Injection supervisée: un pas vers la survie

Un centre d'injection supervisée permettrait de rejoindre une... (Photo Le Soleil, Erick Labbé)

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Un centre d'injection supervisée permettrait de rejoindre une clientèle qui vit en marge de la société et qui ne consulte pas, croit la Dre Lise Archibald, du Centre de réadaptation en dépendance de Québec.

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(Québec) Médecin au Centre de réadaptation en dépendance de Québec, la Dre Lise Archibald en a vu des toxicomanes, des poqués, des junkies. Cette semaine, elle s'est réjouie de voir qu'un groupe d'experts du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Vieille-Capitale a tranché en faveur d'un service d'injection supervisée (SIS) pour les utilisateurs de drogue par injection.

Ils seraient 900 à Québec. Un tel centre ne réglerait pas tout, mais ses avantages seraient appréciables, dit-elle, en se basant sur des expériences d'ailleurs. Entretien.

Q Vous estimez que Québec doit avoir un service d'injection supervisée?

R Oui, c'est une bonne chose. J'appuie fortement cette recommandation. Ce genre de service s'ajoute à une offre de service en toxicomanie. C'est une clientèle qu'on ne rejoint pas facilement. Ce sont des gens qui ne consultent pas. Ils attendent à la dernière minute, presque d'être à moitié mort avant d'aller dans les urgences. Ils vivent en marge de la société et sont assez démunis et désorganisés. Ce service pourrait aider à les rejoindre.

Q Mais pourquoi ces gens qui sont autant en dehors du système voudraient-ils justement aller se piquer sous supervision médicale?

R Ce qui les amène, c'est l'épuisement, l'espèce d'écoeurite que la personne vit. Ce sont souvent des gens qui aiment encore consommer, mais qui sont rendus au bout du rouleau. Ils n'ont plus d'argent, plus de logement. Ils n'en peuvent plus. Ils aimeraient être encore capables de contrôler leur consommation, mais ils n'ont plus de contrôle. Depuis quelques années, on a un programme de clinique de traitement de méthadone. On se déplace pour rejoindre des toxicomanes avec une clinique à Lauberivière. On constate que ce qui fait qu'ils vont adhérer, c'est d'avoir affaire à des gens qui ne les jugent pas, qui vont les accueillir et accepter qu'ils continuent à consommer. C'est ça, la réduction des méfaits. C'est une attitude qui ne prône pas l'abstinence à tout coup. C'est sûr qu'ils vontfeeler mieux s'ils ne prennent plus de drogue, mais on les traite malgré la consommation. On offre des soins, des outils de prévention pour éviter la propagation de l'hépatite C et du VIH.

Q Puisque les SIS tolèrent la consommation, dans quelle mesure un tel centre pourrait permettre à des gens d'arrêter de consommer?

R Les SIS visent aussi une population qui a essayé des programmes pour arrêter de consommer, mais qui n'a pas réussi. Ou encore des gens qui ne sont pas prêts à arrêter, mais qui ont besoin de s'injecter dans un milieu sécuritaire. Aux Pays-Bas, en Suisse et dans bien des pays européens, ç'a vraiment fait ses preuves. Les gens vont commencer à s'injecter de façon plus sécuritaire, ils vont faire moins de surdoses, ils font moins d'échanges de seringue. En général, on a remarqué que les gens finissent par s'injecter moins.

Q L'étude du CSSS parle de 900utilisateurs de drogue par injection à Québec. Sait-on quel pourcentage pourrait fréquenter un SIS?

R Je ne le sais pas. Quand on parle de ça avec nos patients qui sont en traitement à la méthadone, certains ne comprennent pas trop c'est quoi, un SIS. D'autres disent qu'ils y iraient. Certains disent qu'ils sont contre ça, mais ne savent pas c'est quoi exactement. Il est difficile de dire quel pourcentage le fréquenterait.

Q Est-ce à dire qu'il y aura une forme «d'éducation» à faire aux toxicomanes eux-mêmes?

R Oui effectivement. Il faudra leur dire que ça vise à leur donner des soins, à rester en santé et à améliorer leurs conditions de vie.

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