Le Collège des médecins inquiet de la réforme Barrette

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Le secrétaire du Collège des médecins du Québec, le Dr Yves Robert

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(Québec) Le Collège des médecins craint que la réforme de la santé mise de l'avant par le ministre de la Santé, le Dr Gaétan Barrette, conduise à la fin de la gratuité de certains services médicaux.

Le Collège des médecins craint que la réforme de la santé mise de l'avant par le ministre de la Santé, le Dr Gaétan Barrette, conduise à la fin de la gratuité de certains services médicaux.

«Il y a déjà deux services qui ne seront plus gratuits. Il y a la procréation assistée avec le projet de loi 20 et des services pharmaceutiques avec le projet de loi  28. Quels seront les prochains? Si c'est le test Pap (cancer de l'utérus), c'est mineur», s'est interrogé, mardi, lors d'un entretien avec Le Soleil, le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert.

Le Collège se demande si le ministre ne prépare pas le terrain à une privatisation d'un certain nombre de services médiaux. «Avec le projet de loi 28, le ministre de la Santé veut des pouvoirs pour retirer des actes médicaux prévus dans les masses salariales négociées et mettre l'argent dans le fonds consolidé de la province lorsqu'un service n'est plus couvert. Quels sont les autres services médicaux que le ministre prévoit ne plus couvrir?» s'est interrogé le Dr Robert.

Manque de transparence

Ces questions, selon le Collège des médecins, illustrent le manque de transparence du ministre de la Santé dans son projet de réforme. L'ordre professionnel estime que le ministre devrait être plus clair sur les quotas de patients que devront voir les médecins de famille pour éviter une coupe salariale de 30 % en dévoilant la grille d'équivalence en nombre de patients que peuvent représenter d'autres tâches.

«Pour inciter des médecins à faire de l'enseignement auprès d'autres médecins, et éviter qu'ils fassent du volume de patients, le ministre pourrait dire qu'un patient en vaut deux. Ça veut dire qu'il va y avoir des vocations d'enseignants qui vont naître. Pour éviter que les médecins quittent l'urgence, on va peut-être dire qu'un patient en vaut trois pour le calcul des quotas. En soins palliatifs, un patient pourrait en valoir 25», a avancé le secrétaire du Collège des médecins.

Le Dr Robert craint que ces grilles d'équivalence et les quotas de patients soient ingérables. «On va avoir autant d'ententes que de médecins, soit plus de 20 000. Ça va être un capharnaüm. Et on dit que ça va régler le problème d'accès à un médecin? C'est n'importe quoi», a-t-il soutenu.

Le Collège des médecins croit aussi que le ministre Barrette devrait ouvrir son jeu concernant un autre projet pour modifier le financement des hôpitaux à l'avenir. Le budget des établissements serait défini en fonction du nombre de services offerts avec une grille de tarifs au lieu d'une augmentation annuelle statutaire.

«Ça va être une révolution. Le patient sera vu techniquement comme une source de revenus plutôt qu'une dépense. On risque de privilégier les services qui apporteront le plus de revenus», a dit le Dr Robert.

D'autre part, le ministre Barrette envisagerait de modifier en profondeur la Loi sur les services de santé et les services sociaux. «En plus, on ne sait pas comment les 50 supercliniques seront organisées», a ajouté le Dr Robert.

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