Grâce musicale avant le dernier souffle

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(Québec) Le pied frêle bat la mesure sous la couverture. C'est le seul mouvement perceptible de cette dame, qui, comme une poignée d'autres patients de l'unité des soins palliatifs, a été déplacée au salon sur sa civière vendredi après-midi, pour entendre la prestation des Porteurs de musique.

Les patients présents n'avaient que faire des caméras des médias. Toute leur concentration était portée sur Benoit Cormier, violoniste à l'Orchestre symphonique de Québec, et sa conjointe Katia Durette, flûtiste et enseignante de musique. «On voit les gens qui regardent par la fenêtre et qui se disent : "On s'évade un peu avec la musique", et ça, c'est précieux, je pense», témoigne M. Cormier après avoir égayé le train-train quotidien de l'hôpital pendant une heure. 

Durant ce moment privilégié, qui est répété toutes les deux semaines depuis l'automne grâce aux dons de la Fondation du CHU de Québec, peu de mots sont échangés. Tout se passe dans le regard entre les malades et les musiciens. Parfois, on chuchote une demande spéciale à l'oreille de la travailleuse sociale Michelle Girard, qui se charge de répéter tout haut, mais aussi d'essuyer la larme qui coule sur la joue de la patiente après qu'on eut joué Sous les ponts de Paris.

Benoit et Katia se déplacent également dans les chambres des patients qui sont immobilisés. Ils commencent souvent par jouer du Bach et du Shubert, mais ils versent rapidement dans du Félix Leclerc ou du Édith Piaf, tout dépendant des goûts de la personne. «On dirait qu'ils ont des antennes. L'autre jour, ils ont joué La mer, de Charles Trenet, à un monsieur qui a été capitaine de bateau», raconte Mme Girard. 

Les familles apprécient aussi ce nouveau service, qui s'ajoute aux massages et au moulage des mains de l'être cher en fin de vie. Parfois, la musique est plus forte que les mots pour établir un dialogue dans les moments difficiles. 

Celle par qui les Porteurs de musique sont arrivés à L'Hôtel-Dieu de Québec était présente vendredi, son bébé de quelques mois dans les bras, visiblement satisfaite du résultat. «Je connaissais Benoit et je lui ai demandé de venir jouer du violon pour un des patients que je traitais. Michelle Girard l'a entendu, et, tout de suite, elle lui a demandé s'il pouvait jouer dans d'autres chambres. C'est comme ça que ça a commencé», explique la Dre Anne Létourneau. 

Jouer en prison

Fondés en 2008, les Porteurs de musique jouent aussi en compagnie des prisonniers du Centre de détention de Québec. Une expérience étonnamment semblable parce que le but est toujours de permettre aux gens d'oublier où ils sont, d'aller à la rencontre de ceux qui ne peuvent pas assister aux concerts. 

«Ça nous fait du bien à nous aussi même quand on vient pour eux», souligne Katia Durette. Parce qu'à chaque fois, la rencontre est unique et empreinte d'émotion.

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