Assurance médicaments: Ottawa élabore un régime universel, croit Barrette

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Le ministre Barrette se dit ouvert à l'idée d'une assurance médicaments pancanadienne qui regrouperait l'assurance publique actuelle et les nombreux régimes privés d'assurances.

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(Québec) Stephen Harper pourrait proposer la mise en place d'une assurance médicaments pour tous lors de la campagne électorale fédérale qui aura lieu cette année, selon le ministre la Santé, Gaétan Barrette.

«Je ne serais pas étonné qu'il y ait une promesse électorale là-dessus», a affirmé lundi le Dr Barrette, lors de son entrevue éditoriale au Soleil.

Le ministre en est venu à cette conclusion à la suite d'une prise de position du ministre de la Santé de l'Ontario, Eric Hoskins, en décembre, en faveur de la mise en place d'une assurance médicaments pancanadienne qui s'apparente à l'assurance maladie.

Dans une lettre publiée dans le Toronto Star, M. Hoskins a indiqué qu'il avait été mandaté par la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, pour diriger la discussion avec les autres provinces sur cette possibilité. «Si Mme Ambrose a demandé à un ministre provincial de piloter l'idée, ça veut dire qu'on veut aller de l'avant. Le fédéral est obligatoirement d'accord avec ça», a analysé le ministre québécois.

Le ministre Barrette se dit ouvert à l'idée d'une assurance médicaments pour tous qui regrouperait l'assurance publique actuelle et les nombreux régimes privés d'assurances offerts par les entreprises à leurs employés. Il considère que ce serait plus économique que le modèle actuel d'un régime public et de régimes privés.

«Il y a beaucoup de protagonistes qui disent comme l'Ontario qu'on devrait avoir un régime universel. C'est vrai qu'un régime universel serait plus économique que tous les systèmes actuels dans la mesure où il n'y a pas une augmentation des coûts pour l'État. C'est sûr, à mon avis», a-t-il soutenu.

Au fédéral de payer

M. Barrette invite le fédéral à délier les cordons de sa bourse pour financer une assurance médicaments pour tous. «Si l'Ontario, d'autres provinces et le fédéral veulent mettre en place un régime canadien d'assurance médicaments financé par le fédéral de la manière qu'il le voudra, c'est correct. Ils peuvent bien faire ça s'ils le veulent. Ça ne me stresse pas beaucoup. Mais nous au Québec, on n'a pas les moyens d'augmenter le fardeau de l'État», a-t-il affirmé.

Il prévoit rencontrer la ministre Ambrose prochainement pour discuter d'un régime universel d'assurance médicaments. «On a sollicité une rencontre formelle à la suite de la lettre de mon collègue de l'Ontario. Nous n'avons pas été sollicités et informés du projet. Il n'y a pas eu de discussions à l'étage des sous-ministres, des directeurs», a-t-il précisé.

Le ministre s'est dit prêt à lancer le débat sur une assurance médicaments pour tous. «Je suis convaincu qu'un régime mur à mur d'assurance médicaments à but non lucratif serait bénéfique pour la société. Il y aurait une prime à payer mais globalement, ça coûterait moins, autant pour les gens couverts par l'assurance publique et ceux couverts par un régime privé», a-t-il avancé.

Avant de lancer le débat, des analyses économiques devront être faites, a-t-il dit. «Il pourrait y avoir des aménagements en fonction de l'âge. Celui qui est couvert au privé paierait moins. Il faudra trouver des combinaisons adéquates. Il y a aussi la possibilité de prendre les contributions des employeurs et de les mettre dans un tel régime», a-t-il expliqué.

Le ministre s'attend toutefois à une vive résistance des compagnies d'assurances qui gèrent les régimes privés. «Si demain matin on lance un débat, ça va crier dans les chaumières du monde de l'assurance.»

Trop chères, les pilules

Le ministre Barrette estime que le prix des médicaments couverts par l'assurance publique, qu'ils soient d'origine ou génériques, est élevé.

«Dans la production de médicaments génériques, on me donne les prix de revient qui sont très largement au-dessus de la marge de profit même si les prix ont baissé au cours des dernières années», a-t-il confié.

«Avec l'Alliance canadienne, je ne suis pas convaincu qu'on a eu le prix le plus bas possible. Ayant déjà négocié dans ma vie, je ne trouve pas nécessairement que la négociation a été violente, soit celle qui donne des résultats inhabituels, inespérés», a-t-il ajouté.

Au cours de l'année, il entend lancer des appels d'offres regroupés pour faire baisser les prix. Dernièrement, il avait estimé à entre 600 et800 millions $ par année les économies potentielles dans l'achat de médicaments couverts par le régime public

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