis Godin.

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(Québec) Les médecins de famille fourbissent leurs armes en vue de la commission parlementaire sur le projet de loi 20 du ministre Gaétan Barrette, qui prévoit des quotas de patients par médecin et une pénalité salariale de 30 % si le quota n'est pas atteint.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a lancé, lundi, une campagne publicitaire dans les journaux, à la télé et sur le Web (pasunnumero.ca) pour sensibiliser la population aux «dangers» du projet de loi. «Faire de la production télé, acheter des annonces télé pendant quelques semaines, dans les imprimés, les coûts vont vite dans les sept chiffres», a indiqué, lundi, au Soleil, le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin. 

La Fédération dispose de fonds importants pour mener la bataille. En décembre dernier, les délégués au conseil général de la FMOQ ont approuvé une cotisation spéciale de 1000 $ par membre à être versée dans un fonds de contestation. Ce fonds a ainsi été gonflé d'une somme supplémentaire de plus de 8 millions $.

De la rage

«Je n'ai jamais senti les médecins de famille aussi déterminés contre quelque chose comme le projet de loi 20. Ce n'est pas d'hier que je me suis intéressé à l'organisation médicale, à l'action de groupe des médecins, et je n'ai jamais senti autant de rage de la part des médecins. Ça pourrait déborder bien plus qu'avec la campagne de pub», a commenté le Dr Godin.

«Ce n'est pas vrai que le projet de loi 20 va passer et que les médecins vont finir par accepter. Ce bout-là, ce n'est pas vrai. Les médecins sont prêts à mettre les efforts nécessaires, s'investir pour faire comprendre le bon sens», a-t-il poursuivi.

Selon le Dr Godin, le gouvernement sera placé devant deux choix. «Soit il continue dans la voie du projet de loi 20 qui, contrairement à ce que le ministre Barrette dit, ne donne aucune garantie de succès, ou soit il accepte une proposition supportée par les médecins de famille qui va faire en sorte que les médecins vont davantage travailler en clinique ou en première ligne et qui va favoriser l'inscription à un médecin de famille. Si j'étais le premier ministre, le choix serait facile», a avancé le président de la FMOQ.

Les modalités de la proposition de la Fédération pour un meilleur accès à un médecin de famille font actuellement l'objet de consultations. «Si ces modalités ne sont pas encore connues, c'est parce qu'on prend cette proposition très au sérieux et on veut s'assurer que lorsqu'on va la présenter, on sera convaincu qu'elle est réalisable, qu'elle va atteindre les objectifs et qu'on aura la collaboration des médecins», a dit le Dr Godin.

La Fédération a encore quelques semaines devant elle pour peaufiner et faire accepter les changements qui seront proposés. Elle fera part de sa position en commission parlementaire le 19 mars prochain. Au début, il avait été question qu'elle comparaisse en commission parlementaire dès la première journée des débats, le 24 février.

Effets pervers

Par ailleurs, le Dr Godin demeure convaincu que le projet de loi 20, s'il devait être adopté, engendrera des effets pervers pour bien des malades, avec l'application de quotas sous peine d'une pénalité salariale. 

«À partir du moment où tu établis des quotas, c'est évident que ça va avoir une influence dans la prise en charge d'un certain type de clientèle. Pour atteindre ces quotas, jamais les médecins auront nécessairement le temps à consacrer à certains types de clientèle qui demandent plus de temps de consultation. C'est le lot des maladies chroniques, des personnes avec des problèmes de santé mentale», a-t-il expliqué.

«La consultation médicale, ce n'est pas quelque chose d'arithmétique, que tu calcules en faisant un total en le divisant par un nombre de patients. Ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne», a-t-il ajouté.

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